George Bush et les voraces Japonais

Un hasard de Wikipedia m’a fait découvrir que le premier George Bush aurait pu être mangé par les Japonais. Il participait à la guerre du Pacifique. Avec quelques aviateurs, il fut abattu, mais fut le seul à ne pas être capturé. Et plusieurs des autres furent consommés.

Dans ma jeunesse, on parlait beaucoup de la sauvagerie des Japonais. Le pont de la rivière Kwai ou La mousson sont deux exemples de ce qu’on publiait alors.

Brutalement, ces Japonais sont devenus les plus pacifiques des êtres humains. Le passé a été oublié. Mystère des phénomènes sociaux ?

Iraq, 20 ans après

Suite de l’enquête de la BBC, sur la guerre d’Iraq.

L’Iraq s’est instantanément dissout. Le spectacle qu’il donne fait penser à l’histoire de l’URSS au temps de la Glasnost. Simplement, il n’a pas été repris en main par un M.Poutine. Le chaos y règne toujours.

Cela a été une défaite complète pour l’Occident. Mais peut-être pas celle que l’on croit. En effet, comme au Mali ou en URSS, le monde était convaincu de la capacité de l’Occident à apporter la paix et la prospérité. Après tout, l’Iraq est un pays riche de ressources naturelles. Le spectacle ridicule qu’il a donné a fait douter de l’Occident. Quant aux opinions publiques occidentales, elles ont perdu toute confiance en leurs élites, qui les avaient menées en bateau.

En outre, une fausse leçon aurait été tirée de cette déroute. L’Occident ne serait plus intervenu, lorsqu’il aurait fallu le faire… M.Blair, à qui ce reportage réussit, explique qu’on ne le croyait plus, alors, qu’au contraire, c’était parce qu’il avait commis des erreurs que son expérience avait un intérêt. (Quel dirigeant français aurait reconnu s’être trompé ?)

A l’envers cela a encouragé M.Poutine à intervenir. En soutenant les dictatures, et en ne les lâchant pas. (Leçons de l’expérience occidentale ?)

L’Ukraine pourrait aussi être une conséquence de l’Iraq. Seulement, M.Poutine a commis la même erreur que M.Bush. Et, nouveau rebondissement paradoxal, il a redonné du poil de la bête à un Occident en pleine détresse existentielle.

Iraq

Pourquoi la guerre d’Iraq ? La BBC enquête. Les « néocons » américains ont décidé d’opérer un « changement de régime ». (Pourquoi ?) Les attentats du 11 septembre leur ont permis de convaincre le président Bush de passer à l’action. Apparemment, Tony Blair aurait été embarqué dans cette affaire contre sa volonté : il désirait une alliance forte avec l’Amérique quoi qu’il en coûte.

Il a tenté, tout de même, de la faire entrer dans la légalité. Mais il ne pesait pas lourd. Son seul espoir, alors, a été les « armes de destruction massive ». Apparemment, le chef de ses services secrets y croyait, et y croit toujours. Quand les inspecteurs envoyés sur le terrain ont dit qu’ils ne trouvaient rien, on les a censurés.

Ce qu’il y a d’effrayant dans cette histoire est qu’elle fournit un précédent à l’invasion de l’Ukraine.

Si la démocratie a une force, c’est la BBC : sa capacité à enquêter sur elle-même. Il faudrait qu’elle en profite pour éviter de répéter des erreurs criminelles.

George Bush

George Bush ou le changement ? Aujourd’hui les Américains se rappellent de lui avec nostalgie. En son temps, les présidents n’étaient pas haïs par la moitié de l’électorat. Le pays était plus sage qu’aujourd’hui.

Pourtant, George Bush était risible, disait la presse de l’époque. Et le ridicule a peut être tué sa tentative de réélection. Quelle leçon en tirer ?

Bushismes

Bushisme. Je découvre. Certainement avec retard. George Bush semble avoir une exceptionnelle mauvais maîtrise de la langue. Il est non seulement victime de lapsus, mais il emploie un mot pour un autre. 
Pour n’importe qui d’autre, un tel défaut aurait été un handicap fort. Pourquoi cela n’a-t-il pas été le cas pour lui ? Lui qui était le « commander in chief » de la plus puissante armée mondiale, et qui s’en ventait, et qui a utilisé ses pouvoirs sans complexes ? Et s’il avait réussi justement du fait de ses défauts ?
(Mon favori : « nucular power pants« , les pantalons à énergie nuculaire. Ils mériteraient d’être inventés.)

