Prolifération nucléaire

La Corée du sud veut devenir nucléaire. Car, peut-elle compter sur les USA ? M.Trump n’a-t-il pas dit que les USA n’assureraient pas éternellement les frais de la défense de leurs alliés ? (La BBC, ce matin.)

Une des conséquences du « désalignement » sera-t-il la prolifération nucléaire ? Si l’on suit ses intérêts, il faut être aussi capable de se défendre, seuls ?

D’ailleurs, M.Poutine aurait-il envahi un pays « nucléaire » ? Imaginons que la Russie se disloque et se trouve, elle et son arsenal, entre les mains de seigneurs de guerre, que se passera-t-il ?… Que les écologistes le veuillent ou non, notre avenir semble être nucléaire.

Les « communs » sont très à la mode. Peut-être pourrait-on considérer l’arme atomique comme l’un d’entre eux ?

Printemps nucléaire

Créons un prix Nobel de l’innovation sociale ? Cette année, on aurait pu le donner à M.Poutine.

Il a certainement beaucoup appris de l’Américain, qui sait qu’aucun engagement n’est définitif, et qui, par exemple, met une entreprise en faillite pour liquider la dette contractée auprès des retraités. L’innovation de M.Poutine est bien plus remarquable : elle est nucléaire.

Il envisage d’utiliser la bombe atomique, et bombarde les centrales nucléaires.

Comment éviter les conséquences imprévues de l’innovation sociale ? Relire Elinor Ostrom ? Le nucléaire pourrait être décrété « bien commun » et contrôlé par l’humanité, et non par M.Poutine.

Il devrait en être heureux : cela se nomme le « communisme ».

Le paradoxe de la coupure

On n’aura pas d’électricité cet hiver. Après l’avoir nié catégoriquement, le gouvernement semble le reconnaître. (Et on s’étonne que certains croient à la théorie du complot…)

Le paradoxe de l’affaire est que c’est au moment le plus froid, lorsque tout le monde a besoin d’énergie en même temps, que plus personne ne peut se chauffer.

Bien sûr, c’est surtout une question d’imprévoyance. On touche aux limites du libéralisme. C’est bien d’avoir des gens qui font ce qu’ils veulent, mais, de temps en temps, il est bien d’avoir, aussi, une vision d’ensemble de ce qui se passe. Serait-ce pour cela que l’on crée des Etats, que l’on appelle des « bien communs », ou des « choses publiques » ?

La France en changement ?

Ce qui caractérise l’action de l’Etat vis-à-vis des territoires, c’est le dysfonctionnement, disent des sénateurs, dans un rapport : « Pour les rapporteurs, la cause des réformes qui se sont empilées « est à chercher du côté de l’idée que l’on se fait de la place de l’Etat dans les territoires. Or, à cet égard, il faut bien reconnaître un déficit de vision sur le long terme, qui ne peut que nourrir les tâtonnements, les improvisations et les expérimentations décevantes ». » (Article.)

Ils donnent une explication, c’est intéressant, systémique : une confusion des « rôles ». « Le rapport ne propose donc pas un nouveau big bang territorial, mais plutôt une clarification des rôles de chacun, fondée sur les principes de subsidiarité et de complémentarité des fonctions – un Etat recentré sur ses fonctions régaliennes, accompagnateur plutôt que censeur des collectivités territoriales. C’est l’esprit de la dernière réforme issue d’Action publique 2022, qui redonne, par ailleurs, un rôle central au niveau départemental, après une période marquée par la toute puissance du niveau régional impulsée par la période « Reate » . »

Il est, en particulier, question « d’auto contrôle ». Un changement majeur peut-être qui pourrait faire que le citoyen soit, un jour, considéré comme un « adulte ». En conséquence de quoi l’Etat ne se percevrait plus comme son tuteur. Il serait, désormais, une « république », autrement dit le « bien commun » d’une société d’adultes, dont le rôle est de réaliser leurs objectifs, et non plus les idées qui lui passent par la tête.

Les conditions nécessaires de la science

Une des idées qui avait la cote dans les années 2000 était que l’entreprise étant le financier de la société, elle devait donc choisir la recherche qui lui était utile. Simple bon sens. Lors de la crise de 2008, Paul Krugman a écrit que les économistes ne l’avaient pas vu venir, parce qu’ils n’étaient pas payés pour ça. 

Rien n’a changé, la science est aux mains d’intérêts particuliers. Financiers ou non, d’ailleurs.

La mission de la science : nous regarder de l’extérieur ? Aller au delà de l’intérêt personnel du scientifique ? Mais, alors, comment ramener la science à la raison ? 

A force d’accidents, l’humanité finira par penser que l’intérêt personnel n’est pas un bon guide ? Elle réinventera la science ?

Gouvernement mondial

Conférence sur la régulation des affaires mondiales. Présentation d’un livre d’un éminent technocrate mondial. Comment faire évoluer l’ONU pour qu’elle puisse, vite et bien, régler des affaires comme la transition climatique ? 

