Dynamisme africain

Dynamique Afrique. C’est nouveau, elle développe une industrie pour ses propres besoins. Tout lui est favorable : éducation, gouvernements et infrastructures qui s’améliorent ; main d’œuvre qualifiée chinoise qui reste sur place ; « migration des emplois de fabrication asiatiques ». Israël va-t-elle connaître le sort de l’Afrique du sud pré Apartheid ? Il devient mal vu d’y investir. La Pologne ne sait pas quelle politique énergétique adopter. Gaz de schiste ou nucléaire ? Gros investissements. En attendant 80% de son énergie vient du charbon. M.Hollande va en Amérique. Il veut afficher son nouvel amour du marché. Mais peut-on le croire ? L’Allemagne va-t-elle sortir de sa politique de non intervention militaire ? Elle l’envisage sérieusement. Aujourd’hui ses intérêts la poussent à appuyer la Chine et la Russie… En Ukraine, l’Europe revient dans le débat. Elle pourrait chercher à ramener le pays vers l’Ouest, grâce à des mesures économiques, à une promesse d’adhésion à l’UE, et en menaçant les intérêts financiers des meneurs de l’autre camp.

Aux USA, B.Obama a déporté deux millions d’immigrés plus ou moins illégaux. Pour cela une impressionnante logistique a été mise en place, faisant mentir ceux qui accusent d’incompétence le service public. Le pays est aussi un champion toutes catégories de la politique agricole. Il subventionne massivement ses (riches) producteurs. Il les assure même contre ce qui peut faire baisser les prix. (Ce qui est aussi bon pour les assureurs, payés par le contribuable.) Et il offre un très généreux programme d’alimentation gratuite au nécessiteux. Quant aux négociations de libre échange, M.Obama les présente comme devant « protéger nos travailleurs, protéger notre environnement et ouvrir de nouveaux marchés aux produits américains », mais les Républicains ne sont pas convaincus. Par ailleurs, les riches se marient entre eux. Ce qui amplifie les inégalités. Et l’Américain semble penser que les Républicains roulent pour le « riche au cœur froid », alors que les Démocrates ne voient que par le « pauvre indigne ». Un pipeline doit apporter le gaz de schiste canadien aux USA. Les Américains semblent ne pas en vouloir. Au motif qu’ils ont suffisamment de leur propre production. Donc que le gaz de schiste canadien est polluant. Aung San Suu Kyi présidente ? On ne semble pas pressé de faire l’évolution constitutionnelle nécessaire. Champ de mines en Thaïlande. La dernière élection n’a rien changé. Un Raminagrobis local pourrait-il mettre d’accord les plaideurs ? Le Japon part de plus en plus à droite, et encadre la liberté de parole de sa presse. En Chine, l’élu apprend à parler à la démocratie, et le gouvernement veut forcer les entreprises à mettre en œuvre sa politique environnementale par la pression populaire.

La mode est maintenant à l’échange de services publics d’une nation à une autre.

BP s’est rétréciet s’est affaibli. Il est très dépendant de la Russie. Risque-t-il une OPA ? Raison ? Deepwater Horizon. Mais surtout un management qui n’a pas été « excellent »… Google a un différend avec l’UE. Sa plate-forme de recherche favorise un peu trop ses intérêts. Apparemment, l’UE et Google sont las de l’affaire. Et veulent y mettre un terme, même si la solution trouvée n’est pas dans l’intérêt collectif. Microsoft, toujours gros, mais qui n’arrive pas à être mobile, aurait choisi le bon PDG. Le canal du panama est en cours d’élargissement. Ceux qui participent aux travaux se disputent. L’économie mondiale découvre d’autres routes.

Fin de la bulle des business schools. C’est « une des rares professions où ne pas obéir à ses propres règles est quasiment une condition de recrutement ». Capturées par un corps enseignant indéboulonnable, plombées par des coups salariaux colossaux, leur « esprit moutonnier » leur garantit l’abattoir.

Finance mondiale. Pas de crise en vue. La politique monétaire européenne et japonaise prend le relais de l’américaine, ce qui garantit que les capitaux continuent à aller vers les émergents. La baisse des cours des actions correspond à une prise de bénéfice. Une étude montre que la motivation par bonus tend à pousser le dirigeant à sous-investir. Contrairement à ce que l’on pensait, les bidonvilles (« un tiers de la population des pays en développement ») ne serait pas un meilleur ascenseur social que la campagne. Causes ? Prix de l’immobilier et épidémies, en particulier.

