Le monde fait face à une « méta-crise ». Le réchauffement climatique n’est que la partie émergée de l’iceberg. Il y a 50 ans, cette idée était une évidence. Curieusement, elle a sombré. Aussi ai-je été surpris de la voir reprise par une des sommités de la science anglo-saxonne. Iain McGilchrist, Un profil à la Bergson ou à la Durkheim, à la fois neuro-scientifique, psychiatre et philosophe.
Explication simple, au fond : l’hémisphère gauche. L’hémisphère gauche est celui du bon sens pratique, de l’utilité, celui qui dirige la main droite. Le droit, lui, recherche, au contraire, ce qui est bizarre. Car, risque ou opportunité, comme disent les sciences du management. C’est l’hémisphère de la liberté, de la créativité, celui qui traite de la complexité, qui est capable d’une vision « holistique », qui voit la forêt derrière l’arbre.
Les sociétés humaines tendent à dériver vers la gauche, parce que c’est le sens de la facilité. Ce qui provoque leur disparition.
En effet, l’hémisphère gauche a peur de l’inconnu et a l’obsession du contrôle. Du coup, il construit des bureaucraties. Il rêve d’intelligence artificielle. Il impose même ses normes sociales au passé ! C’est l’hémisphère de la volonté de puissance, de l’abstraction désincarnée, de la défiance, de la peur de tout et de l’agressivité à fleur de peau.
Pourquoi cela nous est-il fatal ? Parce que tout ce qu’il fait donne l’envers de ses intentions. Nous nous enferrons dans le chaos. Ce qui est évident à constater : il suffit de comparer les discours tenus depuis 50 ans et la situation de l’humanité.
Et voilà pourquoi le monde est « chiant », me suis-je dit. Au passage, j’ai découvert le mot qu’utilise l’Anglais pour traduire « antichiant » : « joie de vivre ».
Que faire ? Rien. Si le patient prend conscience du piège dans lequel il se trouve, il finira par trouver la sortie. En tous cas, même s’il ne s’en tire pas (ce qui semble tout de même vraisemblable), il n’y a pas d’autre solution. Sinon ? « Awe », « l’horreur » de Victor Hugo, comprendre que le monde est à la fois merveilleux et dangereux, et que c’est parce qu’il est incompréhensible, incontrôlable, que la vie est, et qu’elle est une aventure !
La vidéo est ici.
(Autre fait curieux, à la fin de la conférence, j’ai commencé à me demander si le vocabulaire utilisé ne me rappelait pas quelque-chose de familier. J’ai relu la fin de mon dernier livre : nous disons quasiment exactement la même chose ! Mais sans partir du même point de départ.)