En 2016, un fanatique du Brexit assassine Jo Cox, une jeune députée, mère de deux enfants. Sa soeur devient le porte-parole de sa famille et de la réconciliation de la nation. Elle se révèle un tribun exceptionnel. Contre toute attente, elle reprend le siège de sa soeur au parlement. Et, à la surprise générale, elle vient de mettre à l’ordre du jour du parlement la question de la « mort assistée ». C’est maintenant le grand débat de société en Grande Bretagne.
Notre « classe politique » aurait besoin de telles personnalités pour retrouver notre estime ?
Mort assistée : sujet de discussion en Angleterre. Si je comprends bien, le public est pour, le professionnel contre.
J’ai commencé ma vie professionnelle dans la conception assistée par ordinateur (CAO). Maintenant que l’intelligence artificielle est partout va-t-on avoir une MAO ?
En tous cas, cela me rappelle un anthropologue, que cite d’ailleurs ce blog. Il avait étudié un EHPAP, et avait eu beaucoup de mal à s’en remettre. L’homme en fin de vie n’était plus qu’un légume, vache à lait de l’industrie pharmaceutique. Il regrettait la conception de la mort des cultures anciennes.
Utilisons notre intelligence naturelle pour inventer une belle fin à notre histoire ?
Livre bien écrit et pourtant difficile à lire. C’est un peu comme chez Bergson : à force de vouloir démontrer, je perds le fil de ce que l’on essaie de démontrer.
Pourtant l’histoire est simple. Le cerveau est fait de deux parties, la gauche et la droite. Elles sont quasi indépendantes l’une de l’autre. Cette indépendance tient à une cause naturelle : lorsque l’on accomplit une tâche, il faut garder un oeil sur les menaces alentour. Un cerveau, terre à terre, n’est préoccupé que de basses besognes, alors que l’autre est ouvert sur l’inconnu, la complexité, la réalité. En fait, le gauche est « l’émissaire » du droit. Le cerveau droit est le cerveau intelligent, le cerveau humain, alors que l’autre n’est qu’un exécutant.
La thèse du livre est que l’exécutant a pris le pouvoir sur le maître. Et que cela va nous être fatal.
La première partie explique le fonctionnement du cerveau. La seconde montre qu’une étude de l’histoire occidentale illustre la prise de pouvoir du cerveau gauche. En effet, on peut corréler nos actes, et ceux de nos sociétés, avec les caractéristiques de l’un ou l’autre.
Cependant, ce livre a une faille. Il est écrit dans la tradition des thèses érudites anglo-saxonnes, comme une recension d’ouvrages des penseurs qui ont marqué leur temps. Or, que reflète cette littérature, sinon la culture d’une infime partie de la société ? Comment en déduire quoi que ce soit sur l’ensemble de l’humanité ?
Anthony Blunt fut un des espions de Staline recrutés à Cambridge. Il semble que, grâce à eux, Staline était mieux informé que Churchill. Trop bien ? Les Russes ne leur auraient pas fait confiance ! Leur grande efficacité était louche.
Mais Anthony Blunt n’a pas eu à fuir son pays. Il a avoué et on l’a laissé tranquille. L’Etat anglais n’avait pas besoin d’un espion de plus. Il a pu poursuivre une très distinguée carrière d’historien de l’art et de conservateur des tableaux de la reine, et être ennobli. Jusqu’à ce que Mme Thatcher le dénonce.
Traitement honteux ? se demandait une émission de la BBC (Archive on 4, Anthony Blunt : a question of retribution ?).
Apparemment, les jeunes générations éprouveraient de la sympathie pour Blunt. Trouvent-elles qu’il est excusable de trahir sa nation ? Ou même que l’Angleterre d’alors, qui n’est pas très différente de celle de maintenant, était condamnable, et justifiait que l’on serve le Goulag soviétique ?
Il me semble que l’on doit se demander à quoi sert la justice : à corriger tel ou tel individu ou à guider les sociétés ?
Hier, il était interdit de parler d’immigration, maintenant, il n’est plus question que de cela.
La BBC interviewait des candidats à l’immigration installés en France et attendant un « petit bateau » pour venir en Angleterre. Explication : on trouve du travail en Angleterre, mais pas en France et en Allemagne. Voilà qui semble expliquer simplement pourquoi l’on ne peut pas mettre un terme à cette immigration.
Au passage, l’émission remarquait que les élus de l’autre côté de la Manche étaient quasiment tous RN. Lien de cause à effet ?
Kemi Badenoch, qui est-ce ? Les conservateurs anglais on un nouveau « leader ». Une femme. Elle est présentée comme à l’extrême droite du parti. Inquiétant.
Je me renseigne chez wikipedia. Elle est nigérienne, et fille d’un médecin et d’un professeur de physiologie. Une Nigérienne après un Indien, l’intégration, en Angleterre, n’est pas un vain mot. Un modèle pour le monde ?
