Souvenir, atterrant, de MBA. Des professeurs qui prétendaient dominer leurs élèves de leur savoir, comme le font les enseignants de mathématique ou de physique, mais dont les « théories » étaient ridicules, et inopérantes. Ils n’avaient aucune expérience de la pratique.
J’avais déjà eu cette impression auparavant en école d’ingénieur. Et je l’ai, bien plus forte, lorsque je lis un article de sciences humaines. On y singe les « sciences dures ». Or, la vie est bien plus « dure » que les sciences dures, elle est « complexe ». Les outils du physicien et du mathématicien s’y cassent. Et que dire de ceux des apprentis sorciers de l’économie ?
Seulement, ces derniers temps, c’est l’intellectuel, au sens littéraire du terme, à qui l’on a donné le pouvoir. Volonté de puissance ? Soif de domination ? Il a cru que la théorie pouvait remplacer la pratique. Que le rat de bibliothèque pouvait en imposer à l’homme d’action.
Cette idée m’est revenue récemment en discutant avec des élus. Toutes les structures, les « corps intermédiaires », qui étaient là pour soutenir l’économie ont été tuées. Je me suis rappelé des économistes rencontrés à l’époque de la Commission Attali. Ils avaient vu dans leurs équations la recette de la prospérité éternelle. Ils ignoraient ce que je constate tous les jours : que la véritable nature de l’innovation est « organique ». Après des décennies de cette politique, le pays n’a plus que ses yeux pour pleurer.
Comme le disait Kurt Lewin, la science doit être au service de l’action, non le contraire.
Espérons qu’il n’est pas un peu tard pour en prendre conscience ?