Dernière ligne droite

On lit que, pour M.Macron, c’est la « dernière ligne droite ». L’année prochaine auront lieu les élections présidentielles.

Vu le spectacle que donnent les partis politiques traditionnels, et l’invraisemblable floraison d’ambitions, l’hypothèse d’une finale RN, LFI semble probable. Qu’arriverait-il si le RN gagnait ? Comme aux USA, on constaterait avec surprise qu’il attire beaucoup de collaborateurs ? Mais que ceux-ci ne sont ni de très bon conseil, ni très favorables à l’intérêt de l’électeur ?

Le RN pourrait-il commettre quelqu’erreur qui inquiéterait les marchés à la façon de ce qu’ont connu les Anglais ? Il semble le parti du repli sur soi, quelle sera sa politique étrangère ?…

Comme pour le réchauffement climatique, ne faudrait-il pas se préparer à ses conséquences, plutôt que de parler « d’urgence » et de s’attendre à un sursaut populaire ?

Marlowe

Marlowe, comme Shakespeare, semble avoir parlé des problèmes de son temps, en avoir perçu la dimension universelle. Mais il y a quelque chose de grand guignol dans son oeuvre : il fallait bien amuser la galerie ?

De l’innovation ? C’est la société qui en fournit les conditions, et quelques individus, bien placés et doués, hasard et nécessité, qui la réalisent ?

(France culture : Anthologie étrangère – Marlowe (1ère diffusion : 29/06/1960 Chaîne Nationale))

Le coût du care

Rencontre de la présidente du Mouvement rural de la jeunesse chrétienne. Son idée : la « fête au village », c’est la vie, et pourtant, il est de plus en plus difficile de l’organiser :

La possibilité pour les jeunes de prendre des initiatives et d’organiser des choses en rural se réduit au fur et à mesure que la bureaucratie augmente : déclaration en mairie et demande d’autorisation, selon les routes qui peuvent être bloquées, demandes à l’intercommunalité, au service du département ou à la préfecture, demande d’assurance, responsabilité de la sécurité avec de plus en plus souvent l’obligation de recourir à des agences de sécurité privée, sous contrat, déclaration à la SACEM, pour la musique, autorisation de buvette, s’il y en a une, etc.

Nos élus ont été pris d’une curieuse maladie. Ici comme ailleurs, ils n’arrêtent pas de produire de nouvelles lois. Leur « indicateur de performance » est même devenu le nombre de textes ou d’amendements proposés.

Plus surprenant, peut-être, est le nombre de disciples français de Trump. Pour eux, il faut faire table rase de la loi.

Est-ce une bonne idée ? Car ces lois ne sont-elles pas la manifestation de notre souci des « droits de l’homme » ? Ce que nous avons peut-être de plus précieux ? Certes, il a été quelque peu dévoyé, car l’esprit de notre constitution est la liberté individuelle ! Mais ne pourrait-on pas le retrouver, cet esprit ? Selon la technique de France simplification : en partant de ce qui coince, en réunissant les « services concernés », et en cherchant ensemble comment satisfaire l’intérêt général ?

Colonisation

Pourquoi le colonialisme a-t-il si mauvaise presse aujourd’hui, alors qu’il fut une pratique commune de l’humanité ? Peut-on se demander en lisant Jules Roy.

Cela tiendrait-il à son esprit ? La colonisation traditionnelle, façon Poutine, Xi ou Trump est un féodalisme. Le colonisateur vous laisse vivre à votre gré, à condition de lui payer des impôts et de le laisser s’occuper du pays et de ses ressources. L’innovation occidentale a consisté à vouloir faire le bien du colonisé, en lui apportant « le progrès » et ses droits de l’homme. Ce faisant, il lui a fait découvrir l’injustice : contrairement au Turc, l’Occidental n’applique pas ses propres lois, qui voudraient que tous les hommes soient égaux ? Peut-être aussi y a-t-il beaucoup plus à gagner d’un grand seigneur que d’un Bobo ? Sans compter que la médecine occidentale a fait exploser les populations colonisées, accroissant leur pauvreté et leur hargne, au moment même où la natalité occidentale s’effondrait.

Et le colonialisme français, pourquoi semble-t-il bien plus haï que les autres ? Les Français ont prétendu que leurs colonies étaient « la France ». Ils auraient voulu qu’on les aime ? Les autres colonisateurs cherchaient leur intérêt ?

Est-ce raisonnable ?

