Aristote pensait que le bon gouvernement consistait à apprendre la vertu aux citoyens. Curieusement cela semble aussi le projet de notre gouvernement, qui a, comme ses prédécesseurs, un ministère de l’éducation nationale.
Pour ma part, je ne suis pas un partisan du lavage de cerveau. Je constate que ce que devrait veiller à éviter un gouvernement, c’est l’utopie, la révolution. Non-seulement celle-ci ne réussit pas, mais elle aboutit à une contre révolution. Le gouvernement devrait être prudent et éviter les mouvements violents.
Surtout, il devrait chercher à placer sa société dans des conditions qui la forcent à la sagesse. Henri Bouquin disait que la mission du contrôle de gestion était d’organiser l’autonomie. C’est l’idée.
De quelles conditions s’agit-il ? Difficile à dire. Probablement il faut qu’elles créent un milieu favorable à l’entraide. Autrement dit, l’individu doit se sentir en permanence quelque peu en danger. Un excès de protection est probablement un mal.
Enfin, ces conditions ne doivent pas pouvoir être remises en cause. C’est la question de la gestion des communs étudiée par Elinor Ostrom.