Parler aux oiseaux

Des hommes et des oiseaux s’entraident pour trouver des ruches. L’oiseau indique où elles se trouvent, l’homme prend le miel, et laisse la cire à l’oiseau.

Curieusement, ils se parlent et, plus curieusement, leur langage commun diffère d’une région à une autre. (Article.)

Après tout, pourquoi serait-ce surprenant ? Nous parvenons bien à parler aux animaux dits « domestiques ». Et dans notre langue. Et à chasser avec certains d’entre eux.

Comme l’homme, l’animal semble avoir une capacité à apprendre. Et, peut-être aussi que l’homme a tendance à vouloir parler à tout le monde, y compris aux plantes. Ce qui réussit parfois ?

Dinosaure vole

Le dinosaure et l’oiseau. On a découvert que certaines espèces de dinosaures portaient des plumes. Et que les oiseaux descendent des dinosaures.

Les plumes ont plusieurs fonctions présumées : elles réchauffent, associées à un squelette allégé, elles permettent de voler, mais, aussi, elles sont belles. Et la beauté est un facteur de reproduction.

Voilà qui défie la raison et Darwin : il semble que, dans l’espèce humaine comme ailleurs, la femelle préfère le bellâtre. Jusqu’à en pincer pour le castrat, comme à l’époque de Farinelli.

Un peu de fantaisie aurait-il du bon ? L’aléa, en évitant de creuser le même sillon, est créatif ? A moins que ce ne soit un moyen d’égaliser les chances, le dominant s’accouplant à un « individu objet », et ne pouvant, donc reproduire sa domination ?…

(L’idée de l’article vient de In our Time de la BBC 4, les considérations suivantes, peu scientifiques, sont de moi.)

Migration

Pourquoi les oiseaux migrent-ils ? (In our time, BBC)

Je retiens de l’émission que, comme souvent, on en sait beaucoup moins qu’on ne le croyait précédemment.

En particulier, il semblerait qu’au sein d’une même espèce, tout le monde ne migre pas. Ce serait d’ailleurs plutôt les jeunes que les vieux qui voyageraient. Comme chez les humains, les âgés resteraient dans leur maison de campagne.

Comment font-ils pour trouver leur route ? Ils font appel à des mécanismes extrêmement complexes, et pas encore bien connus.

Ce qui m’a fait penser à Bergson et à la musique. Il remarque qu’une note de musique n’a aucun sens. Que c’est la mélodie qui lui donne une signification. Autrement dit, le temps n’est pas découpable en morceaux. Je me demande s’il n’en est pas de même pour l’espace. Tout est relié à tout ?

Torture animale

J’entendais parler de jeunes gens très brillants qui se sont engagés dans des études sur le cerveau. Pour un inculte tel que moi, leurs travaux sur l’animal ressortissent à des tortures difficilement concevables.

Bien sûr, on dira que l’homme est la mesure de toute chose, et que ces travaux profitent certainement à notre santé. Seulement, même cet argument n’est pas sûr. Car entre l’animal et l’homme, il n’y a qu’un cheveu. Et la tentation est grande de le franchir.

Alors, que faire ? Et si des scientifiques se donnaient pour contrainte de chercher à atteindre les mêmes objectifs que leurs collègues, mais avec d’autres moyens ? Qui sait ? Au moins cela ferait progresser la science.

Le gorille et le virus

Webinaire sur les gorilles de Dian Fossey. Aujourd’hui, il sont 300, et ils sont étudiés et protégés par 600 humains. (En un temps où on parle tant de la nature en danger, serait-ce un modèle d’organisation à imiter ? La protection de l’animal faisant vivre l’homme ?)

Parmi les observations curieuses : le gorille et le virus. Les virus humains contaminent les gorilles. (Il est aussi possible que l’envers soit vrai.) Les gorilles vivent en groupes. Quant un virus touche un membre du groupe, il contamine tout la groupe. Mais les groupes ne se contaminent pas entre eux, alors qu’ils entrent en contact les uns avec les autres. Il semblerait qu’il adoptent, pour ce faire, une forme de « distanciation sociale ». 

Un enseignement ? Pour éviter les épidémies de masse, il faut éviter les rassemblements de masse ? 

Le langage des animaux

Maurice Genevoix raconte comment il s’est fait un ami d’un écureuil. Simplement en jouant avec la curiosité de l’animal, il l’a attiré à lui. Et puis l’écureuil l’a suivi chez lui. N’ayant pas eu le droit de l’héberger, il l’a mis sur son épaule, et l’a ramené en forêt. Pendant le voyage, l’animal s’est glissé dans une de ses poches et s’y est endormi. 

