Découverte de Paul Bénichou. Ce Juif algérien est le produit classique de l’ascenseur scolaire français du début du siècle. Repéré pour ses talents, il est propulsé à Normale sup. Il y devient surréaliste (une aristocratie, qui considérait la société avec condescendance).
Spécialiste de littérature française et ibérique. Il semble avoir étudié Baudelaire pour une raison qui m’intéresse : qu’est-ce qui peu expliquer la naissance de l’intellectuel déprimé ? (Autrement dit le Bobo, invention qui nous est due.)
Son idée serait que la religion a perdu toute crédibilité au temps des Lumières. Une élite intellectuelle a surgi, à sa place. Mais les illusions se sont dissipées. Le romantisme est apparu, en réaction. L’intellectuel a conservé ses prétentions à l’autorité morale, mais il a perdu son optimisme triomphant. Le philosophe des Lumières a cédé la place au poète, qui se complaît dans les ténèbres ?
Le bon plaisir, de France culture.
(Paradoxalement, la fiche wikipedia anglaise de Paul Bénichou est infiniment plus sérieuse que son équivalent français.)
