Jean Lurçat appartenait à mon vernis culturel. Illustre inconnu.
Je savais vaguement que son nom était associé à celui de la tapisserie. Mais je ne savais pas qu’il avait été un peintre célèbre dès sa prime jeunesse et qu’il avait été un grand résistant.
Curieusement, ses théories rejoignent les miennes. Il est ridicule, me semble-t-il, de voir les châteaux et monuments historiques comme des ruines, comme des pierres. Ce qui faisait leur âme était leur décoration. Meubles, tapisseries et autres. Je crois que c’est ce qu’il pensait. Et il voulait une tapisserie qui soit de son temps. Non qui singe le passé, comme le désirait Pétain.
Ironie du sort. Comme pour tout homme au sommet de sa gloire, il croyait avoir changé la face du monde, que l’avenir appartenait à la tapisserie. Eh bien, l’histoire ne lui a pas donné raison.
Pour ma part, je le trouve un peu trop de son temps. Il semble avoir appartenu à une mode, celle de la maison de la culture d’Argenteuil, qui a mal vieilli. L’artiste durable ne peut-être reconnu par ses contemporains ?
(Emission de France Culture.)