Un train peut en cacher un autre

Et si la Chine entrait en guerre ?

China’s war games near Taiwan could be used to conceal attack, US says
Pentagon’s Indo-Pacific chief says American military must step up preparations for conflict in region
Financial Times 13 février 2025

(M.Trump ayant décidé d’abandonner l’Ukraine, cela va-t-il être une encouragement à la Chine ?)

En tous cas, il se pourrait que les prochaines années soient une rien chaotiques… Un homme averti…

Câble sous marin

La dernière mode est d’endommager des câbles de communication sous-marins. Technique : laisser traîner une ancre. Les navires russes et chinois sont à pied d’oeuvre.

Comment réagir ? Traiter la cause ou le symptôme ? Dent pour dent ? Mais cela ne risque-t-il pas d’entraîner une dangereuse escalade avec de dangereux fous-furieux ?

Une autre solution, chinoise : politesse étouffante ?

Péril jaune

La BBC s’interroge sur l’avenir de l’industrie automobile occidentale. (The Inquiry, Is Europe’s car industry at a crossroads?) Péril jaune.

Jusque-là j’avais entendu que la Chine avait pour stratégie de dominer les activités économiques vitales. Qu’en ce qui concerne l’automobile, elle avait constaté qu’elle ne pourrait jamais rattraper l’avance occidentale, et que les normes environnementales lui donnaient la chance de s’imposer. Ici comme ailleurs, elle y était parvenue par des subventions massives.

L’émission développait d’autres idées. Certes il y avait eu subvention, mais le véritable décollage était dû à Elon Musk, décidément, qui avait apporté à la Chine un savoir-faire essentiel. Et aussi : les constructeurs occidentaux avaient perdu leur domination du marché chinois faute d’avoir compris le besoin du consommateur local, qui est de faire de sa voiture un smart car (Steve Jobs se retourne dans sa tombe ?) disposant d’applications telles que le Karaoké.

Macao

Comme Hong Kong, Macao, qui pendant 5 siècles a été une colonie portugaise, a été remis à la Chine. Jusqu’en 2049, le territoire a droit à un régime de faveur. A condition de ne pas s’occuper de politique, on peut y vivre comme auparavant. Mais ensuite ?

Je me demande si la mauvaise conscience du colonialisme ne fait pas autant de dommages que celui-ci. D’ailleurs, nous sommes tous des colonisés, à commencer par nous, Français. Lorsqu’elle dure suffisamment la colonisation transforme une culture. Elle crée un peuple. Hong Kong ou Macao ne sont pas la Chine.

Il serait d’ailleurs utile de s’interroger sur le colonialisme moderne. La Chine et la Russie sont manifestement des colonisateurs. Mais que dire des riches touristes qui s’installent dans des pays pauvres ?

(Réflexions suscitées par Witness History de la BBC.)

De la corruption en Chine

China’s defence minister placed under investigation for corruption

China has put its defence minister under investigation in the latest corruption-related scandal to hit the top of the People’s Liberation

Financial Times 27 novembre

Un dirigeant, qui a travaillé de longues années avec les Chinois, dit qu’il n’y a que deux types de Chinois : celui qui est en prison et celui qui va y être. Décidément, la Chine est un monde différent du nôtre ?

Cela ressemble à ce que dit Hannah Arendt des régimes totalitaires : on y fait des purges régulières. C’est un moyen de maintien de l’ordre.

(Et la technique utilisée est peut-être bien selective enforcement…)

Chine du milieu

La Chine n’est pas une exception. Il est bon de se rappeler qu’au départ des réformes mises en place par Deng Xiaoping, c’était un pays particulièrement pauvre avec une économie très rétrograde, mais dont la population était relativement bien éduquée. Il était idéalement situé pour se développer en se libéralisant, en s’intégrant dans l’économie mondiale, et en adoptant les technologies existantes. Au fur et à mesure que l’écart avec les pays avancés s’est réduit, le bénéfice de ce rattrapage s’est épuisé et les coûts économiques d’un régime autocratique sont devenus plus apparents. L’essoufflement de l’économie chinoise se produit d’ailleurs très tôt dans le processus de rattrapage, alors que le revenu par tête de la Chine n’est encore que le tiers de celui des États-Unis. Le Japon et la Corée du Sud ont fait beaucoup mieux.

Article

Une des thèses de ce blog est que la Chine n’est pas le géant dont on nous a tant parlé. Il y a quelque chose dans sa culture qui fait que, comme le Japon, il arrive un moment où sonne l’heure du repli sur soi.

Anne Cheng

La vie d’Anne Cheng, par elle-même (A voix nue, France Culture).

J’ai apprécié son Histoire de la pensée chinoise. Je la savais fille du fameux François Cheng, et je pensais qu’elle avait eu une jeunesse dorée. Pas du tout. Elle est née par hasard. Son père lui en a toujours voulu d’avoir mis un terme prématuré à sa destinée.

Il se voyait comme dieu le père. Avec la belle mère d’Anne Cheng et elle-même, ils étaient la sainte trinité ! Secte ? Et elle a vécu dans la pauvreté, à tel point que la DDASS l’a retirée un temps à sa famille.

Elle doit son parcours brillant à sa volonté de fuir l’emprise (au sens « pervers narcissique ») de son père, et à l’ascenseur social, qui marchait encore en son temps.

Comme quoi une vie apparemment réussie peut cacher de graves traumatismes.

Et la Chine ? Anne Cheng a cru, avec nos élites, qu’elle se transformerait au contact de l’Occident. Curieusement, personne n’a entendu le signal de Tien an men.

La corde et le capitaliste

Lorsque la Chine tousse, le monde s’enrhume ?

Paradoxe : depuis pas mal de temps, je lis des articles alarmistes : la Chine va-t-elle parvenir à relancer son économie ?

Pourquoi s’inquiéter pour elle, puisqu’elle déclare haut et fort qu’elle veut balayer l’Occident, les USA lui sont officiellement hostiles, l’Europe s’interroge ? Mais le capitaliste, lui, ne voit que le court terme. Au fond, il est l’ennemi du changement. Greed and fear, comme dit l’Anglais. L’illustration de la banalité du mal ?