Denis Debaecker, invité du club économie, illustre des erreurs qui ont mis à mal l’industrie américaine et française.
- Une étude qu’il a menée auprès des employés d’une multinationale industrielle. Les interviewés n’ont aucune confiance dans les informations qu’ils reçoivent. Ils recherchent l’information auprès de leurs proches (conversations, téléphone, mail). Les bases de données de la société ne sont quasiment pas utilisées.
- Dans le monde de l’électronique, il est habituel de sous-traiter sa production au plus offrant. Qualcomm a découvert que pour conserver des marges raisonnables (quand même très faibles), elle devait connaître parfaitement le métier de ses fondeurs, et même organiser leur travail. Les délocalisations telles qu’elles ont été pratiquées par beaucoup (abandon du savoir-faire au sous-traitant mis en concurrence parfaite) ne sont pas viables.
- Boeing profite de la crise précédente pour licencier 30.000 personnes aux USA. Lorsque la conjoncture s’améliore, elle les remplace par une sous-traitance massive, à l’étranger. Ses sous-traitants s’installent dans ses usines. Graves problèmes de qualité et de coordination. Le développement de ses deux nouveaux modèles a pris deux ans de retard. Aujourd’hui la direction semblerait faire marche arrière.
- Un ancien patron de GE prend la tête de 3M. Il rationalise la production de la société. Amélioration initiale, puis plongée. La société n’est plus innovante. Et l’innovation était son moteur. Un nouveau dirigeant s’efforce de rétablir la primauté de la recherche.
- Une étude a montré que les entreprises qui se sortaient le mieux des crises étaient celles qui avaient conservé des « ressources ». C’est-à-dire qui n’avaient pas procédé à des rationalisations excessives. Intérêt ? Probablement, elles avaient gardé une diversité et une richesse de personnels et de compétences nécessaires pour s’adapter aux aléas d’une crise, par nature imprévisibles.
Compléments :
- Dernier paragraphe : on retrouve une idée de Schumpeter : la crise force l’entreprise à être grosse. Elle pousse au développement de monopoles.
- Sur l’idéologie qui a poussé l’Amérique, et la France, ces derniers temps : Grande illusion.
- Sur quelques-uns de ses résultats : Le talent de GM : la communication, GM et Alfred Sloan. Boeing, entreprise de services, Dell, vie et mort, Service rendu à IBM, Alcatel, notre Dell.