Inuit

Le Danemark s’est livré à une curieuse expérience. Il a extrait quelques enfants inuits pour leur donner une éducation danoise. Il pensait que, devenus grands, ils guideraient sagement un peuple alors en situation désespérante. (Witness history de la BBC.)

L’expérience a mal tourné. Comme pour les « boarding schools », les enfants, coupés de leur famille, ont subi un choc traumatique. D’ailleurs, rapidement, ils ne pouvaient plus comprendre leurs parents.

En écoutant l’émission, j’ai pensé à une autre peuplade colonisée : les Corréziens. Comment se sont-ils intégrés à la société moderne ? En grande partie parce qu’ils ont été attirés par ses feux, mais aussi grâce à l’école républicaine.

Il me semble que l’on ne peut pas maintenir certains peuples dans des réserves, comme on le fait aujourd’hui, histoire d’avoir bonne conscience. Ils ne peuvent que constater qu’ils sont considérés avec condescendance. Le changement corrézien sous la 3ème République, qui est aussi le changement auquel aspire l’émigré, est probablement le changement le plus naturel et humain.

La nature des USA

My word is my bond est la devise de la bourse de Londres. On pourrait penser que c’est aussi celle du capitalisme. Et pourtant, le propre des USA est de ne pas tenir parole. Aujourd’hui, mais aussi hier.

Au fond, nous, Européens, avons une idée totalement erronée des USA. Nous pensons qu’ils nous aiment parce que nous avons la même origine. Or, ils nous haïssent. Les pères fondateurs étaient des fanatiques, qui fuyaient l’Europe, qui les persécutait. Je pense que les Américains quelle que soit leur origine, nous en tiennent encore rigueur.

Ils nous ont aidé durant nos guerres fratricides. Mais ils ont tardé longtemps à défendre les démocraties. Et leur fortune et leur domination mondiale vient de ces guerres. (Leur attente était-elle un calcul ?) Avant Trump, déjà, ils ont vidé l’Europe de ce qu’elle avait de mieux : ses cerveaux. Le Plan Marshall ? La peur de la contagion soviétique, et la leçon de l’histoire : pour ne pas avoir aidé l’Europe en 19, les USA ont créé les conditions de la guerre de 40. (Et ont mis le feu aux poudres avec leur crise spéculative de 29.) Un Etat prédateur ?

D’ailleurs, très longtemps leur sympathie est allée au Nazi. (Lorsqu’il a fallu choisir entre Opel et Citroën, avant guerre, GM n’a pas hésité une minute.) Ils ont aussi terriblement aimé les dictateurs d’Amérique du sud. (La dernière fois qu’ils ont envahi le Panama, c’était pour en retirer un dictateur qu’ils y avaient installé.)

De même, les USA sont un Etat ultra religieux. Une sorte de fossile de l’histoire. Paradoxalement, l’URSS et la Chine communistes sont les héritiers directs des Lumières et de la France laïque. La nature réelle du conflit qui oppose ces deux blocs n’est-elle pas avant tout religieuse ? Les USA, démocratie ou théocratie ?

C’est aussi pour cela que, de temps à autre, les USA ne peuvent s’empêcher d’avoir de la sympathie pour le fondamentaliste. Ce fut le cas, durant la guerre russe d’Afghanistan. Et c’est ainsi qu’ils ont relancé la croisade islamiste, partout dans le monde.

Serait-il grand temps que nos illusions se dissipent ?

Hold up ?

Attention : théorie du complot !

Au temps de la bulle Internet et de la nouvelle économie, les universitaires américains et mes professeurs de MBA expliquaient que le marché financier était parfait et qu’il fallait vider les entreprises de leur argent et le lui donner. D’où plans de licenciement massifs et élimination de pans entiers de leur activité.

Or, quand on l’observe de près, le « marché » est constitué d’un petit nombre de membres des meilleures familles. Ils sont à la tête des grandes entreprises, des fonds d’investissement, et des cabinets de conseil. J’ai donc fini par penser que la théorie du marché était une forme de hold up.

Récemment, j’ai étendu ma théorie à la start-up. Car, depuis quelques années, il est question « d’open innovation ». L’entreprise ne crée plus, dit-on. L’innovation vient de la start-up. La grande entreprise achète celle qui a réussi. Seulement, on a découvert que la start-up avait besoin d’argent. Alors notre gouvernement lui a donné le produit de l’impôt, très généreusement. Il finance donc la recherche des grandes entreprises, qui en fait l’économie.

Bref, l’Occident ne serait-il pas aux prises avec un phénomène qui vide les poches du peuple, jugé paresseux et obsolète, pour enrichir une « élite » auto-proclamée ?

(En fait, lorsque l’on appartient aux meilleures familles, on n’a pas besoin de toucher à l’entreprise pour être riche. Si vous êtes un universitaire ou un homme politique dans l’air du temps, en entrant dans le circuit des conférences américaines, vous devenez rapidement multimillionnaire. Libre à vous, si vous désirez des milliards, de monter une start-up.)

