J’ai découvert deux ou trois poèmes gentiment absurdes de Robert Desnos qui me plaisaient bien.
Pour faire ma barbe
Je veux un blaireau,
Graine de rhubarbe,
Graine de poireau.Par mes poils de barbe !
S’écrie le blaireau,
Graine de rhubarbe,
Graine de poireau,Tu feras ta barbe
Avec un poireau,
Graine de rhubarbe,
T’auras pas ma peau.
Il me semblait l’archétype du poète bohème, ayant, comme il se doit, fini son existence dans un camps de concentration allemand.
Ce qui m’a fait écouter une émission que lui consacrait France Culture. Ses amis parlaient de lui. Et je fus déçu. D’une part, j’ai trouvé sa poésie conventionnelle. D’autre part, j’ai découvert que c’était un publicitaire prospère et qui menait, avec ses amis, grand train y compris pendant la guerre. Alors que je pensais que la privation était le régime général.
Il a été effectivement déporté, mais peut-être moins pour faits de résistance que du fait d’une dénonciation calomnieuse. Ce qui semble avoir été de règle, à l’époque.
Et il n’est pas mort dans un camps, mais, du typhus, plusieurs mois après en être sorti.