L’homme et l’animal peuvent-ils communiquer ? Je me le demande quand un chat, qui est entré dans ma maison, me regarde d’un oeil que je crois interrogatif. Je me le suis demandé quand un hérisson est venu se coucher, pour mourir, à côté de la porte de ma cuisine. Maurice Genevoix me fait me demander si j’ai toujours tort. 

Humaines bêtes

Certaines sociétés humaines disent que l’animal descend de l’homme. Cela semble évident lorsque l’on regarde cette vidéo :

L’homme a de curieuses idées. Il se croit, par exemple, un loup pour l’homme, alors que les loups sont fraternels. La caractéristique qui lui est propre serait-elle d’inventer des théories délirantes, et de les prendre pour la réalité ? Il a reçu le don de la raison ?

De la distanciation sociale chez les animaux

Prendre soin de sa « bulle » ! Les mandrills se tiennent spontanément à distance de leurs congénères malades, qu’ils identifient grâce à leur odorat, mais continuent à épouiller ceux qui font partie de leur proche parentèle. (Photo : Sabine Bernert)

Les animaux ont une « immunité comportementale« . Et ce, particulièrement, s’ils sont sociaux, donc susceptibles à la contagion. Ils semblent habiles à détecter le congénère infecté. Ensuite, ils paraissent faire un calcul de coût bénéfice. Plus le lien social est important pour l’espèce, moins ceux qui sont malades sont isolés ; plus leur fonction compte pour le groupe, plus ils sont protégés (le système de reproduction de la fourmilière) ; plus l’individu a un système immunitaire fort, plus il s’expose.  (Les animaux aussi gardent leurs distances, Dana Hawley et Julia Buck, Pour la science, septembre 2020)

Alors, l’animal a-t-il des leçons à nous donner ? Certainement. Outre le fait qu’il semble détecter les individus infectés, et mesurer la robustesse de son système immunitaire, il y a auto adaptation au niveau individuel. L’organisation humaine est extraordinairement inefficace, en comparaison. Elle a eu l’idée géniale du modèle technocratique, qui la fait dépendre d’un homme tout en haut d’une pyramide. Ce qui transforme l’homo sapiens en robot ! Bravo. D’autant que le haut de la pyramide est le meilleur endroit pour prendre des décisions stupides (par exemple inspirées par la peur de perdre la face).

Si nous voulons que notre développement soit durable, il va falloir que l’homme apprenne à faire la bête ?

Expérimentation animale

Impact du stress sur l’apprentissage de l’oiseau. Une expérience. Voici comment on s’y prend pour la mener :
For the study, the research team took 13 broods of zebra finch hatchlings and fed half of the chicks in each brood with physiologically relevant levels of the stress hormone corticosterone dissolved in peanut oil, and the other half – their control siblings – with just plain peanut oil. The chicks were treated each day for 16 days from the ages of 12 days old.
Ce qui pose quelques questions :
  • Est-ce bien naturel de procéder ainsi ? Les conditions de l’expérience ne risquent-elles pas de biaiser son résultat ? 
  • L’expérience n’est pas gratuite, les expérimentateurs ont une idée derrière la tête (If developmentally stressed birds occupy more central network positions and follow many others around, this might make them especially efficient spreaders of disease, as stressed individuals are also likely to have weakened immune systems). Cela peut expliquer sa bizarrerie. Mais ne risque-t-on pas de trouver ce que l’on cherche ? 
  • Quid de l’attitude de l’expérimentateur à la nature ? Se servir de la nature comme un moyen et non une fin, ne risque-t-il pas de nous jouer de mauvais tours ? Science sans conscience ?

Beauté animale. Exposition du Grand Palais.

Je n’avais pas réalisé que la représentation de l’animal en tant que tel est récente. Apparemment elle aurait commencé avec Dürer. L’Allemagne a été la première à le peindre.

Alors, l’homme se détache de la nature, qui devient objet d’étude ? Les rois font représenter les animaux qu’ils côtoient, puis ce sont les cabinets de curiosité, les peintres du 19ème représentent le mouvement animal, il y a aussi l’animal de compagnie, puis l’animal en voie de disparition, et, enfin, son image suit l’art vers l’abstraction.

J’ai remarqué : un livre immense d’Audubon ; un curieux anonyme allemand du début du XVIIème représentant un grand nombre d’oiseaux ; un dessus de porte de Goya, deux chats s’affrontant ; deux sculptures de Pompon, artiste inconnu de moi et qui semble d’une aspiration proche de celle de Brancusi, autre élève de Rodin (photo: l’ours qui clôt l’exposition, venu de Wikipedia)