Amiante

Les dangers de l’amiante ont été découverts dès les années 20. Mais, en Angleterre, l’entreprise qui en était spécialiste, et qui était l’une des plus grandes du pays, est parvenue à empêcher que la loi ne l’interdise et que le peuple découvre le danger. Une émission de la BBC.

Je me suis demandé ce que j’aurais fait, si j’avais dirigé l’entreprise. J’aurais fermé l’activité, en cherchant à trouver d’autres marchés pour le savoir-faire de l’entreprise. Mais que se serait-il passé ? D’un seul coup, toutes les victimes se seraient retournées contre l’entreprise, ainsi que ses actionnaires. Le dirigeant n’aurait pas fait de vieux os. L’entreprise non plus.

Si l’on ne veut que l’entreprise résiste à la loi, et tue énormément de monde, il serait bien de prévoir que, dans ce cas, l’Etat exproprie les investisseurs et absorbe les pertes ?

Spéculation

Chute violente des valeurs technologiques à la bourse américaine. Un podcast du Financial Times, vendredi dernier (Trump dump).

Une fois de plus j’ai tort, me suis-je dit. Je condamne d’un trait de plume la spéculation américaine, sans analyser le phénomène, comme le fait le Financial Times. Ce que je retiens :

Confirmation de mon opinion : ce que la bourse attend, ce sont des contes, toujours plus de contes. Et même, surtout ? des contes à dormir debout. Elon Musk a été très bon à ce jeu, mais s’essouffle. Il n’est pas le seul. Plus intéressant : toute la « valeur » que doit créer le petit nombre d’entreprises qui a fait la croissance récente de la bourse est supposée se matérialiser après 2030. Or, on n’est plus très optimiste pour l’avenir.

Soudainement, les spéculateurs découvrent qu’ils ont gagné beaucoup en peu de temps, avec ces quelques entreprises. Ces signaux leur font penser qu’il serait bon de prendre leurs bénéfices.

De Gaulle et Zelinsky

Hasards de wikipedia. Je savais que Roosevelt ne voulait pas de De Gaulle, mais, je ne savais pas que les USA l’avaient poursuivi de leur vindicte jusqu’à la fin de sa carrière, jusqu’à s’entendre avec le FLN algérien puis l’OAS et les révolutionnaires de 68 !

Décidément, Trump n’a rien inventé.

Faudrait-il mettre les USA au rang des états terroristes, comme le Hamas ?

(Il est vrai que l’on a oublié le nombre de régimes démocratiques que les USA ont remplacé par des dictatures. En particulier en Amérique du sud.)

Syrie

Je me demandais ce qui se passait en Syrie.

D’après la BBC internationale, les Russes et les Chinois utiliseraient la secte à laquelle appartiennent les Assad pour fomenter des troubles. (Le pouvoir syrien serait soutenu par les Turcs et les Saoudiens.)

Entre Trump et Poutine, l’esprit du temps est au triste sire et au sale coup ?

Défendre l’Ukraine

Trump retire son aide à l’Ukraine. Du coup l’OTAN se rend compte qu’elle dépend des USA pour une partie de son matériel (les nouvelles de la BBC, hier matin). Il va falloir produire ce qui manque en urgence.

A long terme, mauvaise nouvelle pour l’industrie de l’armement américaine ?

A court terme, comment aider l’Ukraine ?

Mon expérience des situations de crise : identifier quelques personnes « compétentes », les mettre autour d’une table, et leur dire que l’on a quelques heures pour trouver une solution au problème, avec les moyens dont on dispose. Cette technique ne marche que, en ce qui concerne mon métier, si l’entreprise est ancienne, car elle a une « culture » et ses personnes ont beaucoup d’expérience. (Avec une start-up, le flop est assuré.) En revanche, dans ce cas, les résultats obtenus m’ont toujours surpris.

Gene Hackman

La disparition de Gene Hackman a révélé quelque-chose de tellement évident qu’on ne le voyait pas.

Curieux phénomène. Les autres acteurs sont des acteurs. Ils jouent la comédie. Pas lui. Il était son personnage, quel que soit celui-ci. Je ne vois pas d’équivalent. Même Lino Ventura avait fini par faire du Lino Ventura.

Je pense que c’est ce que les Anglo-saxons appellent « a natural ». (« Un acteur né » ?)

Recette du changement ?

Il y a 25 ans, quand j’ai écrit mon premier livre, je me suis demandé ce qui faisait que j’avais réussi à faire « changer » des entreprises. Ma conclusion : dirigeants et consultants voulaient « changer les gens », alors qu’il y avait un « blocage » qui empêchait le changement.

Idem pour un embouteillage : ce n’est pas une question d’automobilistes mais de régulation du trafic.

Mon second livre s’appelait : « transformer les organisations sans bouleverser les hommes ».

Si l’on veut changer une société, il faut chercher le « levier » du changement.

C’est dans le changement qu’on l’aperçoit : la nature de la société se révèle ainsi que les forces (sociales) à utiliser.

J’ai l’impression que peu de monde partage mon opinion.