L’idée de néant de Bergson

Dans ce recueil de chapitres d’autres ouvrages, Bergson attaque la notion de néant et de désordre comme n’ayant pas d’existence. Le néant n’est pas imaginable. C’est un concept imaginaire comme cercle carré. Le désordre est une forme d’ordre.

Certes peut être que cela peut être opposé à l’existentialisme (en particulier nazi) qui n’a que le néant à la bouche, mais il aurait peut être fallu aussi tenir compte de la physique, qui parle de vide et de chaos.

Mais peut-être n’ai-je pas compris.

ADN

Conséquences imprévues des tests d’ADN. Ils révèlent les secrets et l’hypocrisie de notre société. Seconde saison de The gift de BBC4.

On y entend que l’inceste est plus commun qu’on ne le pense. Un sept millième de la population serait conçu ainsi. Les erreurs d’étiquetage des bébés à la naissance se produisent et il arrive aussi, pas aussi infréquemment qu’on ne pourrait le croire, qu’une femme ait des enfants de plusieurs hommes, sans que son mari le sache. Apparemment, la maternité ne serait pas une épreuve pour tout le monde. On apprend, aussi, que certains ont produit des enfants pour les vendre (communauté juive du Québec).

Et l’on constate un autre aspect imprévu du don de sperme. Le donneur n’est plus anonyme, ses nombreux enfants le découvrent lui et son héritage de maladies génétiques.

Le lignage du serpent

Livre trouvé dans la bibliothèque familiale. Acheté en 1978. Probablement sous l’influence de Bernard Pivot.

Je me souviens qu’un temps Muriel Cerf fut célèbre. Je me méfie de la célébrité et du charmant Bernard Pivot. Je n’avais pas été tenté de lire ce livre. Mais, ayant du mal avec un commentaire de la constitution, j’ai cherché un texte un peu plus digeste, pour me changer les idées.

L’histoire me semble tenir en quelques mots. Mais chaque mot est devenu chapitre grâce à un procédé qui consiste en un emploi « délirant » de termes de haute culture combinés de temps à autres à quelques expressions triviales.

Le livre n’a pas une unique fonction ? C’est aussi un produit. Il correspond au goût du public à un instant donné. Il a, de plus, l’intérêt de donner l’occasion de jouer les critiques. Ce qui est distrayant.

Croissance à tout prix

Le gouvernement anglais est dos au mur. Il lui faut impérativement de la croissance.

Après avoir annoncé « l’intelligence artificielle partout », il parle maintenant de déréglementation. Quand un gouvernement de gauche parle de déréglementation, c’est un signe qui ne trompe pas qu’il est acculé.

Mais est-ce que la déréglementation provoque la croissance ? Cela semble faire l’hypothèse que l’entrepreneur est assoiffé d’argent et qu’un rien peut libérer ses esprits animaux.

N’était-ce pas ce que croyait M.Macron ? L’échec des mesures qu’il a prises semble montrer que l’hypothèse était fausse.

Je constate que l’entrepreneur s’adapte à son environnement. Son discours n’a aucun rapport avec ses actes. Au fond, il vit à la fois mal et très bien. Comme vous et moi, il n’a aucune envie de faire croître ses affaires. A mon avis, les recettes de la croissance sont :

  • Un avenir prévisible, et non la jungle libérale.
  • La loi, paradoxalement. Le chaos épuise le dirigeant.
  • La pression de son environnement. Une entreprise laissée à elle-même se recroqueville. Elle a besoin d’être stimulée par l’envie de faire mieux que « les copains ».

Hypocrisie ?

« Alternative truth » ? La gauche américaine était (est) le parti du bien, le défenseur de l’opprimé.

Résultat de sa politique : jamais les riches n’ont été aussi riches. (A moins qu’ils n’aient été opprimés ? Après tout c’est une minorité, et les minorités sont toujours opprimées par les majorités, n’est-ce pas ?)

Paradoxe pour paradoxe : la politique de Trump leur sera-t-elle aussi favorable que celle de Biden ? Serait-ce ce qu’a pensé l’électeur ?

The very richest Americans are among the biggest winners from Biden’s time in office, despite his farewell address warning of an “oligarchy” and a “tech industrial complex” that threaten US democracy

Bloomberg (@bloomberg.com) 2025-01-16T13:58:49.151Z

Mal du pays

Drogue. Une des épidémies des USA. 90.000 morts par an. Il s’agirait du Fentanyl. Un produit de synthèse, particulièrement peu coûteux, et tellement plus puissant que les drogues naturelles qu’il tuerait ses consommateurs en un temps record. Si bien que les trafiquants cherchent de nouveaux débouchés. On espère qu’ils vont commencer par le Brésil, avant de penser à l’Europe.

Le produit viendrait de laboratoires chinois. Ce ne serait pas l’effet d’un complot, mais plutôt d’une corruption endémique. Pourquoi consomme-t-on de la drogue ? Les victimes ne seraient pas celles (ou seulement celles) que l’on attend. Ce seraient d’anciens malades, privés de leur traitement, et d’anciens militaires en état de choc. (Ce que je retiens d’Affaires étrangères, de France culture, du 11 janvier.)

Pathologie sociale ?

Contrat social

Aux USA, la justice est devenue un champ de bataille. Les démocrates l’ont instrumentalisée, Donald Trump les a mis KO en s’appropriant la Cour suprême.

Le propre de la loi est d’être détournée de son esprit. Aux USA, avec assez d’argent, vous lui faites dire quasiment ce que vous voulez. Il n’y a que les pauvres qui s’assoient sur la chaise électrique.

Cet effet pervers est le propre de tout ce qui est explicite, de tout ce qui prétend imposer le bien en force. La véritable loi est implicite. Elle résulte de ce que l’on désire vivre avec ses contemporains, et que, pour cela, on est prêt à leur passer leurs petits défauts. Aime et fais ce que tu veux.

Colossal start up

Colossal Biosciences veut remettre le mammouth en circulation. Et Colossal Biosciences est une start-up. Et elle vaut 10 milliards de dollars.

Qu’est-ce que peut trouver un investisseur dans une telle entreprise ? Reconstituer Jurassic Park ? Ce que je lis n’est pas très clair. Il y aurait effectivement cette possibilité. Il y aurait aussi des sous-produits de la recherche qui donneraient d’autres start-up, qui elles-mêmes lèvent des fonds…

A moins que la start-up ne soit une sorte d’artefact de la culture américaine. Certains ont le talent d’inventer des idées qui plaisent à d’autres (de grands enfants qui ne savent quoi faire de leur argent ?). Sans trop se préoccuper de leurs conséquences ?

La voix de son maître

Je n’aime pas taper sur un ordinateur. J’ai eu l’idée d’écrire mes textes et de les lire à une application de reconnaissance vocale.

Amusant. Parfois cela marche. Parfois, cela délire. Cela colle les mots au lieu de les détacher, ou n’écrit rien. Il y a, bien sûr, beaucoup de fautes, mais c’est un mal mineur.

L’intelligence artificielle n’est pas inutile. Il faut apprendre à l’utiliser. C’est à dire parvenir à comprendre ses caprices. Curieusement, c’est l’inverse de ce qui nous est vendu.

(En revanche quel est le « retour sur investissement » ? Me faire gagner un peu de temps, mérite-t-il de consommer autant d’énergie et de fabriquer du matériel aussi peu ami de la nature ?)