Un vieil ouvrage étudie le « travail en miettes ». Depuis Adam Smith, on pense que la division du travail fait la prospérité de tous. En fait, constate l’auteur, l’efficacité maximale est obtenue lorsque l’on utilise l’homme comme un homme et non comme une machine. (Ce qui peut sembler évident.)

Mais, ne commet-il pas une erreur ? Croire que les promoteurs du « travail en miettes » recherchent la performance de l’entreprise ? Et s’ils recherchaient « le travail en miettes » ?

En 68, on disait, « d’où parles-tu ? ». Cela signifiait que chacun a un intérêt et que ses paroles n’en sont qu’une rationalisation. Et si c’était le cas ici et ailleurs ? Le résultat de nos actes est notre réelle intention ?

Aztèques

Les Aztèques semblent avoir eu une civilisation complexe. Une particularité aurait été qu’ils pensaient qu’elle était condamnée, et que la seule façon de gagner du temps était de faire un grand nombre de sacrifices humains. Peut-être 80.000 en une seule fois.

Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?

Mais, quand on y réfléchit bien, étaient-ils aussi barbares que cela ? Nos guerres ne font-elles pas bien plus de morts ? de la nécessité du sacrifice humain ?

Massacre

La même histoire, une nouvelle fois. Une carrière passée à redresser des entreprises d’un groupe industriel, la plupart du temps à l’étranger. Des succès remarquables. Je suis admiratif. Et tout ceci se termine par un licenciement : il n’y a plus de place pour vous ! Et cela dit par une entreprise que je connais bien, pour laquelle j’ai travaillé et qui m’avait fait grande impression !

Comment ne pas voir la valeur de telles personnes me demandé-je ? Des usines à redresser, il y en aura toujours ! Sans compter qu’elles ne font d’ombre à personne.

Mais peut-être que l’entreprise « financiarisée » moderne obéit à une autre logique ? Tout n’est que politique ? On ne comprend plus rien au « métier » ? Et, partant, à la finance ?

Esclave du sucre

Quand l’Occident est sorti du moyen-âge et a exploré le monde, il a fait systématiquement voyager les espèces végétales. A cette occasion, on a constaté qu’elles n’étaient pas originellement là où elles pouvaient prospérer le mieux.

Ce phénomène a été aussi à l’origine de l’esclavage tel qu’on en parle aujourd’hui. L’esclavage a toujours existé, mais il se faisait à petite échelle. Or, l’Occident a développé une invraisemblable dépendance vis-à-vis du sucre. Pour cultiver sa cane, il a eu besoin de main d’oeuvre nombreuse. Il s’est mis à faire une traite systématique, quasi scientifique. S’il avait pensé à exploiter la béterave, il n’en aurait pas eu besoin.

Méfions-nous de nos dépendances et de notre paresse intellectuelle ?

Mystère grec

L’histoire aurait changé avec Socrate. Et peut-être pas pour le bien de l’humanité. C’est ce que semble avoir pensé Heidegger. Que s’est-il donc passé ?

Selon Les origines de la pensée grecque, l’innovation présocratique fut la cité, fini le roi de droit divin, la décision est « politique », le débat tranche ; mais, « l’opinion » c’est dangereux ; Socrate survient : il existe une vérité, la raison permet de la trouver. Preuve : le cosmos est parfait et régi par des lois mathématiques que l’esprit bien né peut discerner.

Invention de l’utopie et du totalitarisme, mais aussi de la science ? Science qui finit par se heurter à la complexité du monde et à « l’imperfection » d’un cosmos à l’image chaotique de la vie ?

Le philosophe, sûr d’avoir raison, remplace le roi, qui doit surveiller le peuple comme le lait sur le feu. Un progrès ? Idée éternelle ? La 3ème République a voulu un Etat gouverné par des esprits supérieurs et non par des « descendants », d’où ascenseur scolaire et énarque ?

Ce qui pourrait éclairer les propos d’Hannah Arendt :

Guide

J’entendais un guide dire à une émission de France culture qu’il avait appris son métier des visiteurs qu’il guidait. Le lieu qu’il faisait visiter attirait des savants.

Surprenant ? Les synonymes de « guide » ne sont-ils pas caudillo, ducce, führer, leader, grand timonier, voire berger… Le guide ne doit-il pas posséder un savoir exceptionnel, si possible divin ?

Mais le meilleur moyen d’apprendre n’est-il pas d’enseigner ? Et n’est-ce pas en construisant des maisons que l’on apprend à en construire ? Le savoir inné n’existe pas, il s’acquiert par la pratique. Le guide digne de ce nom est celui qui est curieux, qui apprend de son expérience et sait en tirer des enseignements utiles ?