- Mon début d’enquête sur le Trotskysme et les Trotskystes.
Étiquette : Bensaïd
N.Sarkozy conquérant de l’impossible ?
- Sur Napoléon, voir le deuxième tome des Mémoires d’outre tombe de Chateaubriand.
- Curieusement Trotsky utilisait beaucoup la révolution française et Napoléon comme modèles d’analyse du monde de son époque. Notre intelligentsia serait-elle inspirée par le Trotskysme ? (Bensaïd, Daniel, Les Trotskysmes, Que sais-je ?, 2002.)
- Sur les aspirations du Français : Crise de la représentation politique.
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J’ai vu ce film parce que je n’avais rien d’autre à voir. Je craignais un discours bien pensant. Et j’avais tort. Non seulement le film est simple et bien fait. Pas prétentieux pour deux sous. Mais il n’y a pas de bons et de méchants. Chacun à une logique compréhensible et respectable.
Le plus intéressant, je crois, est le contraste entre le héros et son ex femme. Elle, c’est l’intellectuelle qui sympathise immédiatement avec la cause des immigrants. Lui est une sorte de Français moyen qui n’a pas d’idée sur la question, probablement du côté hostile. Peut-être est-ce là la raison de leur divorce : sa médiocrité ? Pour l’impressionner, elle, il héberge deux clandestins, une nuit. Il se prend de sympathie pour l’un d’eux, à tel point qu’il se met à vouloir l’aider. Cela devient une obsession, qui ne peut le lâcher, et qui fait peur à sa femme et à l’ami de celle-ci, qui le jugent déraisonnable.
Eux calculent (même si c’est pour le bien de l’humanité), lui pas. Est-ce là la différence entre l’intellectuel et celui qui ne l’est pas ? Ce que j’ai entraperçu dans les propos de R.Debay et de D.Bensaïd ? L’intellectuel compte, évalue, il n’a pas de conviction chevillée au corps, il rationalise autant qu’il raisonne, c’est un médiocre facilement manipulable ? Il fait la révolution parce qu’on lui a dit que c’est bien de la faire ? Quant au Français moyen, c’est son inconscient qui parle, il réagit plus lentement que l’intellectuel, mais quand il est en marche, rien ne peut l’arrêter, pas même la mort ? Il est poussé par des raisons bien plus puissantes et fondamentales que toutes les raisons que la raison peut inventer ?
S’il y a quelque chose de mal, c’est l’évolution de la loi, qui semble dire qu’il est un crime d’avoir le moindre contact avec les immigrants. Les descentes de police qui s’ensuivent, les délations que cela provoque et qui rappellent les plus belles heures de la collaboration. Un état qui fait de la solidarité, vertu sans laquelle il n’y a pas de société, un crime est sur une pente inquiétante. Il est bien plus inquiétant encore qu’il puisse ainsi modifier les lois sans que les mécanismes de la démocratie ne provoquent un débat préalable.
Compléments :
- Je suis probablement proche de Rousseau dans mes points de vue sur l’intello et le primitif (Inégalités). Ils vont aussi dans le sens de la scène finale des Sentiers de la gloire, le film de Kubrick.
- Cette discussion relève aussi de la distinction entre éthiques de valeurs et de responsabilité de Weber.
Debray, Bensaïd et la révolution
Hier j’intercepte une discussion entre Régis Debray et Daniel Bensaïd (sur France Culture). Ils évoquent leurs souvenirs d’anciens combattants. Ils se demandent pourquoi la jeunesse moderne n’est plus aussi révolutionnaire que la leur. Voici ce que mon imparfaite mémoire en retient.
- La révolution, ça s’apprend dans les livres. Visiblement c’est une affaire d’intellectuels.
- La jeunesse intellectuelle lit autant qu’avant, mais il n’y a plus de courants philosophiques des années 60 pour structurer l’information qu’elle absorbe, lui dire quoi penser et quoi faire.
- Dans les années 60, l’intellectuel croyait à la vertu rédemptrice de la violence. Cela a passé de mode. Heureusement peut être, mais être révolutionnaire a de ce fait perdu beaucoup de sa séduction.
- Et il y a le chômage, le mal de notre temps. Pour faire la révolution, il faut être libre d’esprit, ne pas être inquiet pour son emploi.
Paradoxaux révolutionnaires, moutons de panurge, pantouflards et matérialistes, vivant dans un monde abstrait. Pour la bourgeoisie intellectuelle, la révolution est une mode, une distraction ?