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Bergson
il bâtit des démonstrations quasi mathématiques. (S’il n’avait pas choisi la philosophie, il aurait probablement été un des grands mathématiciens de son temps.)
Il voit l’évolution comme une lutte entre la matière et l’esprit. Le « progrès » (au sens progression) se fait lorsque l’esprit parvient à s’échapper. Ne pas confondre esprit et intelligence. L’intelligence n’est qu’un outil de manipulation de la matière. Bergson cherche donc à aller là où se trouve le rayonnement « divin » (faute d’un meilleur terme), en plus ou moins affaibli. Donc au delà de la raison. Il y a des gens qui y ont accès. Ce sont, par définition, les mystiques. Et comme c’est ce rayonnement, « l’élan vital », qui est aussi amour, qui est à l’origine du « progrès », ce sont ces mystiques qui sont les agents du changement. Ce sont des gens d’action. (Jeanne d’Arc.) Mais, comme ils ne sont peut-être pas assez mystiques, ou assez nombreux, le progrès ne fait que des sauts de puce, et ne parvient pas à être continu. Cependant, chaque mystique laisse une trace de ce qu’il a fait (textes religieux, etc.). Le commun des mortels ne le comprend pas. Mais un nouveau mystique fera renaître cette pensée à partir de sa trace. La religion chrétienne aurait le potentiel d’être une religion « dynamique », c’est-à-dire adaptée au « progrès ». (La religion classique, « statique », est le contre-poids à une intelligence fabricatrice, qui, sans cela, fabriquerait un désert.)
Vivre comme un dieu
« L’humanité gémit, à demi écrasée sous le poids des progrès qu’elle a faits. Elle ne sait pas assez que son avenir dépend d’elle. A elle de voir d’abord si elle veut continuer à vivre. A elle de se demander ensuite si elle veut vivre seulement, ou fournir en outre l’effort nécessaire pour que s’accomplisse, jusque sur notre planète réfractaire, la fonction essentielle de l’univers, qui est une machine à faire des dieux.«
Les deux sources de la morale et de la religion
Le changement selon Bergson
Le changement naît tout armé, et fini.
L'humanité gémit
Proust et Bergson
Spinoza et Bergson
La mort comme malentendu
Henri Bergson de Vladimir Jankélévitch
Si un Américain avait écrit ce livre, on aurait eu « Bergson pour les nuls ». Il vous aurait expliqué simplement la pensée de Bergson. Ici on a un traité typique de l’école philosophique française. Quand un philosophe français parle d’un philosophe, il considère que lui et vous avez fait les mêmes études. Il n’explique pas, il commente ! Et il le fait avec une infinie subtilité. Si bien que, si vous n’êtes qu’un simple mortel, incapable de sortir en tête de l’agrégation de philosophie, vous êtes perdu. En France, l’apprentissage est une souffrance ?… Ou une séduction ?…
Vladimir Jankélévitch fait donc l’exégèse de l’œuvre de Bergson. Il y distingue des thèmes sur lesquels il se livre à des variations subtiles, avec modestie et brio. C’est remarquablement bien écrit. Et cela a bercé quelques-uns de mes trajets en métro et en train de banlieue, à une époque de ma vie qui n’était pas très heureuse. Merci Vladimir !
(Vladimir Jankélévitch, Henri Bergson, Quadrige, 2015.)
