Vive l'élevage intensif ?

« les chercheurs affirment maintenant que (les élevages de volailles en liberté), qui nécessitent beaucoup plus de terres, augmenteraient l’empiétement sur les habitats naturels et créeraient de plus en plus de risques que les maladies véhiculées par les animaux sauvages entrent en contact avec les humains et franchissent la barrière des espèces. » (Article.)

L’élevage intensif aurait du bon. Méfions-nous des idées reçues, disent les chercheurs. 

Leçon de complexité : un bien n’est pas l’inverse d’un mal, mais, plus souvent, le « juste milieu » entre lui et son inverse… 

Mécanique quantique

Feynman donne une introduction à la mécanique quantique qui n’a rien à voir avec ce que j’ai connu. 

Je me souviens d’équations mystérieuses. Chez lui, il part de l’expérience. Il montre que, dans certaines conditions, l’électron est diffracté. C’est à dire qu’il se comporte comme une onde. Du coup, on aboutit au principe d’incertitude d’Eisenberg, qui devient le principe fondamental de la mécanique quantique, sur lequel tout repose. 

Et, surprise, ce principe produit une forme de certitude. C’est lui, en quelque sorte, qui maintient les électrons en orbite. En effet, sans cela l’électron obéirait à la mécanique newtonienne, dissiperait son énergie, et finirait collé au noyau. Ce qui permet à Richard Feynman de faire quelques calculs précis…  Paradoxe. Et il y a beaucoup d’autres applications pratiques du dit principe. Par exemple, il fournit une raison pour laquelle nos chaussures ne s’enfoncent pas dans le sol… 

Encore plus mystérieux que les équations mystérieuses ? Ou est-ce notre « esprit simplifiant » qui est totalement inadapté à la réalité ?

Odyssée présidentielle ?

Notre président devrait être minoritaire à la chambre des députés, lit-on. 

Les électeurs qui en ont la possibilité ne devraient-ils pas voter pour la droite ? Car, dans ces conditions, notre président va devoir s’allier à la droite, et, comme le DUP en Irlande du nord, les députés de droite devraient donc avoir un pouvoir de nuisance considérable.

Curieuse histoire. Le député, représentant du peuple, est le coeur d’une démocratie. Or, chez nous, il n’est plus rien. C’est le résultat de quelques réformes particulièrement intelligentes, comme seul un Français peut en avoir l’idée. 

Et quel en a été le résultat ? Paradoxalement l’électeur a mis en échec les projets d’absolutisme de l’élite intellectuelle qui le gouverne. Dans toute sa diversité, il est parvenu à faire passer un message au président : vos idées sont hors sujet. Et il pourrait se donner des moyens redoutables de contrôler son action. 

M.Macron pourrait bien avoir à naviguer entre Charybde et Scylla.

L'animal est-il bête ?

L’oiseau semble reconnaître ses petits par leur bruit et la couleur de leurs oeufs. Si vous avez compris ceci, vous pouvez lui faire prendre des vessies pour des lanternes. 

Les travaux de Konrad Lorentz sont faits de constatations de ce type. L’animal serait-il un robot, obéissant à quelques « algorithmes » simplistes ? 

Je me demande si chaque espèce n’a pas une vision du monde différente. Dans son genre, elle est très efficace. Il se peut que, nous aussi, nous soyons facilement manipulables. D’ailleurs, c’est ce que constate la science du biais. Et l’homme ne cesse de manipuler l’homme. Et le virus, le prend, de temps à autres, pour une passoire… 

Chronique de crise

Après la bulle internet, j’ai animé un « club internet ». Ce qui m’intéressait était de savoir comment réagissait le monde des affaires. Réponse : encéphalogramme plat. 

Ce blog est issu de la crise de 2008. Après une phase de chaos, progressivement a émergé les prémices d’un « changement de paradigme ». A la fois critique du « monde d’avant » et de ses principes constitutifs, et commencement de propositions de fondations nouvelles. 

