La vie d’Anne Cheng, par elle-même (A voix nue, France Culture).
J’ai apprécié son Histoire de la pensée chinoise. Je la savais fille du fameux François Cheng, et je pensais qu’elle avait eu une jeunesse dorée. Pas du tout. Elle est née par hasard. Son père lui en a toujours voulu d’avoir mis un terme prématuré à sa destinée.
Il se voyait comme dieu le père. Avec la belle mère d’Anne Cheng et elle-même, ils étaient la sainte trinité ! Secte ? Et elle a vécu dans la pauvreté, à tel point que la DDASS l’a retirée un temps à sa famille.
Elle doit son parcours brillant à sa volonté de fuir l’emprise (au sens « pervers narcissique ») de son père, et à l’ascenseur social, qui marchait encore en son temps.
Comme quoi une vie apparemment réussie peut cacher de graves traumatismes.
Et la Chine ? Anne Cheng a cru, avec nos élites, qu’elle se transformerait au contact de l’Occident. Curieusement, personne n’a entendu le signal de Tien an men.