Changement à Gaza

BCG modelled plan to ‘relocate’ Palestinians from Gaza
Boston Consulting Group modelled the costs of “relocating” Palestinians from Gaza and entered into a multimillion-dollar contract to help launch a new aid scheme for the shattered enclave, a Financial Times investigation has found.

One scenario estimated more than 500,000 Gazans would leave the enclave with “relocation packages” worth $9,000 per person, or around $5bn in total.

Financial Times du 4 juillet

Le cabinet de conseil aura marqué notre temps. Du mien, le haut fonctionnaire était un esprit d’élite comme on n’en trouvait pas ailleurs. Aujourd’hui, il se dit d’élite, mais il sous-traite son travail.

Et il le sous-traite à des cabinets dont le niveau intellectuel a sombré depuis qu’ils ont choisi la quantité de préférence à la qualité. Il faut ajouter que leur atout, après guerre, était que peu de gens faisaient des études, même primaires.

Dans ce cas on est dans une situation de « conduite du changement ». Un sujet que ces braves gens du BCG ne semblent pas avoir étudié sérieusement. Car n’y a-t-il pas quelque-chose de curieux de penser régler par de l’argent un conflit dans lequel tant de personnes jouent leur vie ?

Politique sociale

Pour avoir voulu toucher aux pensions d’invalidité, le gouvernement anglais a failli sauter. Il est, maintenant, un canard boiteux : il doit trouver 5md£ pour équilibrer ses comptes, alors qu’il a démontré son impuissance.

Curieusement, M.Trump semble faire la même chose aux USA, sans beaucoup de remous.

Cela tient peut-être à une forme de « populisme » de l’extrême gauche anglaise. Mais, je me demande si l’explication ne vient pas plutôt de la mentalité américaine. Ainsi à l’époque de l’Obamacare, ceux qui en profitaient y voyaient une inacceptable atteinte à leurs droits. Le droit fondamental d’un Américain est de pouvoir être un « self made man » ?

Nation d’invalides

1 Anglais sur 10 en âge de travailler toucherait une pension d’invalidité. Le nombre s’est colossalement accru depuis le COVID. En 5 ans, les versements de l’Etat ont cru de 16md£. Ils devraient augmenter de 16md£ dans les 5 prochaines années. Les jeunes sont particulièrement touchés par des maladies mentales, notamment l’autisme et le trouble de stress post traumatique.

Cette augmentation phénoménale est propre à l’Angleterre et n’est pas expliquée.

(Emission : Why is there a row about disability benefits?)

Et si l’erreur des gouvernements anglais avait été de prendre ce phénomène pour une question fiscale et non comme un problème de santé publique ? En effet, il ne semble être venu à l’esprit de personne l’envie d’examiner les victimes de cette épidémie, afin de trouver les causes de leur mal et de les guérir. Elite d’invalides ?

Moteur allemand

Pourquoi la livre est-elle forte vis-à-vis du dollar ? se demandait la BBC, l’autre jour. Parce que la livre est une monnaie européenne, et que l’euro est fort, parce que l’on pense que l’Allemagne va relancer son économie et que ce sera bon pour l’UE. Ce n’est pas la première fois que j’entends la BBC évoquer ce sujet.

Notre gouvernement pourrait-il être sauvé par l’Allemagne ? Le crime paierait-il ?

Trump et la science

Depuis quelque temps, je n’entends parler que du nouveau téléscope Véra C. Rubin. Il aurait des capacités exceptionnelles, notamment celles de montrer l’univers en « quatre dimensions », selon la BBC.

J’ai aussi entendu dire que l’on y travaillait depuis 30 ans, et que cela avait occupé « deux mille ingénieurs ».

Je me suis demandé si, au temps de Trump, la science avait encore de l’avenir. Ce type de projet, disait une histoire de la CIA, s’expliquait par la lutte que se sont livré l’URSS et les USA. Il s’agissait de se faire des alliés en les impressionnant par ses exploits scientifiques. Les USA semblent revenir à leur nature, qui est le profit à court terme.

C’est, d’ailleurs, ce qui est déjà arrivé au domaine qui m’intéresse : les sciences humaines. Toute la science allemande a été récupérée, avec les universitaires juifs fuyant l’holocauste, par les Américains qui l’ont mise au service des affaires. C’est pourquoi, en particulier, on ne s’intéresse qu’au changement des entreprises.

Déjà, on parle du « business » qu’il y a à faire avec la lune. Les universitaires vont avoir à poursuivre dans cette voie ?

George Bush et les voraces Japonais

Un hasard de Wikipedia m’a fait découvrir que le premier George Bush aurait pu être mangé par les Japonais. Il participait à la guerre du Pacifique. Avec quelques aviateurs, il fut abattu, mais fut le seul à ne pas être capturé. Et plusieurs des autres furent consommés.

Dans ma jeunesse, on parlait beaucoup de la sauvagerie des Japonais. Le pont de la rivière Kwai ou La mousson sont deux exemples de ce qu’on publiait alors.