Aujourd’hui, nous sommes à nouveau en crise : virus, Poutine, inflation… Et c’est une méga crise avec des secousses de plus en plus violentes, et imprévisibles. The Big one, comme on dit en Californie ?

Question : allons-nous parvenir à reprendre le contrôle du train avant qu’il ne déraille ? « Ce qui ne tue pas renforce » ? Notre esprit est-il tellement englué dans le « monde d’avant », qu’il faut risquer la mort, pour qu’il se remette en marche ? 

Réformer l'Education nationale

L’Education nationale est une farce. Ce n’est pas poli de le dire, mais c’est ce que tout le monde pense. 

Comment la changer pour lui éviter de changer ? 

Elle nous sélectionne sur ce qu’elle juge être notre capacité à penser. Et donne le pouvoir à ce qu’elle croit l’élite. Le reste est rebut. Elle enseigne à « l’élite » ce qu’Edgar Morin a appelé une « pensée simplifiante ». Quant au rebut, outre le fait d’avoir acquis un complexe d’infériorité, il se retrouve sur le marché du travail sans savoir rien faire. C’est d’ailleurs aussi le cas de l’élite. Carton plein. 

En fait, l’art de penser est celui du citoyen. C’est le propre de la démocratie, qui donne à son peuple la tâche de gérer le bien commun. Ce doit être un art de masse, et pas d’élite. Et c’est un art de la complexité. Paradoxalement, alors que le « sauvage » a une pensée complexe (sans quoi il ne survivrait pas), le « civilisé » tend à croire que tout est facile. La pensée complexe ne s’enseigne pas, en fait, c’est avant tout une prise de conscience. Comme le disaient les pragmatistes, il n’y a que « l’expérience » pour s’en rendre compte : confrontation de l’homme à la réalité, et pas à des formules de mathématiques. 

Ensuite, il faut apprendre un métier. Pour cela, il faut d’abord des connaissances pratiques. Fondamentales. Puis, entrer en « apprentissage », en suivant sa « vocation », ou au moins ses penchants. 

Et l’enseignant ? La 3ème République le sélectionnait à l’image de l’élite. Ce n’est plus le cas. Or, ce n’est pas utile. Les connaissances qu’il dispense sont simples. Il doit être, avant tout, un pédagogue, un bon artisan de l’enseignement, qui aime son métier. Et plus il a peiné pour apprendre, meilleur il le sera. 

Mauvaise éducation ?

C’est fantastique ce que l’on peut apprendre en peu de temps ! me dis-je en écoutant les émissions de la BBC qui parlent de la nature. 

On y apprend ce que personne ne semble savoir : la complexité du monde. Si l’humanité en prenait conscience, elle deviendrait humble. Il n’y aurait pas de guerres de religion, ou d’opinion,  d’économistes ou de philosophes omniscients, d’hommes politiques qui se prennent pour des « lider maximo » et la science serait, enfin, scientifique. 

Mais, surtout, que l’Education nationale est inefficace ! Quand on pense à la jeunesse que nous avons perdue à écouter ces pauvres types qui essayaient de nous inculquer des connaissances sans intérêt ! Alors que le cerveau humain, particulièrement celui de l’enfant, a une capacité extraordinaire à comprendre, et que quelques minutes d’une émission de radio, ou d’expérience de la nature, feraient des miracles… 

David Attenborough

David Attenborough raconte des histoires d’animaux (une émission de la BBC radio). David Attenborough a parcouru le monde dans tous les sens, pour les filmer. Je trouve que, par les temps qui courent, c’est ce qu’il nous faut. 

Paisible. Voilà le caractère de cette voix. David Attenborough est un merveilleux conteur. Et ses histoires sont passionnantes. De la façon dont s’y prend le coucou pour que ses oeufs ne soient pas éjectés par l’oiseau qu’il parasite (son oeuf a la même couleur que ceux de ce dernier), et que celui-ci nourrisse son petit (il fait le même bruit que les siens), à la colonisation de la Nouvelle Zélande par l’oiseau marcheur, qui occupe les niches écologiques qui sont ailleurs celles des mammifères, en passant par la reproduction du lombric, tout est surprenant, et merveilleux. 

