Roger Leenhardt

Roger Leenhardt est l’homme qui a inspiré la « nouvelle vague ». Voici qui est intéressant ! Mais, j’en fus pour mes frais : l’émission parle de tout sauf de cet épisode de sa vie.

Roger Leenhardt fut un touche à tout. Je retire de son histoire, une fois de plus, que, après guerre, lorsque l’on avait le bac, tout était possible. Et, l’enseignement supérieur n’apportait aucun prestige supplémentaire. Il bridait plutôt le talent.

Quant au cinéma, ses goûts ne paraissent pas révolutionnaires. Il appréciait Renoir. Il pensait que le cinéma avait mal tourné. Il doit réunir l’esthète et le grand public, alors que, aujourd’hui, il s’est séparé entre eux. Une exception qui confirme la règle ? Eric Romer.

Julien Duvivier

Lointaine émission. Julien Duvivier raconte sa vie. Humour un peu grinçant. Tout semble facile. Les films s’enchaînent.

Vraiment ? Il évoque, mais brièvement, quelques difficultés. Comme les malédictions qui semblent s’être abattues sur lui et son équipe lors d’un tournage d’un film ayant pour sujet la malédiction.

Alors, que reste-t-il de son oeuvre ? Des fils « datés » ?

Il a dû changer la fin de « La belle équipe », pour qu’elle soit heureuse, ce qui a donné un succès, mais vidait l’oeuvre de son sens. Et s’il en avait été ainsi pour tous ses films ?

La femme et l'écran

Les femmes à l’écran, la face cachée du cinéma – Seulement 34 % des rôles sont tenus par des actrices révèle une étude portant sur 3 770 films sortis entre 1985 et 2019. (Le Monde) 

Comment interpréter cette nouvelle ? 

  • Discrimination machiste ? 
  • C’est l’homme qui fait vendre, parce que c’est la femme qui achète ? 
  • Autre ?
Attention, complexité. Méfions-nous de notre pensée simplifiante, dirait Edgar Morin ?
(Un jour, je suis tombé sur une étude du wikipedia anglais, quasi anthropologique, concernant le cinéma porno. On y apprenait que le mâle, pour diverses raisons, n’y pèse pas lourd, c’est au mieux un intermittent. Les stars du porno sont des femmes. Comment Le Monde interpréterait-il cette nouvelle ?)

Maurice Pialat

Emission sur le cinéaste Maurice Pialat

Il n’appartenait pas à la « nouvelle vague ». Cette vague « anti système » aurait, paradoxalement, profité du système. Ce qui lui aurait rendu facile l’accès aux fonds nécessaires à la réalisation de films. Lui a dû manger de la vache enragée pendant de longues années. 

La réalisation d’un film était incertitude et angoisse. Avec lui la vie des acteurs et de l’équipe de tournage était douloureuse. Les licenciements fréquents. 

Qui voudrait travailler dans ces conditions ? me suis-je demandé. Et aussi : pour l’artiste, l’art n’est-il pas un absolu qui justifie sa « domination » ?

Margaret Ménégoz

Margaret Ménégoz : une vie pleine d’enseignements ? (A voix nue de France Culture, la semaine dernière.)

Margaret Ménégoz dirige les « films du Losange », qui sont connus pour avoir était le véhicule d’Eric Rohmer (en fait, ils auraient été créés par Barbet Schroeder).

A la fin de la guerre, sa famille fuit la Hongrie, occupée par les Russes. Elle émigre en Allemagne. Margaret Ménégoz ne veut pas faire d’études, mais, probablement s’évader de chez elle. Elle part en Suisse. Le hasard fait qu’elle rencontre un réalisateur de documentaires français, qu’elle épouse. Puis, voulant rester en France, pour élever ses enfants, elle cherche un emploi et trouve celui de femme à tout faire des films du losange. Depuis, elle a produit quelques-uns des chefs d’oeuvre du cinéma européen. Et cela dans une logique d’indépendance totale : pas de subvention, le budget du film est calculé en fonction de ce qu’il va rapporter. Un premier film doit toujours être rentable, pour qu’un autre puisse faire des pertes.

Que signifie « producteur » ? Sélectionner des films, puis s’occuper de tous les côtés pratiques du tournage, qui n’est qu’une succession de problèmes matériels, guider le réalisateur (dont la caractéristique première n’est pas le bon sens), et, finalement, organiser la distribution. Le tout en respectant le budget prévu.

Aujourd’hui, alors que le métier s’apprend par la pratique, on en est arrivé à croire que le producteur devait être diplômé d’une grande école. Mal français ?

Mauvaise vague ?

Audiard, Blier, Gabin et Ventura ont été haïs par la Nouvelle Vague, disait un reportage trouvé sur YouTube. Pourquoi autant de haine ? D’autant que c’était une bande de copains bien inoffensifs.

Que reste-t-il de la Nouvelle vague ? Des oeuvres qui ont peu marqué, mais surtout une destruction du cinéma français, qui n’est plus que l’ombre de lui-même ? Destruction destructrice ? Et si le talent de la Nouvelle vague n’avait pas été artistique, mais critique ?

Protectionnisme et cinéma

Il y a un domaine dans lequel la France est protectionniste : c’est le cinéma. (Emission de France Culture.) Et cela semble fonctionner. Le cinéma européen doit venir chercher ses financements en France.

En retour quelques uns de nos films populaires auraient un certain succès en Europe. Il véhiculeraient une image plaisante de nous. Ce qui ferait tout de même penser que, dans notre pays, il n’y a pas que du mauvais. Soft power.

Cannes : festival du cinéma engagé

Une récompensée du festival de Cannes déclarait que, cette année, la sélection était faite de films « engagés ».

J’entendais, quelques temps avant, Marcel Amont, 90 ans déjà, dire qu’il avait eu un père engagé, et qu’il en avait conclu qu’être engagé demandait un talent que peu de gens avaient. Il avait préféré être un fantaisiste, qui rend les gens heureux.

Pour un festival de Cannes du bonheur ?

L'empereur de Paris

On exhume Vidocq. Occasion de réfléchir sur l’évolution du cinéma populaire français.

Premier paradoxe. Cela se veut une reconstitution historique, brutale, mais on y trouve aussi une romance digne des films de mon enfance. Le pire de tout ? Du cinéma français avant nouvelle vague et du cinéma américain à effets spéciaux pour grand spectacle, mais sans son talent. Ou, il faut bien sacrifier aux goûts de son temps ?

Heureusement qu’il y a Patrick Chesnais. Un grand acteur peut sauver le plus mauvais film, me suis-je dis. Bien sûr, il y a d’autres grands acteurs. Mais ils ne sont que des caricatures d’eux-mêmes.

Reste le message du film. On a oublié qu’il y a eu une France, « land of opportunity », qui vainquait et qui secouait la vieille Europe, où tout le monde disait « vive Napoléon », où l’on gagnait sa dignité dans les batailles, où la société, quelle que soit son origine et ses haines, s’unissait dans un même combat, et où le bagnard évadé devenait, grâce à son talent et à son courage, le chef de la police.

Papa, maman, la bonne et moi

Les films sont la mémoire du passé ? La France de 1954. Un professeur de terminale avait une femme au foyer, et une bonne. Mais le reste de la population, y compris l’agent de la RATP, était dans une situation précaire. Et les fils de famille amorçaient le parcours qui les amenait à 1968. Etudiants attardés n’ayant pas envie de grand chose, sinon de s’amuser, et chahutant leurs parents.

Mais tout rentre dans l’ordre, après une leçon de morale bien sentie. C’est aussi ce que l’on demande à un film. Le spectateur a horreur du changement.