Népotisme et politique

Etre « parent de » en politique. Emission de France Culture samedi dernier. Intéressante comparaison entre la France et les USA. 
En France, être « parent de » est très mal vu. Pas aux USA. On l’oublie en France, mais la politique aux USA ne se réduit pas à la présidence de la fédération. Ce n’est pas que la famille Bush contre la famille Clinton. Certains maires, certains gouverneurs… sont extrêmement puissants. Et il existe des dynasties locales, qui ne sont pas sans rappeler les dictatures bananières. Un maire pouvant passer sa vie au pouvoir, sans opposition crédible. Jusqu’à ce qu’un de ses descendants le remplace. 
Hypocrite démocratie ? Car ce qui est compliqué en politique n’est pas se faire élire, mais parvenir à être candidat à une élection. Or il est infiniment plus facile pour un « parent de » (ou un « ami de« ) d’être candidat que pour vous ou moi. 
Dans ces conditions, pourquoi les Américains tolèrent-ils mieux le népotisme que nous ? Je me demande s’il n’y a pas du culturel là-dedans. Les grandes familles françaises ne tendent-elles pas à être haïssables ? Elles défendent des avantages acquis. Comme celles d’ancien régime, elles croient tenir leur légitimité d’un « droit » inné. Elles ne produisent que des « fruits secs ». Aux USA, ces familles savent que rien n’est définitivement acquis. Donc, elles soignent leur image. Surtout, elles font fructifier le talent de leurs membres les plus brillants. Ce sont leurs représentants. Gestion de marque ? 

Nouvelles du monde : toujours aussi sombres…

L’Europe est obsédée par la dette de ses Etats alors que c’est la dette de ses entreprises et de ses citoyens qui est dangereuse, dit The Economist. Pendant ce temps, l’entreprise américaine joue avec les lois (et avec le feu ?). Entreprise (américaine), comment ne pas payer d’impôts ? Un montage qui permet de distribuer ce que l’on gagne est de plus en plus utilisé. C’est une association qui ressemble à un fonds d’investissement. (Ou à une expédition pirate ?) Du coup, l’entreprise est totalement dépendante du marché. (Comment peut-elle procéder à des investissements à long terme dans ces conditions ?) L’édifice dépendrait d’une interprétation habile de la loi, du bon vouloir du législateur, et de réseaux relationnels. Et la finance, c’est un casino. Une de ses activités est le « spread betting » : parier sur les mouvements des actions, entre autres.
Le Canada et l’UE ont conclu un partenariat de libre échangequi devrait établir un précédent. Il libéralise ferme, notamment les services. Faut-il s’étonner, lorsqu’un événement aussi important pour nos vies est passé sous silence, que l’on puisse craindre la prise de l’UE par les extrémistes ? En tout cas, pour la combattre, The Economist encourage les gouvernements nationaux à défendre l’UE et à affronter les eurosceptiques. L’alternative, une UE politisée, serait contre-productive.
En Allemagne, grande coalition. 80% des voix à l’assemblée. De quoi changer la constitution. L’opposition, elle, ne pourra plus se faire entendre. En France, le chemin de croix de M.Hollande est sans fin. L’affaire Léonarda montrerait « les limites du compromis ». (Tournant ?) En Angleterre, le gouvernement veut décourager l’immigration en lui rendant la vie impossible. Aux USA, un développement informatique pourrait réussir là où les Républicains ont échoué. Abattre Obamacare. Car il dépend d’un site web, qui ne parvient pas à fonctionner. (Grand classique !) En revanche, lors des prochaines négociations concernant la dette de l’Etat, une partie des Républicains est prête au compromis. Puerta Rico pourrait faire faillite.
Nouvelles encourageantes ? La BCE teste la solidité des banques européennes. Jeu dangereux. Mais « le plan de la BCE va vraisemblablement renforcer la confiance dans les banques de la périphérie ». Les fonds de pension devraient investir dans les infrastructures de transport. Ce que ne peuvent plus faire les gouvernements. Mais trop risqué. Alors, créons une banque d’investissement nationale dont les fonds achèteraient les obligations.
M.Singh, premier ministre indien, est sur le départ. Ne pouvant agir à l’intérieur il semble s’être rabattu sur la politique extérieure. Partenariats locaux visant à contrebalancer les menées chinoises. Son successeur pourrait ne plus, même, avoir cette latitude… Confirmation, Vietnam = Chine, sans son élite éclairée. Quant au Laos, désertification, pauvreté, « kleptocratie », 30% des terres vendues aux étrangers… Et « un tiers du pays toujours contaminé par des munitions américaines qui n’ont pas explosé ». (Ce qui ne le prédispose pas à écouter les voix de la démocratie ?) Aidé notamment par Zodiac, le Mexique veut acquérir des compétences de sous-traitance aéronautique. Les éditions universitaires sont en déficit. Victimes de l’augmentation des prix des journaux scientifiques, qui diminue les ressources des bibliothèques. Pour vendre en Afrique, il faut être du coin. Au Bengladesh, les conditions de travail dans l’industrie textile sont toujours aussi mauvaises. Mais, baisse des prix et manque d’investissement font qu’on ne peut pas les améliorer.
Élever un enfant ? Mission impossible aux USA. Le gamin y est intraitable. Mais on vient de découvrir une contre-mesure. Il est totalement dépendant des jeux électroniques. Il suffit donc de leur faire dire ce qui est bon pour la santé. Pierre Omydiar d’eBay utilise son argent pour construire notre monde selon son goût. Biographie de M.Bush. Son mauvais génie fut M.Cheney. Mais, il est parvenu à s’en débarrasser en fin de mandat. (Je note que ce que j’avais cru comprendre à l’époque est assez près de cette analyse.)