Et ses théories sulfureuses ? Ce que j’en comprends est qu’elle dit que pour devenir citoyen d’un pays, il faut en partager les valeurs, et que, replacé dans son contexte, le colonialisme n’a rien de diabolique. Ce qui semble raisonnable.
Il se trouve que je suis tombé sur une « histoire des idées » de Whitehead. Il écrit à peu près la même chose : la démocratie s’est construite sur l’esclavagisme, c’est grâce à lui qu’elle a pu transformer le monde, et éliminer l’esclavagisme. On ne pouvait probablement pas avoir l’un sans l’autre. La seule chose que l’on puisse faire c’est d’être reconnaissant aux esclaves de nous avoir faits tels que nous sommes.
En fait ce qui n’est pas raisonnable est qu’il y ait là sujet à s’égorger, et non à discussion et à enseignement. Faillite de la raison ?
Airbnb rentals linked to increased crime rates in London neighbourhoods New research reveals a ‘positive association’ between the number of properties listed as Airbnb rentals and police-reported robberies and violent crimes in thousands of London neighbourhoods.
The study suggests that a 10% increase in active Airbnb rentals in the city would correspond to an additional 1,000 robberies per year across London.
Etrange phénomène : la présence d’AirBnB est corrélée avec une augmentation de la criminalité concernant l’ensemble du territoire sur lequel ils sont implantés (elle ne concerne pas uniquement les propriétés louées).
Si je comprends bien, cela tiendrait à la dislocation de la communauté, qui n’est plus assez solide pour résister à l’invasion des malfrats.
(Une question que l’article ne pose pas est : est-ce que l’occasion fait le larron, ou est-ce que l’offre de vol est constante et qu’une ville AirBnB pourrait réduire la criminalité dans un environnement qui ne le serait pas ?)
Temps bénis ? L’Angleterre des années 60. Une société qui connaissait encore des drames dignes de ce nom ? Qui n’avait pas sombré dans la banalité ?
Affaire Profumo. Un brillant homme politique, tel que l’on n’en trouve qu’au Royaume uni, est pris dans un scandale. Il partage une maitresse avec un espion russe. La crise est fatale au gouvernement. Paradoxalement, elle fera une victime innocente : un esprit original sorti du rang, accusé à tort de proxénétisme. Bouc émissaire ? La revanche de la morale puritaine ? Une tentative d’allumer un contre-feu ?…
Autre monde ? Où les hommes les plus en vue du pays partagent une vie de fête avec de jeunes aventurières.
Au fond, c’était probablement propre au temps. En France, nous avions Brigitte Bardot et Madame Claude. Mais pas l’aristocratie anglaise, qui est avant tout une aristocratie de talent.
Le plus intéressant dans cette histoire, entendue à la BBC (Archive on 4 : The Mandy Rice-Davies tapes) est la personnalité de celle qui la raconte. C’est une des deux jeunes (alors) femmes, qui sont au coeur de l’affaire. Milieu modeste, pas d’éducation, mais elle rêve de s’élever dans la société. Alors, à 16 ans, elle vend sa machine à coudre, elle achète un ticket de train pour Londres. Et elle joue si bien de son physique qu’elle est vite au centre de la haute société. Dont elle acquiert l’accent, d’ailleurs. Le début d’une vie d’aventures, « pleine à craquer », un « lent naufrage dans la respectabilité ». En tous cas, elle a su remarquablement intelligemment mener sa barque.
Curieuse histoire que celle des mots. Originellement, la rose n’était pas rose. Et le mot « rose » ne correspondait pas à une couleur. Ce que nous appelons « rose » était qualifié « d’incarnat ». Puis la rose est devenue rose, et son nom est devenu une couleur.
Un phénomène identique serait survenu en Angleterre. Mais il aurait concerné l’oeillet. Si bien que « rose » se traduit par « pink », oeillet.
Voilà ce que disait Concordance des temps de France culture, la semaine dernière.
1974. Attentats de l’IRA. La police met la main sur quelques pauvres types. Les fait avouer. Masque les preuves qui les disculpent. (Y compris les confessions des véritables coupables !) Ils sont jetés en prison. La plus haute justice du pays s’oppose à la révision de leur procès. (Bombers, Archive on 4, BBC.)
De temps à autre de telles erreurs judiciaires continuent à émerger, en Angleterre. Dernièrement, il y a eu la question des postiers (ou « sous-postiers »), qui ont été « massacrés » par un système d’information pourri.
Je me suis demandé si elles étaient si exceptionnelles qu’on le dit. Tout cela semble résulter d’un « système » (au sens systémique du terme), qui fait qu’il faut obtenir des résultats sans moyens, et que la police en vient à des expédients, et que la justice obéit à des impératifs politiques ou autres, qui n’ont rien à voir avec la justice. Et que c’est celui qui ne peut pas se défendre qui en est victime.