La terreur

Vis-à-vis de l’étranger, comme chez lui, M.Trump n’est que menace et intimidation.

Trump demands drug companies lower prices before end of September
US president threatens to ‘deploy every tool in our arsenal’ to protect Americans from ‘abusive drug prices’

Financial Times du 31 juillet

Il est fidèle à lui même. Ce comportement est ordinaire dans le monde des affaires américains.

Est-ce la fin d’une ère ? Après guerre, on prétendait au règne de la science et de la raison.

C’était une réaction à l’avant guerre, temps de déraison. Et à ses conséquence : une guerre qui a longtemps fait penser que l’on était passé au bord du précipice. Et que l’on n’en restait toujours dangereusement proche.

Va-t-on connaître le même phénomène ?

Nouveau monde

De Gaulle semble avoir pensé que les nations ont des personnalités. C’était peut-être une idée de son temps. Un temps de Kultur. Mais c’est aussi une idée d’anthropologue et de Montesquieu.

A ce sujet, redécouvre-t-on le véritable visage des USA ? peut-on s’interroger. Un visage qu’aurait fait oublier Roosevelt et un après guerre de science et de progrès.

Jusqu’à Roosevelt, les USA furent le pays de la spéculation et de la crise économique terrifiante. Ils se caractérisent aussi par un puritanisme oscillant. Soit l’Américain veut convertir le monde à la vraie foi, soit il veut s’en isoler pour ne pas être corrompu.

Paradoxalement, les USA et la Chine sont des Etats laïques, issus du Marxisme, fils de la raison des Lumières. Les USA sont une théocratie. Ils craignent l’athée, et aiment les fondamentalismes.

Leur force est probablement leur hypocrisie, ce que les Indiens appelaient « langue fourchue », et ce que Robert Merton nommait « innovation ». S’ils s’en prennent aujourd’hui à leurs amis, s’ils renient la ligne qu’ils ont suivie depuis la guerre, c’est une innovation : c’est un moyen efficace d’obtenir un petit gain. Ailleurs, ils appellent la mort « maladie », car la maladie est bonne pour le business.

Comme dans la fable du scorpion et de la grenouille, il ne faut pas leur en vouloir : c’est dans leur nature. En revanche, il faut s’en méfier.

Cela pourrait-il causer leur perte ? Ils ont relancé l’Islamisme, fourni des armes à l’Iran, prôné la croissance par les services et sous-traité leur production à la Chine, etc. Leurs coups tordus finissent toujours par nous retomber sur le nez. Peut-être faudrait il réorienter un peu mieux les effets de leurs innovations ? Façon « containment » ?

Feydeau

Humour, politesse du désespoir ? Les pièces de Feydeau donnent le spectacle de la bêtise, du ridicule, de sa classe sociale. Sa famille en est le modèle.

Feydeau fut un bel homme triste. Il a déserté le domicile familial et fini ses jours à l’hôtel.

Mais il avait surtout du talent. Talent du dialogue absurde. Talent d’observateur. En particulier des caractéristiques (éternelles ?) de l’homme et de la femme.

On oublie de le dire ? Le génie est avant tout un artisanat ?

Emission de France culture.

BBC démontée

La BBC remplace une application branlante, par une indigente. Elle coupe l’accès d’Internet à la plupart de ses programmes en dehors du royaume.

Voilà qui est curieux, lorsque l’on sait que l’Anglais est rarement dans son île. D’ailleurs, il faut être en Angleterre pour bénéficier de l’ensemble des services de la BBC internationale. Le ridicule ne tue pas.

L’Angleterre est une société de classes, une noblesse incompétente dirige une masse analphabète ? Et voilà ce que cela donne ? Thatcher et Blair on fait croire à nos élites (qui les ont imités) qu’ils l’avaient rendu « great again », mais le naturel est revenu au galop ? Une leçon pour nous ? (Et pour Trump ?)