Brutalement, ces Japonais sont devenus les plus pacifiques des êtres humains. Le passé a été oublié. Mystère des phénomènes sociaux ?

Poulet sans tête

En écoutant une émission sur le séquençage du génome, j’ai pensé que la science avait peu de conscience.

Cela tient à la spécialisation. Le scientifique est un expert vivant dans une bulle et dont les capacités de pensée sont infantiles. Il poursuit son intérêt, aveuglément. Sans jamais envisager les conséquences de ses travaux, sinon pour leur trouver une formulation qui les fera financer.

Peut-être, d’ailleurs, est-ce cette spécialisation aveugle qui a produit le progrès. Moins on pense, plus on court ? Même la crise est productive de progrès. Ce qui ne tue pas renforce.

Quand on y réfléchit bien, la société s’est arrangée pour nous placer tous dans une situation d’irresponsabilité. Qui, en particulier, est moins responsable que le salarié ?

Pétain

Une série d’émissions de France culture m’a fait découvrir Pétain. Curieusement on n’en parle pas beaucoup. La France ne me semble pas très compétente dans l’étude de son passé.

Pétain, comme de Gaulle, et peut-être encore plus que lui, aurait dû être un raté. Un inconnu. Il allait partir à la retraite, simple colonel, si la guerre de 14 ne l’avait sauvé. Il fut alors bien plus populaire que les autres maréchaux, car, me semble-t-il, non seulement il avait été le vainqueur de Verdun, mais surtout il avait été économe de la vie de ses troupes. Et ce contrairement aux apprentis-sorciers qui dirigeaient l’armée. Ce qui n’en faisait pas un grand stratège. Mais annonçait déjà la ligne qu’il a adoptée en 40 ?

Ensuite, il a été, vraisemblablement, coupable tout du long : il est le principal responsable de l’impréparation de l’armée française, il semble même possible qu’il ait voulu infliger une défaite à une France qu’il n’aimait pas, pour la liquider et imposer une forme de « repentance nationale ». Pire ? Il a voulu une France agricole, alors que c’est la puissance de l’industrie qui a donné la victoire à l’Amérique et la domination mondiale. Il n’avait rien compris à l’histoire.

En fait, je ne crois pas que ce soit une question d’homme, de bouc émissaire, mais plutôt de « pathologie sociale ». Pétain n’est que le symptôme d’une maladie culturelle ?

Nom de bateau

Il était dit que la marine militaire américaine avait débaptisé un de ses bâtiments. Jusque-là, il portait le nom d’un militant de la cause LGBT.

Effectivement, ce n’était pas un état de service que j’associe à un navire de guerre. D’ailleurs comment sont-ils nommés ? Voici ce que j’ai trouvé, pour la France :

Les noms proposés doivent répondre à tes critères strictes et qui soient évocateurs selon 5 logiques :

Le milieu naturel (comme le vent : PHA Mistral, ou Cassiopée, Orion, Glycine, … )
La vertu (Le Téméraire, Le Vigilant, Le Triomphant, La Confiance, La Combattante)
La reconnaissance (Charles de Gaulle, Dixmude, Surcouf, La Fayette, …)
La cohésion de la Marine et de la Nation (Aquitaine, Auvergne, Bretagne, Marne)
Le Rayonnement de la France

Article.

Il me semble, en outre, qu’il doit y avoir un caractère militaire : Jeanne d’Arc, Clémenceau, le père de la victoire, par exemple, Dixmude est une bataille, une classe de navires de la première guerre portait le nom de « sans peur » (dreadnought)… Peut-on avoir des Louis Pasteur, Mère Térésa, Einstein, Gandhi ?

D’ordinaire, une société donne le nom de ce qui la représente le mieux à ce qui compte le plus pour elle. Je me demande si, ces derniers temps, on n’a pas pensé qu’en modifiant le langage, on changeait la culture et l’homme.

Science

La science a bien changé. De mon temps, elle était le fait de génies. Les révolutions succédaient aux révolutions.

Aujourd’hui, ce que m’en disent la BBC, France Culture et Quanta, me fait plutôt penser à de l’artisanat. Certes, tout est infiniment plus complexe qu’au temps d’Einstein. Il y a eu invraisemblable empilage de découvertes. Si l’on ne s’était pas, d’ailleurs, habitué à cet empilage, on pourrait s’étonner de la précision des mesures que l’on est capable de faire. Car elles sont elles-mêmes le résultat d’une quantité de théories et d’hypothèses plus ou moins vérifiées.

Le travail du scientifique ressemble à celui de l’ingénieur. Il bricole. Il cherche, à droite et à gauche, des outils. Il expérimente. Et, surtout, il travaille en groupe. Et il travaille sur des questions infimes. Il appartient à une communauté d’initiés, dans laquelle on s’attribue des prix entre soi. Pour avoir le courage de mener un travail ingrat, il faut bien quelques récompenses ?

La science moderne a fait une découverte. La nature est « complexe ». Croire à l’équation ultime est illusoire. Le temps des démiurges est fini.