Irresponsabilité sociale

Arrêts maladie : l’État lance la traque numérique
Face à la dérive des comptes, le gouvernement instaure un « bouton d’alerte » pour permettre aux entreprises de signaler les absences suspectes. Un durcissement majeur du contrôle qui vise à freiner un phénomène devenu structurel.

(La Tribune du 9 avril.)

La Sécurité sociale est un exemple type d’un éternel casse-tête. La société met en commun ses ressources pour aider ses membres, mais ceux-ci, aveuglés par leur égoïsme, profitent du système, ce qui lui est fatal.

Défense européenne

M.Macron propose de partager l’arme nucléaire française. Mais comment se répartir son coût et décider, vite et bien, de son usage ? Surtout, il faut amener la défense européenne au niveau de celle des Israéliens, c’est-à-dire qu’elle doit être capable d’arrêter des missiles et des drones. Intelligence et finance collectives…

Comment amener l’intérêt particulier, en particulier celui de la Hongrie, à comprendre l’utilité de l’intérêt général ? Et surtout comment faire avec la roulette russe qu’est l’élection démocratique ?

Créer une défense européenne pose une curieuse question de gestion d’un « commun ». Si l’on parvient à la résoudre, l’humanité aura fait un grand progrès.

(Réflexions suscitées par Affaires étrangères.)

La bataille de wikipedia

Wikipedia est visiblement un champ de bataille. Tous les rédacteurs un peu sérieux que j’ai rencontrés me l’ont confirmé. Chaque lobby tente d’influencer le lecteur.

On peut noter, au passage, que le lobby des intellectuels a un avantage à ce jeu. Mais aussi les lobbys des « puissants », qui peuvent se payer des intellectuels.

Mais est-ce un succès ? En tous cas, cela montre la difficulté de faire vivre un « bien commun ».

(Et il paraît que les algorithmes d’IA se nourrissent des textes de wikipedia : « garbage in garbage out » ?)

En Estonie, la réécriture de l’histoire sur Wikipédia inquiète
Les contributeurs ont constaté récemment des modifications préoccupantes concernant le pays balte sur les pages en anglais de l’encyclopédie, leur faisant craindre une opération d’influence visant à présenter une version prorusse des événements.

Le Monde du 22 janvier

Droit international ?

L’intérêt que présente le président Trump est de nous poser la question du droit international. Dans le système actuel, ce sont les criminels qui sont les juges.

Comment remédier à cette situation ? Le système actuel de justice, même s’il pouvait s’exercer au dessus des nations n’est pas satisfaisant. La preuve de cet échec est la cour suprême américaine, qui est à la botte de Trump. Faudrait-il appliquer les travaux d’Elinor Ostrom concernant la gestion des biens communs ?

Dans ce cas, le juge n’est pas individuel, mais collectif. C’est toute la communauté qui gère le bien commun. Ce qui bloque toute possibilité de changement. En particulier, le signalement des infractions se fait presque instantanément, ce qui empêche toute dérive incontrôlable. Et la justice est apprentissage collectif. Chaque incident est l’occasion d’une réflexion sur la raison d’être du bien et sur la bonne façon de l’administrer. Seulement pour que tout ceci puisse avoir lieu, il faut un accord collectif. Ce qui demande, généralement, quelque crise qui suscite de tous une grande anxiété de survie.

Communisme

Ne sommes-nous pas en train de réaliser la fusion de l’humanité ? Le cours de l’histoire serait-il déterminé ? L’analyse de Hegel a quelque-chose de fascinant, car elle est d’une logique « infernale ».

Mais alors, comment éviter la pensée unique, la culture unique, un monde qui se recroqueville sur lui-même et se trouve fort dépourvu au moindre incident, faute de pratique ? Vers la paix perpétuelle de Kant ? Maintenir des cultures combattantes ?

Comment ? Par le « communisme » ? Mais pas au sens de Marx, au sens d’Elinor Ostrom ? C’est-à-dire, un auto-contrôle par l’humanité de quelques règles communes nécessaires au bon fonctionnement de l’humanité ?

Chauffard

Will a return to risk-taking rouse animal spirits?
The drive to deregulate in the UK, US and Europe could unleash growth — or sow the seeds of the next crash
Financial Times 18 juillet

Qu’est-ce qui se trame aux USA ? Paradoxalement, M.Trump donne (presque) l’image de la sagesse, si on le compare à ses compatriotes. Lui a un plan. En revanche, les grandes fortunes locales sont prêtes à lui donner beaucoup pour pouvoir se jeter à ses pieds. Et toute l’Amérique fait désormais, vis-à-vis des faibles, du Trump. Ses esprits animaux ne demandaient qu’un signal pour se libérer ?