Union Eropéenne, prix Nobel, militant

L’EU reçoit le prix Nobel. Le Comité Nobel ne récompense plus une vie, il influence le monde pour qu’il mérite le Nobel ? N’est-ce pas pour cela qu’Obama a reçu le Nobel de la paix ? Afin qu’il ne poursuive pas les guerres de Bush ? Ou que l’action anti-Bush de Paul Krugman a été récompensée ? Afin de montrer que la pensée néolibérale n’était pas seule au monde ?

Et voilà que l’on commence à soupçonner Mme Merkel de suivre un peu trop son intérêt électoral à court terme. Ce que dit The Economist du rapprochement EADS / BAE qu’elle a empêché : « Les explications possibles incluent sa prudence personnelle, la répugnance des électeurs allemands pour l’industrie de l’armement, et surtout la suspicion que l’âme de la nouvelle entreprise serait plus anglo-française qu’allemande. Tout ceci devrait inquiéter les Européens. Si une fusion globalement logique peut échouer du fait de raisons insignifiantes, quel espoir pour une union bancaire ? »
C’est ce moment que choisit l’Académie Nobel pour rappeler à l’Europe que, si elle a fait quelque chose de bien dans son histoire, c’est de s’être réconciliée avec elle-même. Dans l’immédiat après guerre…

