Étiquette : communisme
Polyandrie
Obama le rouge (bis)
La droite américaine n’a pas vu le vrai défaut de M.Obama. Il n’est pas un « socialiste », mais il ne comprend pas le monde des affaires. Même les directeurs généraux de gauche se plaignent qu’il n’exprime pas assez d’estime pour le capitalisme, et qu’il n’est pas sur la longueur d’onde de ceux qui le pratiquent. On fait entrer les patrons pour la photo, puis on les oublie. C’est une chose d’exiger des réparations de BP, c’en est une autre de le traiter comme un envahisseur étranger. Il a de l’intérêt pour l’économie et la technologie, mais pas pour la manière de gagner de l’argent.
N.Sarkozy dernier des libéraux?
- Aux USA, l’illusion s’est appelée, un moment, la Nouvelle économie. Voici ce qu’en disaient, avec beaucoup de franchise, des gens très importants : The New Economy, what it really means, Business Week, Stephen B. Shepard, 6 novembre 1997.
- À l’extérieur c’était le Consensus de Washington.
- Quand les libéraux étrangers doutent (Démocratie, économie et paix), M.Sarkozy réforme avec entrain et sereine conscience (L’étrange changement de M.Sarkozy).
- En me rappelant la très démonstrative affection de M.Sarkozy pour M.Bush et l’Amérique, je pense à un passage de La promesse de l’aube : Romain Gary prend le train pour partir au front, sa mère manifeste bruyamment son enthousiasme patriotique ; ce qui fait dire à un appelé que l’on voit bien qu’elle est étrangère. M.Sarkozy aurait-il une vision idéalisée, d’enfant, de l’Amérique et du libéralisme, un enthousiasme tellement naïf et débordant qu’il paraît un peu gênant, inconvenant, aux membres de sa patrie d’adoption ?
Chine et mur
La chute du mur de Berlin semble avoir désorienté les dirigeants chinois qui, jusqu’au bout, ont nié le danger.
Deng Xiaoping, lui, semble ne pas avoir hésité. Il a défini ainsi la stratégie du pays : « construire son économie et éviter les batailles idéologiques ».
Rare exemple de dirigeant visionnaire, qui ne perd pas ses moyens dans l’incertitude ? Toujours est-il qu’il paraît avoir vu juste. Tout est pardonné à celui qui joue selon les règles de l’économie. Et le Parti communiste a conservé le pouvoir pour l’utiliser comme bon lui semble quand la Chine n’aura plus rien à craindre du reste du monde ? (Deng Xiaoping dit : « cacher ses capacités et attendre son heure »).
Compléments :
- Mes sources : Keep calm and carry on
Mur de Berlin et radio
Surprise ce matin d’entendre un programme unique « mur de Berlin » sur les radios publiques (sauf RFI, qui avait son mur à elle).
Ça m’a fait penser à une grève, ou à la télévision d’état des années 60, où les programmes étaient parfois interrompus par des émissions spéciales. Le service public retrouverait-il son rôle d’éducateur de la pensée populaire ?
Drôle d’anniversaire, d’ailleurs. Il est curieux de parler de la disparition d’un régime, au milieu d’une crise. Tout est par terre, les illusions du communisme, mais aussi celles du capitalisme. Et le monde ne semble pas forcément moins menaçant depuis qu’il est devenu « multipolaire », à pôles aux réactions incertaines.
Et si la question du moment était celle que semblent se poser les ressortissants de l’est : ce qui est le mieux entre être considéré comme un inférieur soumis au risque de chômage dans une société matériellement riche et être un égal à la situation triste mais assurée dans une société dirigiste ?
Refondation du PS
Le PS souffre des dernières élections européennes. Que va-t-il faire ? Si j’en crois la radio, ce matin, il parle de « refondation », d’union de la gauche, et de débat.
Ne serait-ce pas une manifestation du théorème du marteau (quand on a un marteau on voit des clous partout) ? Il se manifeste toujours quand on est au fond de l’angoisse existentielle, en proie à l’anxiété d’apprentissage. Dans ce cas, le PS, parti de technocrates, produit une solution technocratique. Le problème n’est pas posé. Je suggère une solution beaucoup plus simple :
- Chercher à comprendre quels sont les problèmes que rencontrent les Français.
- Se demander quelle serait une solution socialiste à ces questions, en revenant à la pensée des pères fondateurs.
Cet exercice s’apparente à une résolution d’équation, il ne demande aucune conviction personnelle, il est parfaitement adapté à des énarques.
Et il éviterait aux politiques de se ridiculiser. J’entendais la dirigeante du PC dire, ce matin, que le gouvernement n’avait pas à pavoiser, 70% du pays avait voté contre lui. Dans ce cas, 98% a voté contre le PC, qui doit se trouver bien seul. À la prochaine élection, je lui suggère d’appeler à l’abstention, au moins il pourra ainsi entretenir l’illusion qu’il est aimé.
Si l’on ne réfléchit guère en France, ça ne semble pas être le cas en Angleterre, un député britannique propose une explication étonnante aux déconvenues socialistes : les socialistes passent leur temps à accuser Bruxelles d’être une créature du libéralisme (cf. leur campagne contre M.Barroso), les électeurs les ont écoutés, qui ont voté pour des partis conservateurs, nationalistes.