Irène Joliot-Curie

Je me demande si la France d’après-guerre n’a pas voulu se rassurer : oui, elle était toujours une grande nation. Alors elle a loué ses grands hommes, Tabarly, Haroun Tazieff, Lévi-Strauss, Paul-Emile Victor, Leprince-Ringuet, Irène Joliot-Curie, etc.

Mais qui était Irène Joliot-Curie, qu’a-t-elle apporté à la science ? D’une émission, je n’ai pas tiré grand chose. J’ai appris qu’elle avait été sous-secrétaire d’Etat du gouvernement Blum. Pour le reste, elle semble avoir poursuivi fidèlement le travail de ses parents. Quant au plus grand moment de sa vie, ce fut de mettre au monde ses enfants.

Une femme de son temps ? Le sens du devoir, mais surtout de la famille ?

Fin de l’histoire

Bilan, suite. Peut-on faire des conjectures concernant l’évolution de l’humanité ?

Hegel pensait que chaque peuple à son tour contribuait à l’histoire. On peut se demander si l’on n’a pas assisté à un grand moment de bravoure des USA. Et s’ils ne sont pas le dernier coup de folie de l’humanité. Bien sûr, il y a la Chine, mais elle semble d’une faible originalité. L’humanité serait-elle au bout de ses illusions ? D’ailleurs, l’histoire de Hegel, l’avènement de la raison, n’était-elle pas occidentale ?

En outre, le monde ressemble de plus en plus à un village, l’humanité a fait sa jonction. Il est possible qu’il ne s’y trouve plus de grand foyer d’originalité et de créativité.

L’humanité va-t-elle finir par cultiver son jardin ? (L’objectif de Hegel.)

Vertu amoureuse

Jankélévitch semble avoir pensé que l’amour est une vertu cardinale.

Je tends à l’approuver. Bien sûr, tout dépend de ce que l’on entend par « amour ». Chez moi, la bonne acception est celle de Saint Augustin : « aime et fais ce que tu veux ».

Aimer est une attitude à la vie. Elle signifie qu’on la considère à la fois comme incompréhensible, dangereuse et merveilleuse. C’est la notion de « complexité ». C’est probablement comme cela que l’alpiniste considère la montagne : elle l’attire, mais il sait qu’il ne la connaîtra jamais, et qu’il peut à tout instant faire une faute mortelle. Il est à la fois passionné et in quiet. Amoureux ?

Nature du changement

Bilan, suite. Comme le disent les Chinois, l’humanité passe du Yin au Yang et inversement. Le Yang de la globalisation fut furieusement individualiste, comme tout Yang, et peut-être plus curieusement, ce fut une évasion dans le monde des idées : la planète a été dominée par une « élite » intellectuelle apatride qui a créé un récit à son image. Et maintenant, retour de balancier ? On en revient à une ère « gaulliste », où chaque nation redécouvre ses particularités ? Comme toute phase Yin, la nôtre sera une redécouverte des vertus du collectif ?

J’ai longtemps pensé que la globalisation était une absurdité. Mais, peut-être qu’elle a été mère de quelques innovations importantes, et que l’humanité a besoin de raser l’ancien pour construire du neuf. En tous cas, elle a disséminé le savoir occidental à toute la planète.

Maître Laffont

Bonne idée de France Culture : interroger le défenseur de ceux que condamne la société : violeurs, assassins et autres hommes politiques et patrons du CAC 40.

Sa motivation ? Rétablir l’équilibre ? L’opinion juge sans preuve. Elle est, de ce fait, injuste. Autrement dit, une question de « droits de l’homme ».

Sa technique : l’enquête est faite à charge, exclusivement ! quand on la mène « à décharge », on peut ébranler bien des éléments du dossier. Autrement dit, nos juges ne font pas leur travail. Mais, il n’est pas étonnant qu’il n’y ait que les riches qui puissent se payer de tels avocats : ils doivent faire un « sacré boulot » !

J’ai appris que, jadis, hommes politiques et patrons du CAC40 étaient intouchables. Le balancier est parti en sens inverse. Ils sont devenus quasiment indéfendables. La justice semble non seulement biaisée, mais employer les principes qui la nient. (On entend souvent que c’est une justice « de gauche », seulement, les « affaires » sont parties de droite… Qui sème le vent… ?)