Politique, pharmacie, Warren Buffett, retraités et quelques autres

Affligeants politiques, semble dire The Economist. Ils n’obéissent qu’à leur seul intérêt, d’une inconcevable médiocrité. Caractéristique certaine : s’opposer à l’intérêt général. Ici Mme Merkel détricote le mécanisme que la zone avait mis en place pour éviter la dislocation. Là, M.Rajoy fait preuve à la fois d’incompétence et d’un sens del’honneur pitoyable. Et que dire de l’Inde ? Un magma de partis corrompus. On a retrouvé M.Kohl. Dans une chaise roulante, incapable de parler. Il a été victime d’un accident de cuisine. Visiblement c’était un tyran domestique, haï des siens. Curieusement, l’article se fait l’écho d’une de mes théories : sa gestion de la réunification allemande pourrait être à l’origine de la crise de l’euro. Il y a aussi des élections en Géorgie. Un suppôt de Bush y affronte un milliardaire inquiétant. Aux USA, les élections ne sont plus une question d’idées mais de logistique : chaque camp recrute des électeurs avec des moyens et une efficacité américains. La perfide Albion partage ses ambassades avec sa colonie canadienne. Décidément, elle n’est pas européenne. Le LDP japonais choisit comme candidat premier ministre un ancien premier ministre qui s’est ridiculisé, ce que compense sa haine des Chinois. En Argentine, où l’inflation atteint 25%, la présidente, qui vit d’expédients, est chahutée. Mais la situation économique du pays devrait s’améliore, et la sauver. En politique, le crime ne tue pas. C’est peut-être Hugo Chavez qui paraît le plus honnête de la bande. Certes, il ne laisse pas de place à l’expression de son opposition, mais au moins les élections sont libres.
Il y a pire que la politique : l’industrie pharmaceutique (chronique du livre Bad Pharma de Ben Goldacre). Le processus d’approbation et de diffusion des médicaments serait parfaitement manipulé. Si bien que le médecin a peu de moyens de connaître le degré de nocivité ou d’efficacité de ce qu’il prescrit : « des gens (…) meurent pour rien ». On a d’ailleurs expliqué pourquoi la pharmacie mais aussi l’éducation consomment de plus en plus de nos revenus. Elles ne connaissent pas de gains de productivité. Mais leurs salaires suivent ceux des industries qui en connaissent. Intelligent, mais ça ne me semble pas toute la réalité. « Les industries à productivité » l’ont trouvée dans l’exploitation des pays émergents. Les couches supérieures de l’entreprise se sont enrichies au détriment des couches inférieures. Les universitaires, les cadres du pharmaceutique… voyant que des gens de même diplôme gagnaient beaucoup ont voulu faire de même.
Le secret de Warren Buffett est connu ! Les fonds de retraite n’ayant pas le droit de s’endetter, pour ne pas prendre de risques, ils sont contraints d’acheter des actifs risqués pour avoir un fort retour sur investissement. Ce qui laisse à Warren Buffet les titres sans risque, et sous évalués ! En outre, il possède une activité d’assurance, qui lui permet d’emprunter à un taux record. D’où gros « effet de levier ». Malin.
Tout aussi lucratif. Les Baby boomers arrivent à la retraite, après un hold up. Ils ont beaucoup gagné, parce qu’ils ont eu peu d’enfants, et ont été jeunes à une époque où il y avait peu de retraités. Maintenant, ils utilisent leur poids politique pour faire payer les jeunes. Le déséquilibre ne sera bientôt plus tenable. Nous aurions le choix entre l’inflation et la crise. En revanche, Steve Jobs est bien mort. Pour la première fois, Apple sort un produit, un logiciel cartographique, qui n’est pas au point (ce que je confirme). Apple devient une entreprise ordinaire ?
Article sur l’Inde. Elle aurait tout accepté de l’Occident, sauf la logique économique, qui lui est imperméable. Ce que regrette The Economist, qui lui prédit l’avenir des USA, si elle se transforme. N’a-t-elle pas tout pour lui ressembler ? Sauf un rêve : s’enrichir. En Chine, il ne fait pas bon être dans le hit parade des milliardaires : cela attire sur vous l’attention de l’Etat…
Une histoire de robots, pour finir. On aurait trouvé le moyen de réduire massivement leur prix (22.000$). Bonne nouvelle pour l’automobile, qui en consomme beaucoup. Apparemment, le nouveau robot serait capable de détecter les obstacles et aurait des articulations non rigides, faciles à guider manuellement. Donc, plus besoin de système de programmation compliqué et de protection.  

Mythes et idéologies du cinéma américain

Voici un livre (de Laurent Aknin, Vendémiaire, 2012), qui psychanalyse l’Amérique au travers de ses films de « fantasy » – science fiction, horreur, péplum et superhéro.
On y voit, effectivement, qu’ils évoluent au gré des humeurs, des états d’esprit, et des événements. Peut-être, même, servent-ils à la nation, collectivement, à accepter et à dépasser les drames qui secouent ses certitudes, et la vision qu’elle a d’elle-même.  En particulier, le 11 septembre a été un choc terrible qui a marqué de son empreinte quasiment l’ensemble de la création de cette décennie.
On y voit aussi s’exprimer les fantasmes nationaux, comme la passion sado/masochiste de la torture. Et que les superhéros, les zombies et les extraterrestres sont un moyen pour des réalisateurs, de gauche, de régler leurs comptes avec le pouvoir, quand il est tenu par George Bush.
Cinéma d’une culture au croisement entre Bible et bande dessinée, il reflète la vision naïve qu’à l’Américain d’un monde qui se réduit à son pays, d’une apocalypse qui attend au coin de la rue, et d’une lutte du bien et du mal, dont il est le champion. Mais voilà que les superhéros ont perdu leur perfection. Ils ont été contaminés par les faiblesses humaines. « Le sentiment dominant de ce cinéma est l’inquiétude (…) il s’agit surtout de l’angoisse intérieure d’un pays qui se sent sur le déclin. »
Est-ce vraiment le déclin qui fait peur à l’Amérique ? Ou son bel optimisme vacille-t-il au spectacle de ses actes et des revers qu’elle a subis ? En est-elle arrivée à douter de son élection divine ? me suis-je demandé.