Espionnage au moyen-âge, sujet de Concordance des temps de France Culture, il y a quelques-jours. Il se trouvait qu’une émission de la BBC concernant un espion russe passé à l’Ouest m’avait fait m’intéresser au sujet, juste à ce moment.
L’espionnage est quelque-chose de totalement contre-intuitif. En fait, le système de renseignement est un danger en lui-même pour sa propre nation. En effet, l’espion est soumis à la tentation, à peu près irrésistible, de trahir. Or, étant à l’intérieur du système de renseignement, il sait beaucoup plus que le simple citoyen.
Et il trahit pour des raisons, elles-aussi, contre-intuitives. En effet, on trahit, en général, parce que l’on pense que sa nation trahit ses propres valeurs ! Le meilleur représentant de votre nation est probablement le moins bon espion !
Mieux : il faut plus vous méfier de vos amis que de vos ennemis. En effet, vous êtes plus facile à espionner par les premiers que par les seconds, et ceux-ci protégeront ensuite beaucoup moins vos secrets que les leurs.
En bref ? Un réseau d’espionnage est probablement un réseau de confiance, qui se construit et se reconstruit sans cesse. Tous ceux qui lui appartiennent, à commencer par le roi de l’ancien temps, sont des espions.
(Il se trouve que j’ai eu à me renseigner, tout au long de ma carrière, sur la concurrence d’entreprises avec lesquelles je travaillais. J’ai constaté qu’il n’y avait pas besoin d’espionner pour apprendre beaucoup sur elles. Il suffit de s’intéresser à « l’autre »…)