Christian d’Oriola

L’escrime est un sport éminemment complexe, ai-je pensé. La victoire se joue au « vingtième de seconde ». Elle demande un étrange équilibre entre opposés : volonté implacable de vaincre, engagement total, mais aussi jeu et plaisir. Et c’est un artisanat ! Il faut, longuement s’entraîner et, en quelque sorte, « faire » son matériel…

Le champion comme « juste milieu » dirait Aristote ? « Juste milieu » qui est un « je ne sais quoi » miraculeux et incompréhensible, enchaînerait Jankélévitch ?

Les victoires de Christian d’Oriola, en une émission.

Note de conjoncture, suite

Qu’observe-t-on si l’on s’écarte un rien de l’idéologie ? (Suite d’un billet précédent.)

Une évidence, pour commencer. La France fait face à des problèmes (au sens mathématique) de tous ordres. Problèmes sociaux (malaises, déclassement, extrémisme…), économiques (déficits publics et de la balance commerciale, incapacité à financer modèle social, services publics et moyens nécessaires à sa souveraineté…), géopolitiques (Trump, Poutine, Xi and co), qui mettent plus en danger sa sécurité (productive et militaire) que sa souveraineté à proprement parler, et, finalement, environnementaux (le climat étant le moindre de ses maux, bien plus grave est la toxicité consubstantielle à notre modèle de progrès, les épidémies, etc.).

Ce qui nous amène à une autre évidence. Pour résoudre ces problèmes, on demande, de partout, de l’argent. 5% de PIB pour la défense, ici, des milliards pour l’agriculteur mécontent, là, d’autres milliards pour les start-up. Or, il n’y a pas d’argent, et de croissance, sans économie, sans entreprise ! Pourquoi ne dit-on pas, avec le gouvernement britannique : il nous faut de la croissance ? L’argent n’est pas une condition suffisante, mais c’est une condition nécessaire.

Alors, d’où peut venir cette croissance ? Lors de la révolution industrielle ou en 45, c’était la découverte qui la tirait. Ce que je retire de 6 ans d’études est que ce sont les problèmes dont il est question ci-dessus qui vont tirer l’innovation.

Trois idées, issues des mêmes 6 ans d’études :

  • Impératifs moyens financiers (donc) : c’est l’entreprise qui les crée. or, une partie de notre potentiel entrepreneurial est inexploité : PME et territoires. Il se trouve que c’est celle qui sait fabriquer. Or, on vient de découvrir qu’avoir cru aux vertus du service nous avaient ruinés, et qu’il fallait « fabriquer sur place » !
  • De solitaire à solidaire : pour débloquer ce potentiel il faut sortir l’entrepreneur de sa solitude. Pensons coalition de volontaires, entreprises, élus, services publics locaux. Cette coalition a les moyens de mettre la puissance publique à son service, de créer ce que d’aucuns appellent une « gouvernance de proximité ». L’Etat se guérit d’un jacobinisme, millénaire ! et devient efficace.
  • Esprit Blériot : tous techniciens inventeurs.

Madame de Sévigné

Je lis des extraits de la correspondance de Madame de Sévigné. Je les ai trouvées plus faciles à comprendre qu’au premier contact, qui remonte à bien avant la création de ce blog. Mais ces lettres ne m’ont pas inspiré l’admiration que j’avais ressentie alors pour la facilité qu’avait la marquise à exprimer sa pensée.

Madame de Sévigné ressemble a des gens que j’ai connus. C’est une veuve provinciale entourée d’hommes prévenants et qui s’est toquée de sa fille, que je soupçonne d’être une pimbêche vaniteuse, parce qu’elle a fait un beau mariage. Elle l’abreuve, avec esprit, de banalités. (Quant à son fils, elle le tient en piètre estime.)

Y a-t-il une véritable inégalité entre les hommes ? me suis-je demandé. Les conditions de vie des classes sociales ne sont pas les mêmes, mais chacune a les mêmes soucis ? Et la bêtise est proportionnelle à la facilité de l’existence ? Pas de génie sans contrainte ? La source de toutes les injustices ?