De manière peut-être inattendue, ce qui ressort de la discussion est que l’ONU devrait ressembler à l’Union européenne. Il semblerait même que le projet initial ait été de la faire ressembler aux USA. Ce projet aurait été dénaturé par le sénat américain et l’URSS. 

En particulier, elle devrait avoir une chambre de représentants des peuples, élus. Et pas un pays, une voix, comme aujourd’hui, ce qui donne autant de poids à la Chine qu’à une île du pacifique. Dans ce nouveau dispositif, la Chine serait dominante ! 

Quant on constate les difficultés de l’UE, et le rejet que suscite actuellement plusieurs décennies d’activisme de ses instances dirigeantes, avec le Brexit comme résultat, ont peut douter de ce montage. Et encore, imaginons une UE qui contiendrait des rivaux tels que la Chine et les USA ! Imaginons que l’on impose une transition climatique en force, alors que l’on n’a pas la moindre idée de comment la réaliser ! 

Comme le disait Camus, le technocrate est un « révolutionnaire », certain d’avoir raison, il veut imposer ses idées ? C’est un « possédé », au sens de l’oeuvre de Dostoievsky ? Paradoxe d’une administration dont la mission est d’être au service de l’humanité ? 

Grandeur et mystère de l'entrepreneuriat social

En Lozère, une association assure le transport des personnes qui ne peuvent pas se déplacer par leurs propres moyens. (Article.) Elle fait oeuvre de service public. Car il est défaillant. 

Avec un peu d’intelligence et les ressources existantes, on fait des miracles.

C’est de l’optimisation, donc, probablement, de surcroît, particulièrement efficace et économe. 

Ce qui laisse un mystère entier. Celui du bénévolat et de l’émergence de telles initiatives. Car elles requièrent autant de génie et de détermination que l’entrepreneuriat, mais ne rapportent rien. Et, en effet, il se trouve que cette association a inventé Blablacar en même temps que Blablacar !

Tous contre la SNCF ?

La SNCF assaillie de toutes parts ? D’un côté, des associations cherchent à relancer des voies méprisées, de l’autre des opérateurs étrangers s’installent. Et nous nous en réjouissons. Voilà qui était inconcevable il y a encore quelques années. La SNCF a converti le pays aux mérites de la concurrence. 

La SNCF appartenait, en fait, à l’économie sociale. Le pays avait mis en commun ses ressources pour s’assurer un système ferroviaire efficace. Mais comme cela a été le cas pour quasiment toute l’économie sociale (assurances, mutuelles, coopératives), des intérêts particuliers s’en sont emparés (syndicats, hommes politiques, etc.) et ont détourné le projet à leur profit. Les dommages sont tels que l’entreprise ne peut plus se réformer de l’intérieur. Dommage, parce que une SNCF – économie sociale était probablement la solution la plus favorable aux intérêts du pays, et de ses citoyens. 

Comme l’Education nationale, c’est une question de « bien commun ». Relisons Elinor Ostrom ? 

Incurable France ?

Max Weber disait, en substance, que la seule personne incompétente dans un Etat était celle qui le dirigeait. 

Le principe de la démocratie est de donner le pouvoir à quelqu’un comme vous et moi. Dans la pratique, le mécanisme électoral fait qu’il s’agit d’un politique, ou d’un inspecteur des finances. Ce qui est encore pire. 

Or, cet incompétent se comporte comme s’il était omniscient, et décide de notre vie. 

Comment éviter cet effet pervers ? Que les compétents administrent le pays ? C’est à dire que la population se gouverne elle-même. C’est le modèle de la « gestion des communs » d’Elinor Ostrom.

Elinor Ostrom tire son analyse d’observations. Pourquoi ne cherchons-nous pas à les imiter ? 

Peut-être parce que la situation actuelle nous va bien. Nous attendons tout du président, tout en sachant qu’il ne peut rien. Ce qui nous permet de critiquer son incompétence. Et donc de nous donner l’impression d’agir, sans n’avoir rien à faire ?

Passoire anglaise

Je me suis demandé si Tinker, Taylor… avait à voir avec l’affaire Kim Philby. Non. Mais ce qui est surprenant est que d’une certaine façon l’affaire Philby est bien plus redoutable que ce que raconte John Le Carré. En effet, au moins cinq hauts fonctionnaires anglais coopéraient avec les Soviétiques. C’est un peu comme si, séduits par les idées d’une autre nation, une promotion d’inspecteurs des finances travaillait pour elle… Terrible et ridicule à la fois ? 

Nos démocraties ont une faille ? Elles ne contrôlent pas ceux qui les dirigent ?

(L’autre jour, la BBC annonçait que l’Allemagne avait découvert un espion anglais, qui travaillait pour les Russes… Une fois acquises, les habitudes ont du mal à disparaître ?)