Métaphysique d’Aristote

Platon et Aristote et peut être d’autres philosophes auraient cru à un Dieu unique. L’Olympe, c’était pour le vulgaire ?

Mais leur Dieu ne semble pas avoir été ce qu’il est devenu par la suite.

Les Grecs seraient-ils les ancêtres de nos scientifiques ? Pour eux, les phénomènes physiques, en particulier le parcours des astres, étaient régis par les mathématiques.

Dans ces conditions, Dieu était une sorte de principe, pas un être. Le « moteur » du monde. Mais aussi le modèle parfait de toute qualité désirable, qui finit toujours par mal tourner lorsqu’elle est la propriété d’un homme.

Politique et compétence

L’autre jour j’entendais conter un roman de John Le Carré par la BBC (Call for the dead, très ancienne émission).

Un traitre s’est-il introduit dans les services secrets britanniques ? L’agent Smiley enquête. C’est un médiocre, qui ne paie pas de mine, est éternellement trompé par sa femme, est le fusible idéal, mais est redoutablement compétent et totalement incorruptible. Quant à son chef, le patron des services secrets, c’est un « politique ». « De la merde dans un bas de soie », mais sans le génie de Talleyrand.

Voilà qui semble une loi de la nature : le politique et le compétent. Explication ? Il est possible que « politique » soit le nom de la qualité nécessaire pour naviguer dans une société, ou dans notre société. Peut-être aussi, selon le modèle de la « dialectique du maître et de l’esclave », le politique est le handicap dont a besoin le compétent pour devenir ce qu’il est ?

Aveux

Emission de 1945. On est au 36 quai des orfèvres. Un meurtrier passe aux aveux. (Une rediffusion de France culture.)

Il faut dire qu’il avait laissé des indices un peu partout.

Ce n’était pas le plus surprenant. Un témoin capital meurt de la tuberculose trois jours après avoir rencontré le criminel, et celui-ci décède, toujours de la tuberculose, peu après avoir été condamné. Et cela semblait très naturel aux policiers et aux producteurs de l’émission.

La médecine a fait des progrès depuis. Les criminels aussi, probablement.

Effet Trump

Canada, Australie, Singapour : les électeurs portent au pouvoir des personnes sûres. L’ère Trump est celle du chaos : il faut un timonier d’expérience à la barre, lit-on.

Mauvaise nouvelle ? On découvre aussi que, plus ou moins, partout la situation de la population s’est dégradée. Or, l’effet Trump encourage les partis traditionnels, responsables de la situation actuelle, à l’immobilisme. Ce qui pourrait mal se terminer.

Seul espoir : génération spontanée d’une « troisième voie », entre la tradition et le chaos ?

Yalta

Les dessous de l’histoire sont effrayants, quand on les découvre. A Yalta, le sort du monde est entre les mains de trois personnalités affligeantes.

Roosevelt est au bout du rouleau. C’est un dangereux innocent, qui veut balayer une culture européenne obsolète et installer un ordre mondial américain d’un simplisme consternant. Il croît que Staline, contre quelques concessions, va marcher dans sa combine. Mais Staline est une sorte de paysan madré, un genre de Trump qui fonctionne à l’instinct (et recule devant la force). Il le roule dans la farine. Quant à Churchill, il est vieux, et, contrairement à de Gaulle, il ne croit pas en son peuple. Celui-ci, au mieux, ne peut que résister héroïquement face aux Huns, en attendant les Américains. Il est entre les mains de Roosevelt. Et il se désole de son aveuglement.

(Réflexions venues de La conférence de Yalta racontée par les Dossiers de l’histoire. France Culture.)

Panne

La semaine dernière fut celle de la panne électrique ibérique.

Heureusement, les hôpitaux ont été sauvés par leurs groupes électrogènes, entend-on dire. Mais il y aurait eu quelques morts.

Victimes de l’énergie solaire ? Car il semble que nos réseaux électriques n’aient pas été prévus pour les sautes d’humeur des énergies dites renouvelables.

Europe’s first grid crisis may not be its last
Spain’s blackout serves as a reminder of the fragility of power systems in the age of green energy

Financial Times, 2 mai

Eternelle observation et question. Nous sommes entrés dans l’ère de l’idéologie et des apprentis sorciers. Comment s’en sortir ?

Ciel

Dimanche matin, un hasard me fait écouter une émission religieuse de la BBC. Elle se demande qui sera le prochain pape. Elle conclut, avec d’autres, que les voix du conclave sont impénétrables. Il faut une très forte majorité pour être élu, ce qui favorise les inconnus.

Quant au précédent pape, on entendait dire qu’il s’était peut-être égaré. Il avait prêté un peu trop d’attention aux sujets de société et pas assez à la mission de l’église : le salut de nos âmes.

Exit Margaret

Comment traduit-on « free market economy » ? me suis-je demandé. Simplement par « économie de marché  » ? Seulement, « free market » avait quelque-chose d’anarchiste, ce que n’est pas nécessairement l’économie de marché.

Free-market economy fut le rêve de Thatcher, Trump l’a enterré. Que s’est-il passé ? Thatcher rêvait d’un capitalisme populaire. Seulement, le peuple a vendu ses actions et les financiers internationaux les ont acquises. Et ils ont vidé les entreprises nationales de leur substance. Si bien que, pour avoir de nouveau de l’eau potable, l’Etat anglais est contraint de nationaliser les dénationalisées.

Mais, ce n’est pas la fin de l’histoire. Le « free market » ne veut pas mourir. Et il fait comprendre à Trump qui est le maître.

Qu’est-ce que cela va donner ? La « free market economy » est le résultat de plusieurs décennies d’un travail de sape. Quelque-chose d’équivalent est-il en marche et va-t-il imposer un nouvel ordre mondial ?

Voici ce que disait, en substance, une émission de la BBC que je citais précédemment. (Invisible Hands.)

La science de Trump

Au fond, Trump, c’est l’Attila de la science, son fléau.

Il en montre les limites. Les économistes n’ont pas suffisamment confiance en eux pour « prédire l’avenir ». Certes, tout cela devrait mal tourner, disent-ils faiblement. Mais, au fond, ils attendent de voir. Les seules bonnes prévisions sont faites après coup. C’est bien connu.

Un « effet Sarkozy » est toujours possible. Trump ne paraît pas aussi imprévisible qu’on le dit, ou qu’il a peut-être intérêt qu’on le pense. Il a besoin de montrer des résultats à ses électeurs. Le temps ne joue pas pour lui. C’est un enseignement que l’on pourrait tirer de ses négociation ukrainiennes, qui ne semblent pas finir comme elles ont commencé.

La science et nos théoriciens de tout poil devraient-ils en tirer une leçon ?

Cracher en l’air

Elon Musk, ennemi public numéro 1 ?

Thousands of satellites being sent into orbit by SpaceX and rivals like Amazon eventually have to come down. Incinerating them in the atmosphere releases damaging pollutants that pose new threats to the planet’s protective shield.

https://www.bloomberg.com/graphics/2025-space-orbit-satellites-pollution/

Voilà qui rappelle les « limites à la croissance ». Y aurait-il quelque-chose de pourri dans notre mode de fonctionnement ? On commence par envoyer un satellite, ce qui est inoffensif, puis on en sature le ciel, ce qui nous asphyxie ? Un aventurier part dans quelque territoire inconnu, puis survient des hordes de touristes ?…

Est-ce la croissance qui est un mal, ou l’individualisme débridé ? L’homme laissé à lui-même est un danger public ?