Va-t-on se rappeler que le propre des USA, depuis ses origines, est la crise spéculative ? Et que celle de 29 est à l’origine d’une guerre mondiale, qui a inauguré le génocide et la bombe atomique ?

Mais que savons-nous des plans de ceux qui nous gouvernent ? Quelle est la « certaine idée de la France » qu’ils veulent réaliser ? Ne sont-ils pas convaincus que nous sommes incapables de comprendre leur génie, auquel nous ne pouvons qu’opposer notre « résistance au changement » ? Or, « dans l’éloignement presque infini où ils vivaient de la pratique, aucune expérience ne venait tempérer les ardeurs de leur naturel« , disait déjà Tocqueville des pères de la Révolution.

Le citoyen est certainement conscient de cet état de fait. Il espère qu’il survivra à une sortie de route. Et que l’accident aura enseigné la prudence aux prochains candidats conducteurs. Pourrait-on faire mieux ?

(Anecdote : ce billet a été écrit bien avant la citation qui en est le commencement. Sans s’être consultés les deux parlent « d’esprits animaux »… Faut-il s’en inquiéter ?)

Sarko 2 ?

Soudainement, le discours de M.Trump, vis-à-vis de M.Poutine, change.

Résultat d’une négociation avec les Occidentaux ? Je peux dire à mes électeurs que vous avez augmenté massivement vos dépenses militaires, en échange je dis que j’appuie l’Ukraine ?

Les uns et les autres vont-ils tenir leurs engagements, sachant qu’à long terme, on est tous morts ?

En tous cas, cela pourrait signifier que tout le monde commence à comprendre comment parler à M.Trump.

Et il ne serait pas idiot que tous ceux qui profitent de la démocratie partagent, en fonction de leurs moyens, les frais de sa défense.

(Suite du billet précédent.)

De l’utilité du blog

Un jour un ami m’a dit qu’il ne voyait pas l’utilité de mes billets.

J’ai détourné la conversation pour ne pas être déplaisant. En effet, j’aurais pu lui répondre qu’il n’avait pas lu Mancur Olson.

Ce blog illustre sa théorie. Ce n’est pas un bien public, contrairement à ce que l’on peut croire. Il est exclusivement dans mon intérêt. S’il peut-être utile à d’autres, tant mieux.

Qu’est-ce que je lui trouve ? L’écrire me force à penser. C’est curieux, mais la pensée ne semble pas spontanée. Ensuite, il me permet de garder une trace de mes idées et de références qui pourront m’être utiles un jour. Je laisse juste assez d’indices pour pouvoir m’y retrouver. En particulier, je donne rarement les liens qui justifient mes propos (ce que me reprochait un autre ami, qui n’avait pas, non plus, lu Mancur Olson).

Et si mes articles sont généralement aussi courts, cela tient à ce que j’ai peu de temps à leur consacrer, et qu’il est ennuyeux de faire de longues phrases, ou de répéter ce que l’on a déjà écrit. Tant pis pour le lecteur !

Programme commun

Comment rendre ce blog altruiste ? (Suite d’un billet précédent.)

Une première solution serait de le faire écrire par un martyr. Mais cela existe-t-il ?

La seconde serait le communisme. Pas au sens de Marx, mais d’Elinor Ostrom.

Ce communisme est celui, pas très au point, de wikipedia, ou, mieux, de la communauté open source. Il consiste à ce que la communauté à laquelle est destiné le bien commun adopte un cadre de règles qu’elle va améliorer et faire respecter de manière naturelle. La communauté s’auto-contrôle par des mécanismes qui appartiennent au cours normal de sa vie.

Le libéral et la cigarette

Le gouvernement britannique veut interdire la cigarette aux moins de 13 ans, une partie des conservateurs s’y oppose : interdit d’interdire !

La question qu’ils posent n’est pas que conservatrice. Y a-t-il de grands principes que l’on doive appliquer aveuglément ? Ou faut-il, en permanence, comme le font les religieux, réinterpréter les textes de loi ? Non seulement en se disant que nous ne les avons pas compris mais aussi que ceux qui les ont écrits n’avaient peut être pas été assez loin dans la compréhension de ce qui est bon pour l’humanité ? Après tout, c’est comme cela que procède la science…

(Curieusement, c’est Liz Truss qui semble diriger la fronde conservatrice. Ce qui prouve que le ridicule ne tue pas ?)