Allons-nous tous être des OGM ? En tout cas, les biotechnologies commenceraient à fonctionner. De nombreuses manipulations génétiques sont tentées. Utiliser des virus (dont le HIV) pour modifier un gène, recoder le système immunitaire pour qu’il détruise les mauvaises cellules ou les gènes qui les produisent. Respirer du xénon améliorerait les performances sportives russes. 

La Birmanie s'ouvre au monde, et l'Europe est toujours aussi désespérante

The Economist encourage M.Obama à réformer ses régimes sociaux. Il propose des mesures qui dépassent mon entendement limité. Mais il me semble qu’il sera difficile de réformer à un moment où les finances des USA semblent s’améliorer miraculeusement.
En Europe, comme d’habitude, tout va mal. L’Espagne est dans une mauvaise passe. Elle a pourtant réformé ferme et l’électorat se laisse faire. Elle commence même à attirer les entreprises d’autres nations de l’UE. Mais elle dépend de ses exportations dont deux tiers vont vers une euro-zone en pleine dépression. The Economist voudrait plus de réformes. Mais cela va être difficile à avaler. The Economist a enfin compris la ligne directrice de M.Hollande : l’ambiguïté. (Il ne lui reste plus qu’à lire Hannah Arendt.) En tout cas, le journal est inquiet pour la France qui « pourrait couler l’Europe ». L’Europe, aurait, comme l’Espagne, besoin de réformes, mais « les gouvernements ont dépensé tellement de capital politique à promouvoir l’austérité, qu’ils pourraient être trop affaiblis pour libéraliser leurs économies ». « L’infortuné » M.Hollande a peut être raison : « il serait erroné de penser que l’euro peut survivre sans un plus important partage de risques ». Mais l’opinion de la France ne pèse pas lourd, ces temps-ci.
L’économie anglaise irait apparemment un petit peu mieux. Ce qui permettrait de réutiliser la planche à billets sans effet adverse.
La Birmanie s’ouvre brutalement au monde, après un demi-siècle d’isolement. C’est un (des rares) succès pour la politique asiatique de M.Obama. Le pays pourrait profiter d’une situation géostratégique exceptionnelle (entre l’Inde et la Chine, notamment). Mais il est constitué d’une multitude d’ethnies. Ce qui le rend extrêmement fragile. Cela explique peut-être l’importance que l’armée a joué dans son gouvernement. Elle était nécessaire pour le conserver en une seule pièce. On se prépare à négocier avec M.Assad. Car on a peur que les islamistes profitent de sa chute. Mais l’armée de M.Assad ayant l’avantage, il n’a pas grand intérêt à lâcher quoi que ce soit. Ce qui inciterait l’Angleterre et la France à donner des armes à ses opposants. L’Amérique chercherait, elle, à gagner du temps. « Mais pour quoi ? »
Les grandes entreprises vont-elles payer plus d’impôts ? On en parle beaucoup, les « entreprises américaines ont amassé de l’ordre de 1900 md$ à l’étranger, protégés du percepteur américain »,  mais il y a peu de chances que cela se fasse. Les intérêts de pays comme la Grande Bretagne, l’Irlande ou le Luxembourg s’y opposent. Yahoo achète 1,1md$ Tumblr, qui gagne 13m$. Ce type d’acquisitions devrait se multiplier : « les géants du Web nagent dans l’argent ». C’est aussi le cas dans d’autres secteurs. Et c’est pour cela que les fonds d’investissement « activistes », se préparent à lancer l’assaut.
Il n’y a pas que les Chinois qui utilisent Internet pour l’espionnage industriel. L’Inde, et bien d’autres, s’y mettent. Pour vendre des armes, il faut proposer à l’acheteur des projets qui aident son économie. Curieusement, ce serait une forme de subvention déguisée à certains secteurs du pays acheteur que le dit pays paierait au prix fort. La pratique aurait son origine aux USA. « Ils avaient forcé l’Allemagne à acheter des armes américaines pour compenser le coût du stationnement de troupes en Europe ». Elle aurait de beaux jours devant elles. En effet, les industries de l’armement de l’UE et des USA ont besoin de nouveaux marchés.
Il semble que l’on puisse corréler les mots que nous employons avec les caractéristiques de notre comportement. Une bonne nouvelle pour le marketing. Ces temps-ci la recherche découvre que l’être est un écosystème. Dans cet épisode on apprend que certains virus peuvent constituer une sorte de système immunitaire. 