Et, surtout, ce n’est pas de l’écologie béate. Car ce monde est dangereux pour l’innocent, comme le révèle la « contre histoire » de lions apprivoisés, qui furent des succès de librairie.

C’est le mystère de la complexité. Une complexité qui produit des résultats imprévisibles, et, pourtant, qui n’est pas incompréhensible par l’individu, s’il est continûment vigilant. Et une complexité qui a peut être une règle. La recherche de l’absolu, du risque nul, produit son contraire, le cataclysme. La complexité est une question d’équilibre subtil, que l’on ne trouve que si l’on est intimement convaincu, justement, que le danger est permanent. 

Think again, Adam Grant

Ce best seller de la psychologie serait-il le livre de notre temps ?

Le monde bouge vite, il faut apprendre sans cesse. Ce qui demande de « désapprendre », sans cesse. Plus exactement, ceux qui décident bien, suivent, au préalable, un cycle particulièrement rapide de changements d’opinion. Douloureux. Et, ce, d’autant plus, disent les enquêtes, que l’on a un gros QI ou que l’on se croit compétent. 

Certes.

C’est en tirant le fil du raisonnement que le constat devient inquiétant. Car notre société nous joue de mauvais tours ! « Société de la performance« , son principe est de récompenser celui qui réussit. Or, la réussite tient essentiellement au hasard ! Tant que l’on récompense la girouette pour être dans la bonne direction, on ne comprend rien au vent. La société de la performance est une société de la certitude, de la censure, de la parole d’autorité de l »‘expert », du prêcheur, du politicien et du procureur. 

Par construction, alors qu’elle ne parle que de l’urgence vitale du changement, elle est impropre au changement !

Comment se sauver ? Adopter l’attitude du « scientifique » digne de ce nom. Le scientifique a « toujours tort », et cela l’enchante. Parce qu’erreur signifie découverte, eurêka, c’est un moteur formidablement puissant. Le scientifique recherche la remise en cause, notamment la contradiction. Plus subtilement, en rencontrant l’autre, il l’amène, aussi, à changer. Comment ? En lui montrant que le monde n’est pas blanc ou noir, mais « complexe », ce qui conduit à l’humilité, la mère de la science, et du changement. 

Quelles seraient les caractéristiques de la société scientifique ? La « sécurité psychologique« , c’est-à-dire, la tolérance, la liberté de pensée, de parole et d’expérimenter. Et ce n’est pas le résultat qui compte, mais la « procédure », d’apprendre à toujours mieux faire. 

Au contentement de soi, à la certitude d’avoir raison, à l’enferment sur soi, propres à notre société, celle-ci oppose l’humilité, le doute et la curiosité. 

Le livre fournit une illustration involontaire de sa thèse. Quand un noir rencontre un blanc, le premier est le plus haut dans l’échelle de l’évolution. Quand une culture est dysfonctionnelle, c’est une femme qui la fait changer. Quand à la transition climatique, s’il demeure des résistants, c’est que l’on n’a pas utilisé les bonnes méthodes pour les convaincre. Et si le monde était un peu plus complexe que cela ? Think again, Adam Grant ? 

Mais surtout Think again, vous et moi. Car nous sommes en danger de paralysie intellectuelle, de mort cérébrale, dirait notre président. Lisons, et relisons, ce livre, qui est plein d’enseignements. Et agissons !

(PS. Très facile à lire en anglais. On me dit que la version française est mal traduite.)

Ennemi public

« Je n’ai jamais vu un président suscitant autant de haine« , dit un maire, à qui l’on demande pourquoi son village a voté pour Marine Le Pen. (Article.)

Normal ? non. Pas inhabituel, peut-être. Mais différent de « normal ». Car le principe de la démocratie est que le président de la République représente le peuple, non qu’on le considère comme un ennemi. Relisons les écrits des Lumières. 

La belles théories ont donné le contraire de ce qu’elles disaient. Peut-être serait-il utile de se pencher sur la question ?