Espérons que la justice va retrouver un juste milieu, sans que la société cède à la tentation Trump ?

Reconstruction post globalisation

Arrive le temps des bilans. Longtemps, ce blog s’est demandé s’il voyait se dessiner un changement. Il ne voyait rien. Eh bien, ce n’est plus le cas. Nous entrons dans la post globalisation, qui a tout d’un après guerre.

La globalisation, dont nous sortons, tablait sur l’uniformisation de l’humanité, façonnée par des surhommes apatrides, vivant dans des « métropoles » et qui inventaient une super intelligence, conquéraient le système solaire, éliminaient la mort… Ce fut une ère de l’individualisme triomphant.

Elle s’achève par une guerre. Les forts écrasent les faibles (donc leurs amis), et leurs armées les envahissent, quand ils en ont le pouvoir. Les principes mêmes de la globalisation, l’innovation indifférenciée et les liens commerciaux sont devenus des champs de bataille.

Après cette évasion dans l’univers des idées, la post globalisation est un retour à la réalité terrestre. Durant la globalisation, on parlait de « destruction créatrice », il est possible que ce soit, effectivement ce qui a eu lieu. Les ressources des nations ont été laissées à l’abandon, car jugées inutiles.

Chaque nation doit, à nouveau, cultiver ses atouts propres. Ce qui n’est pas autarcie, mais retour au principe de l’économie de marché, l’échange de « différences ». Le moyen d’en tirer parti, à nouveau, est l’initiative collective. Si l’on y parvient, tous les espoirs sont permis ? Promesse de « glorieuses décennies » ?

Complexe de supériorité

Souvenir de petite enfance. Mon père avait l’habitude de siffler l’air de La truite de Schubert. Il se trouve que moi aussi. Un jour je l’ai entendu juger que j’avais une drôle de façon de l’imiter. En fait, ce que je sifflais, c’était ce que j’avais entendu d’un enregistrement. C’était mon interprétation qui était correcte, pas le sienne.

C’est probablement l’histoire de Marx et de Proudhon. Marx, l’homme supérieur, méprisait Proudhon, l’homme du peuple.

Les complexes de supériorité sont dangereux, ils rendent sourd.

Emballage de pauvre

Achats de fruits secs dans une grande surface.

Les moins chers ne sont pas beaux et sont emballés dans du plastique. Les autres, bien plus esthétiques, ont droit à du papier.

Le papier, c’est la transition écologique ? (Mais, son « cycle de vie » est-il moins consommateur d’énergie et émetteur de CO2 que le plastique ?) Et c’est la santé : l’anti micro plastique qui envahit notre organisme ?

Mais à quoi cela sert-il de le réserver aux riches, minoritaires ? Leur donner bonne conscience ? Leur réel besoin ?

Bulle

Cette année aura été celle du doute : et si l’intelligence artificielle était une bulle spéculative ?

Australia’s biggest pension fund to cut global stocks allocation on AI concerns
AustralianSuper warns of ‘maturing’ US tech cycle and high valuations

Financial Times du 20 décembre

Qu’est-ce qui peut percer la bulle ? Le manque d’énergie (on lit qu’aux USA, il va manquer 40% de l’énergie nécessaire) ? Un financement façon Ponzi (le fournisseur finançant le client) ? Les Chinois, leurs modèles intelligents, et leur politique industrielle ? Comment souvent, dans ces situations, la bourse américaine fait du yoyo, ce fut le cas dernièrement du titre d’Oracle. Car le jeu de la spéculation, c’est de profiter des hausses et des baisses. Au fond, le spéculateur sérieux ne croit probablement pas un instant à l’IA.

Pour autant le crash ne semble pas en vue.

En fait, ce qu’il manque est une étude sérieuse des « modèles économiques » des entreprises du secteur et de leurs liens. Quelles sont les hypothèses sur lesquelles ils reposent ? Une modélisation façon « dynamique des systèmes ». C’est l’opacité qui permet la spéculation ?

Year in a word: AI bubble ft.trib.al/1AhoJwO | opinion

Financial Times (@financialtimes.com) 2025-12-23T05:31:16.012247Z