Surtourisme

Un phénomène que l’on ne soupçonne pas est la généralisation des modes occidentales.

En particulier, l’Occidental aime la nature. Il y part à l’aventure.

Du coup, comme cela a commencé avec Venise, et les sites touristiques les plus ordinaires, demain la nature sera parcourue par les 4×4 des hordes de touristes en développement.

Il y a plusieurs façons d’avoir un impact ?

Grand ours malade

Les ours polaires se porteraient moins bien que par le passé. Le « changement climatique » est en cause. (Informations de la BBC du 24 octobre.)

Intéressante observation. Petit à petit est entré dans nos idées que le « changement climatique » était anormal et que nous en étions la cause. Autrement dit, l’homme a la capacité de stabiliser définitivement le climat ! La fin du changement, c’est maintenant !

Dommage qu’il ne soit pas arrivé plus tôt : nous croiserions encore des dinosaures !

Camargue

La Camargue a peur de la montée des eaux. On la fuit. Il en serait de même de beaucoup de zones côtières.

Curieux, je me souviens de mon temps au sein de la bulle internet. Tout le monde savait que c’était une bulle, mais ne faisait rien pour la fuir. Succès de nos écologistes ?

Or, le raisonnement d’alors n’était pas faux : tant que ça n’éclate pas, on peut faire des affaires. Dans notre cas, les terres côtières ne doivent plus avoir de valeur, alors que ce n’est pas le cas des locations.

Comme d’habitude, l’incertitude crée l’opportunité pour l’homme riche ?

Exogiinocène

Notre temps est celui de la prise de conscience. Nous découvrons que nos pères ont commis des erreurs fatales, que, dans le meilleur des cas, nos enfants vont devoir payer.

Il est beaucoup question du climat, mais il y a peut-être pire. Sideways, de BBC4, étudie l’éthique de la conquête spatiale. L’émission se demandait : s’il y a de la vie partout, pourquoi n’en voyons-nous pas la lumière ? Réponse : parce que la vie est un danger pour la vie. Pour vivre heureux, les autres vivants vivent cachés ?

Et nous ? Trop tard ! Nous produisons quantités d’émissions depuis des siècles. Bientôt, l’humain sera-t-il sous la coupe d’Elon Musk extra-terrestres ? Il coupera la lumière, et règlera la crise climatique ?

Grande illusion ?

The unseen dangers of lead contamination in the UK
As floods intensify, the threat of the toxic metal seeping into the food chain is as big a problem as sewage in rivers or air pollution.

Financial Times du 6 juin

Tout le battage que l’on fait pour le réchauffement climatique, et ses illusoires solutions, ne nous fait-il pas oublier la nature réelle du monde qui nous entoure ?

Chapeau écologique

Conséquences imprévues de l’écologie. Il n’y en a plus, désormais, que pour le nucléaire !

Et je lis que la France va se mettre à produire du lithium. Je croyais, pourtant, que c’était polluant. Et il se trouve, en plus, qu’une nouvelle exploitation française se ferait sur le site d’une mine ancienne, imbibé d’arsenic et de plomb, qui pourraient contaminer la couche phréatique. (Article.) Mais, pour qui veut des batteries électriques, il n’y a pas de sacrifice assez grand ?

L’écologiste mange son chapeau ?

Colle qui décolle

La colle serait plus résistante que ce qu’elle colle. Or, on l’utilise de plus en plus, et partout. Or, désormais, nous voulons recycler à tour de bras.

Il y aurait une solution à cette question. Mettre dans la colle des particules de fer. Soumises à un champ magnétique, la colle se décolle. (« Colle réversible ».) Ce qui, accessoirement, pourrait nous permettre de jouer à l’Homme-araignée. Une émission de la BBC (Glued Up).

L’émission ne disait pas comment recycler la colle et son métal. Et s’il n’y aurait pas d’autres façons de procéder qu’une course en avant dans la recherche de solutions technologiques aux problèmes créés par la technique…

Conscience de l’impact

L’autre jour, j’ai fait une remarque désobligeante. J’ai reçu une liste d’exemples d’entreprises à « impact ». Ma réaction a été : le seul impact de ces entreprises est de donner bonne conscience à leurs fondateurs. (Celle qui semblait avoir le mieux réussi transportait des produits « équitables » à bord de voiliers. Ses fondateurs semblaient avoir trouvé un moyen de financer leur passion.)

L’argument selon lequel « si tout le monde fait comme moi, le monde changera » est idiot. Il y a très peu d’entrepreneurs. L’entrepreneur doit changer les choses en grand, pour le compte des autres. En conséquence, il doit partir de la fin, de « l’impact » qu’il veut avoir. Il doit être mondial.

Comment changer d’hémisphère ?

Le monde fait face à une « méta-crise ». Le réchauffement climatique n’est que la partie émergée de l’iceberg. Il y a 50 ans, cette idée était une évidence. Curieusement, elle a sombré. Aussi ai-je été surpris de la voir reprise par une des sommités de la science anglo-saxonne. Iain McGilchrist, Un profil à la Bergson ou à la Durkheim, à la fois neuro-scientifique, psychiatre et philosophe.

Explication simple, au fond : l’hémisphère gauche. L’hémisphère gauche est celui du bon sens pratique, de l’utilité, celui qui dirige la main droite. Le droit, lui, recherche, au contraire, ce qui est bizarre. Car, risque ou opportunité, comme disent les sciences du management. C’est l’hémisphère de la liberté, de la créativité, celui qui traite de la complexité, qui est capable d’une vision « holistique », qui voit la forêt derrière l’arbre.

Les sociétés humaines tendent à dériver vers la gauche, parce que c’est le sens de la facilité. Ce qui provoque leur disparition.

En effet, l’hémisphère gauche a peur de l’inconnu et a l’obsession du contrôle. Du coup, il construit des bureaucraties. Il rêve d’intelligence artificielle. Il impose même ses normes sociales au passé ! C’est l’hémisphère de la volonté de puissance, de l’abstraction désincarnée, de la défiance, de la peur de tout et de l’agressivité à fleur de peau.

Pourquoi cela nous est-il fatal ? Parce que tout ce qu’il fait donne l’envers de ses intentions. Nous nous enferrons dans le chaos. Ce qui est évident à constater : il suffit de comparer les discours tenus depuis 50 ans et la situation de l’humanité.

Et voilà pourquoi le monde est « chiant », me suis-je dit. Au passage, j’ai découvert le mot qu’utilise l’Anglais pour traduire « antichiant » : « joie de vivre ».

Que faire ? Rien. Si le patient prend conscience du piège dans lequel il se trouve, il finira par trouver la sortie. En tous cas, même s’il ne s’en tire pas (ce qui semble tout de même vraisemblable), il n’y a pas d’autre solution. Sinon ? « Awe », « l’horreur » de Victor Hugo, comprendre que le monde est à la fois merveilleux et dangereux, et que c’est parce qu’il est incompréhensible, incontrôlable, que la vie est, et qu’elle est une aventure !

La vidéo est ici.

(Autre fait curieux, à la fin de la conférence, j’ai commencé à me demander si le vocabulaire utilisé ne me rappelait pas quelque-chose de familier. J’ai relu la fin de mon dernier livre : nous disons quasiment exactement la même chose ! Mais sans partir du même point de départ.)