(Son cousin, Bussy-Rabutin, passe pour le plus bel esprit du pays en un temps où l’esprit était tout. Il en est fier. Mais un moment d’hybris lui a valu une brouille avec le Roi, et la perte de ses grandes espérances. D’où une vie de lamentations et de viles déclarations d’amour à Louis XIV. Or, que sa correspondance est plate ! Si Madame de Sévigné a du talent, il doit se mesurer par comparaison ?)

Note de conjoncture

Voilà ce que l’on entend :

  • Le ruissellement. La politique des gouvernements occidentaux. Il faut libérer les démiurges créateurs (modèle GAFA), les premiers de cordée, parmi lesquels se retrouve naturellement notre élite gouvernante. C’est le fantasme spéculatif du château en Espagne. Depuis 40 ans, au moins, bulle spéculative après bulle spéculative, les démiurges ne créent que du rêve et aspirent les fonds destinés au progrès de la société. Cela va à l’encontre de toutes les observations (on n’ose plus parler de science, vu ce qu’on lui a fait dire !) : c’est la société, dans son ensemble, qui est créatrice, pas l’individu. Résultat : cercle vicieux et prédiction auto-réalisatrice. Déclassement de la classe moyenne, des PME, des territoires, des banlieues, et crises sociales, appauvrissement du pays, qui n’a plus les moyens d’assurer sa sécurité…
  • La transition climatique. Parent pauvre des travaux sur les limites à la croissance, elle produit deux courants. Certains disent qu’il faut tout lui sacrifier, d’autres nient la menace. En fait, nous avons tous, sauf peut-être les démiurges, maîtres et possesseurs de la nature, une conscience environnementale. Seulement, les mesures réclamées demandent aux victimes de la théorie du ruissellement de faire des sacrifices : ils se révoltent. Résultat : les courants dits « populistes » la nient. Solution de facilité.
  • L’anarchisme (quelqu’un a-t-il un terme plus juste ?). Pour lui, l’économie, le progrès, l’Occident… c’est le mal. Sous les pavés, la plage ! Raisonnement indigent. Notre société n’est qu’effets néfastes. La médecine tue, la justice condamne l’innocent et profite au criminel, la nourriture est malsaine… Faut-il les supprimer ?

Tout ceci n’aurait-il pas quelque-chose en commun ? Idéologie ? Autrement dit, rationalisation d’intérêts ? Conséquence : on n’est pas sortis de l’auberge ?

Impasse ? (A suivre.)

Popp et Rastignac

André Popp fut une célébrité d’après guerre. On lui doit des génériques d’émissions célèbres à l’époque, et un best seller mondial. (France culture.)

Effectivement, j’ai retrouvé quelques-unes des musiques d’alors. Mon sentiment n’a pas changé : atroces. Musiques d’ascenseur et de société de banlieue.

Curieusement, c’était un temps de bonheur fou. Tout était possible à l’autodidacte de 20 ans, qu’il était. D’ailleurs, ce que nous considérons comme des notables avait vingt ans alors, et ne savait rien. Mais, la nature à horreur du vide, et dans l’univers naissant de l’audiovisuel (qui avait été débarrassé de ses collabo ?) les places étaient à prendre. C’était le temps des Rastignac ?

Trump suite

M.Trump annonçait, l’autre jour, assurer la domination des USA sur l’intelligence artificielle.

Depuis 40 ans que je m’intéresse au sujet, je ne le trouve pas très sérieux. Mais, pas sérieux n’est pas américain. L’entrepreneur américain est un bateleur. Ce n’est pas un esprit scientifique. Le seul arbitre de sa vie est le succès. La fin justifie les moyens. Et, s’il réussit, c’est que Dieu est de son côté.

La logique de Trump est celle du mauvais coup. C’est de bonne guerre.

Chez lui, aux USA, c’est aussi une guerre. Mais une mauvaise guerre. Contre les universités, d’abord, et maintenant contre M.Obama. Règlement de compte ? Les démocrates ont déclenché la justice contre lui, et ont fait de sa vie un enfer, maintenant il veut les faire payer ?

Bienvenue au FarWest ?