Je poursuis mon enquête sur François Châtelet. (Profil perdu.)
Je ne savais pas qu’il avait été une célébrité. Ainsi il était invité par la radio nationale, le 31 décembre 1967, qui lui demandait ses prévisions pour l’année suivante. Il dénonçait l’impérialisme américain et annonçait que les crises que l’on croyait définitivement éradiquées ne l’étaient pas, et qu’il percevait un nouveau désir d’expression politique chez les jeunes.
Comme je le soupçonnais, comme les surréalistes et comme beaucoup de monde sans doute, il s’était mépris sur 68. Au fond, tous ces gens ont cru à un grand soir de libération de la pensée, alors qu’il ne s’agissait que d’une rébellion de garnements qui revendiquaient de ne pas avoir à faire leurs devoirs. Mais il s’est vite rendu compte de son erreur.
Quand à son combat, il semble avoir été le désir que l’homme pense par lui-même. Projet « éthique » avant d’être « politique ». Le danger, pour lui, c’était le « système », qui impose sa vérité unique. Et dont les conséquences sont désastreuses. Il l’avait rencontré au Parti communiste, au PSU, dans la pensée de Hegel et dans celle de Marx.
Il n’aurait pas aimé notre époque de « consensus »…