Cervantès

Que dire de Cervantès ? Une vie d’aventurier et de mauvais garçon. Paradoxalement, un talent littéraire exceptionnel.

Paradoxe apparent ? Beaucoup d’artistes lui ressemblent : Villon, Marlowe, Le Caravage, peut-être Rimbaud. Certainement d’autres. Quand un fou-furieux a du talent, il a beaucoup de choses à raconter ? Une autre façon de dire que les gens heureux n’ont pas d’histoire ?

(Emission de France culture.)

Barbey d’Aurevilly

Faudrait-il reconsidérer Barbey d’Aurevilly ? me suis-je demandé en écoutant une ancienne émission qui lui était consacrée. Ce qui est certain est que ses nouvelles gagnent à être lues par de bons acteurs. Mais, ce sont de bonnes histoires, sans plus.

Barbey d’Aurevilly semble avoir surtout su se mettre en scène (il se grimait) et épater le bourgeois. En cela il ressemblait à Oscar Wilde, et peut-être à tous les artistes de son temps ?

(Réflexions venues de France culture : Cent ans de spiritualité dans les Lettres françaises – Jules Amédée Barbey d’Aurevilly (1ère diffusion : 04/03/1952).)

Iliade

L’Iliade, c’est la colère que provoque l’injustice. Voilà ce qui m’est venu à l’esprit en en écoutant des extraits. Cela m’a aussi rappelé ce que dit Clifford Geertz des traditions balinaises qu’il observe.

N’est-ce pas cela l’art ? Nous mettre en face des grands mystères incompréhensibles de la vie, mais essentiels, de ce qui déroute la raison, des passions en particulier ? De ce que Spinoza ne pouvait pas comprendre ? Mystères qui font la vie, et donc que l’on doit apprendre sans les comprendre, en les vivant, par le seul moyen de l’art ?

Prix de l’art

On oublie que l’artiste est aussi et avant tout un commerçant. Il ne peut vivre sans clients. En fait, les artistes de jadis étaient des artisans. Chaque grande fortune de ce temps avait le sien. Quand ils voyaient qu’un tableau avait du succès, ils le produisaient en série. Concordance des temps.

Progressivement, l’art est devenu spéculatif. Je me demande si ce n’est pas le surréalisme qui lui a donné sa forme actuelle. Le surréalisme est de l’hyper concret qui fait croire qu’il cache des vérités profondes. L’idéal du néant intellectuel qu’est le spéculateur ?

Verlaine

Je suis un mauvais lecteur de vers. J’aime qu’on me les dise. J’espérais le salut de France culture, qui consacre à Verlaine une série de rediffusions.

Malheureusement, elle traite plus de la vie que de l’oeuvre. Curieusement, on s’y lamentait de ce qu’il est toujours question des mêmes poèmes, or, c’était ceux-là mêmes qui étaient lus.

Verlaine semble pétri de contradictions. Un bon à rien paresseux, ivrogne, violent, homosexuel refoulé (ce que l’on ne disait pas dans ma jeunesse), ayant, par dessus le marché, un besoin maladif de respectabilité. Il a vécu en misérable, dans un café. L’art fut-il le moyen d’échapper, par instants, à un tel désastre ?

Agnieszka Holland

Découverte. Agnieszka Holland est apparemment une réalisatrice polonaise importante.

En l’écoutant parler de sa vie, j’ai pensé que l’empire soviétique avait été un berceau idéal pour l’artiste. Il l’aimait et lui donnait une excellente éducation, classique, internationale, mais aussi en faisait un polyglotte, et surtout le plongeait dans le drame du totalitarisme, magnifique source d’inspiration.

Ainsi formé, une fois passé à l’Ouest, le dit artiste s’y trouvait comme un poisson dans l’eau. Allant de nation en nation, au gré de ses intérêts. Mais peut-être n’étant bien nulle part.

Pour une raison que je n’ai pas bien saisie, Agnieska Holland s’est établie en France. Elle n’a d’ailleurs pas été bien accueillie par les intellectuels de gauche, son bord, lorsqu’elle est arrivée dans les années 80. En fait, la France ne paraît plus avoir grand chose en commun avec la nation des droits de l’homme qui attirait les combattants de la liberté de tous les pays. Elle semble petite et provinciale.

Emmanuel Krivine

Musicien malheureux ? Il était exceptionnellement doué pour le violon, mais ne voulait pas être violoniste. Un accident de voiture l’a heureusement forcé à abandonner cette carrière. Il se lamente de l’évolution de la musique qui n’est plus que performance, à l’image du sport. Certes il demeure des musiciens authentiques, pas, d’ailleurs, les stars usuelles, mais il se sent écrasé par leur talent !

Peut-être finalement a-t-il trouvé son bonheur dans une communauté de musiciens qui semble inspirée de quelque utopie du 19ème siècle ?

(France culture.)

Interprétation

Wikipedia me montre un étrange tableau.

On est en Hollande, au 17ème siècle. Un bourgeois tout de noir vêtu, curieusement assis sur le pas de sa porte regarde une mendiante famélique, qui tend la main. Elle paraît très âgée, mais ne doit pas l’être, vu qu’un petit enfant l’accompagne.

De la maison sort une jeune fille richement habillée, à l’air malsain.

Qu’en penser ?

Eh bien, il semblerait que l’homme en noir ait commandé le tableau. Il se montre donc probablement fier de sa réussite, bon père, et homme charitable.

Méfions-nous des interprétations hâtives ?

Negro spiritual

Le Negro spiritual. Il semble que ce fut un langage, qui permettait à l’esclave d’exprimer ses souffrances, mais aussi un espoir : il s’identifiait au peuple élu, déporté à Babylone. Le Negro spiritual aurait aussi été inspiré par les cultures des dits esclaves.

Ce qui est surprenant est que les noirs américains ont de multiples origines et qu’ils sont le fruit de multiples mélanges. Ce n’est pas la génétique qui fait les cultures ?

(France culture : Les vivants et les dieux – Symboles et religions « Le negro spiritual ».)

Horizon chinois

Le Chinois n’aurait pas d’horizon.

Son art n’est pas le même que le nôtre. Alors que ce dernier semble avoir cherché longtemps à être une photographie, l’art chinois paraît plutôt être un langage. L’histoire d’une expérience.

Ce qui, au fond, est peut-être la règle générale. A la fois la photo, supposée exacte, et l’art abstrait, que personne ne comprend de la même façon, sont des exceptions.