Birmanie libérée

Je me demandais pourquoi Aung San Suu Kyi était sortie de prison. Ce serait grâce à la Chine, si j’en crois la Rumeur du monde de France Culture.
La Chine terrorise ses voisins, qui, Vietnam en tête sont allés demander de l’aide à l’Amérique. La Birmanie a donc été contrainte de sortir de son isolement, et d’adopter quelques valeurs occidentales.
Confirmation : Eye-rubbing.

L’eau

GALLAND, Franck, L’eau, Géopolitique, enjeux, stratégies, CNRS éditions, 2008. Dominique Delmas s’inquiète du manque d’eau et des malheurs qu’il pourrait entraîner. Il m’a envoyé ce livre qui analyse la question sous l’angle géostratégique. Souvenirs :
  • D’ores et déjà la situation est déplorable. 1,1 md de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, et 2,6md à un assainissement. 4md pourraient être sous stress hydrique en 20025, 90% du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord souffriraient alors de pénurie d’eau. Un milliard de personnes pourraient émigrer faute d’eau. L’agriculture est le gros consommateur d’eau, 70% en moyenne, 82% chez les pays à faibles revenus. Dommage que le livre n’ait pas approfondi la question (une simple meilleure gestion des pertes et de l’évaporation pouvant régler les problèmes du monde).
  • De même, j’aurais aimé que F.Galland creuse deux autres remarques curieuses : un kilo de bœuf demande 15 fois l’eau nécessaire à un kilo de blé. 1 litre de biocarburant demande 1000 litres d’eau ! Étrangement, ce bilan apocalyptique n’a pas de conséquence dans la suite du livre, qui laisse entendre que le retraitement d’eau, et Veolia (pour lequel travaille l’auteur), sauveront la planète.
  • L’eau est devenue une arme. Par exemple, l’industrie israélienne de l’eau est en partie dirigée par d’anciens généraux. La Turquie et la Chine sont des « hydropuissances » qui utilisent leurs fleuves pour servir leurs objectifs géopolitiques.
  • Le cas de la Chine est particulièrement intéressant, comme d’habitude. Le pays donne l’impression d’un très dangereux apprenti sorcier. D’une part il est sous la menace d’une pollution monstre, d’autre part, il manque cruellement d’eau. De surcroit son désir d’exploiter le Xinjiang et le Tibet, et leurs richesses naturelles l’amène à déplacer beaucoup de monde dans des zones arides. Du coup il en est venu à reconcevoir son hydrographie, en alimentant certains fleuves vides avec le cours d’autres, et en utilisant le Tibet, Château d’eau de l’Asie, pour ses besoins. En fait, la Chine est en train d’asservir certains voisins (Birmanie, Laos, Cambodge), et de s’aliéner les autres (Vietnam, Inde), qui s’inquiètent de cet impérialisme. Mais la Chine est un pays fragile. Le mécontentement de ses populations polluées est une redoutable menace à l’ordre public. En termes d’eau, la seule bonne nouvelle vient de Chine. Afin de dominer l’industrie mondiale du secteur, elle veut utiliser les compétences qu’elle doit acquérir pour nettoyer le désastre écologique qu’elle a créé .
  • Plus généralement, le manque d’eau a transformé ceux qui en étaient affectés, notamment Singapour (qui dépend de la Malaisie avec qui il est fâché, et qui exploite donc de plus en plus eaux usées et de pluie) et Israël, sont devenus des champions du traitement d’eau.
Compléments :
  • J’ai préféré à ce livre l’article que cite A boire !

Pauvre Obama ?

The Pacific (and pussyfooting) president : B.Obama visite l’Asie.

Il semble infiniment inquiet de plaire à ceux qui rejettent les valeurs américaines (Chine, Birmanie, Iran). Et de leur sacrifier ses alliés, à commencer par le Tibet. Peut-on respecter un tel homme ? Est-ce bon pour son pays ?

Confirmation de la thèse de J.S.Mill selon laquelle les Américain n’élisent que des présidents inconnus et sans personnalité, les autres s’étant fait trop d’ennemis pour avoir la moindre chance de succès ?

Curieusement, les dirigeants chinois n’ont pas semblé beaucoup plus assurés que M.Obama. Explication de l’article : cela « reflète combien le système dans son ensemble craint ces libertés que M.Obama aurait dû défendre avec plus d’audace ».