On parle beaucoup d’impact, ces temps derniers. Trump ne semble pas faire exception à la tendance.
Citique du consensus
Le consensus a mauvaise presse. A quoi cela tient-il ?
Peut-être à ce que l’on pense qu’il vient de ce que ceux qui sont à son origine sont du même milieu et ont les mêmes intérêts ?
Problème qui se pose à la science : les scientifiques ne peuvent être une communauté, sous peine de partager les mêmes idées ?
Etats désunis
Je me souviens d’un film de George Clooney qui traitait de McCarthy. Après un épisode de peur et de délation, le peuple s’était ressaisi. Sentiment agréable.
Que fait, aujourd’hui, le spectateur du film, qui s’est certainement cru son héros ? M.Trump fait régner la terreur. Mais, en dehors de quelques juges, des Chinois, qui rendent coup pour coup, de MM.Poutine et Netanyahou, qui le méprisent, personne ne s’émeut. L’Angleterre se prosterne même et donne d’elle-même un spectacle dégoutant.
L’émission de Christine Ockrent (France culture), la semaine dernière, disait que, aux USA, chaque camp était convaincu que l’autre lui en voulait à mort. Ce qui augure mal de l’avenir. Quoi que l’Américain demeure, dans la vie quotidienne, ouvert et sympathique.
Plus préoccupant ? Le courant démocrate modéré serait en déroute. J.Biden croyait avoir trouvé la parade à Trump, en fournissant un emploi au petit peuple. Son échec a laissé la tendance qu’il représente désemparée.
(Il est tentant de penser qu’il la doit, outre au fait qu’il a sous-estimé son âge, aux compromis qu’il a fait avec son aile-gauche, qui lui a valu une vice-présidente incompétente et des politiques inefficaces.)
Bel été
Cet été fut un bel été, me dis-je. Comme l’année dernière. (D’ailleurs, il paraît qu’il aurait été bon pour le vin !)
Qu’est-ce que ce cela signifie ? Attendu que je reste en région parisienne, je demande à l’été de ne pas être froid et déprimant, mais pas trop chaud non plus. En particulier, il ne doit pas être chaud en début d’été, à un moment où les nuits sont courtes, et que la chaleur a peu de temps pour s’évacuer. Comme je n’arrose quasiment pas mon jardin, un peu de pluie est bienvenue.
Chacun voit l’été à sa porte ? Leçon de résistance au changement pour climato-enthousiaste ?
Consensus et conviction
Curieusement, le consensus des scientifiques ne convainc personne. Ou plutôt convainc la population que la science n’est pas sérieuse.
Je me demande si se convaincre de quelque-chose ne demande pas un exercice douloureux. Il faut qu’il y ait débat, désaccord. Alors l’intellect se met en marche. Il peut en résulter qu’il aboutisse à une conclusion opposée à sa position initiale.
(Socrate de Platon semble avoir procédé de la sorte. Pourquoi ne me convainc-t-il pas ? Pour moi, il utilise les procédés des sophistes. Il manipule son interlocuteur. Ce qui lui a manqué, selon-moi, est d’avoir cherché à le comprendre, d’avoir eu du respect pour un point de vue que ce dernier ne savait souvent pas exprimer.)
Voies de Dieu
La cathédrale gothique est apparue en un temps de croissance démographique forte.
La France, en particulier, s’est couverte d’églises et de cathédrales. Ce qui avait pour conséquence l’emploi de beaucoup de monde. Et c’était un travail qui rapportait beaucoup. Une façon efficace de répartir des richesses. (France culture.)
Les sociétés trouvent des moyens mystérieux d’assurer leur équilibre ?
Lucrèce
On doit au poète Lucrèce de connaître l’oeuvre d’Epicure.
Apparemment la transmission s’est faite par copie. Et le matérialisme d’Epicure était difficile à avaler par le spiritualisme du Moyen-âge. Un poète était plus acceptable ? D’autant qu’il semble avoir été une sorte de livre de cours de latin ?
Peut-être est-ce aussi une légende qui a été inventée récemment ? On aurait aussi inventé le fait que Lucrèce était dépressif.
En tous cas, me disais-je, notre société n’a pas toujours été matérialiste, et ses époques spiritualistes n’ont pas été de grands succès. Peut-être parce qu’une société spirituelle est aussi arbitraire ?
(Venu d’Avec philosophie, de France culture, dont je n’ai pas retenu grand chose.)
Histoire des idées
De la façon dont nous sommes gouvernés et de ses conséquences, suite.
Les bons élèves qui nous gouvernent appliquent les idées que leur apportent des travaux « scientifiques », celles qui font « consensus » (cf. commission Attali). Or ces idées ne sont pas fondées sur l’observation de la réalité. Elles ne sont pas « falsifiables » : on n’a pas tenté d’en vérifier les prédictions.
Elles ne sont que la « rationalisation » des intérêts, mal compris, de telle ou telle classe de la société. Mal compris car cette classe, isolée de la réalité, n’a pas compris qu’elle n’est rien sans la société.
Ces idées produisent, en conséquence, des drames. Ce n’est pas par hasard s’il y a eu Brexit et Trump. Les Anglais ont réformé l’Europe, et les Américains, le monde. Et ils ont été les premiers à subir les effets de leur idéologie.
Les bons élèves qui nous gouvernent ont appliqué ces idées avec enthousiasme.
Faut-il les condamner, ou leur en apporter de meilleures ? Des idées tirées de la réalité ?
Conditionnement
Je fais beaucoup de conseil gratuit. C’est peut-être un mauvais investissement, pour ceux que j’aide, me demandé-je. En effet, je me rends compte que toute la valeur du conseil est dans la proposition. Elle force à une réflexion essentielle, et particulièrement créative.
On ne se rend pas compte à quel point nos actes sont conditionnés par les circonstances dans lesquelles ils se font.
Par exemple je me souviens d’un acteur porno, qui disait, dans je ne sais plus quel film (pas porno), qu’au fond, à la maison, il n’était pas mieux qu’un autre, il n’était bon qu’au travail.
Par ailleurs, il me semble, comme le disait Robert Solow, que, dans les cas graves, il est préférable qu’un médecin ne soit pas « aux pièces ». C’est la logique de l’hôpital. Je me méfie de la médecine de ville.
Comme pour l’IA, devrait-on se demander, avant chaque action, quel « prompt » adopter ?
Fatal consensus
« Consensus des scientifiques », j’ai été surpris d’entendre cette phrase. Je pense que la première fois que ça a été le cas fut au sujet de la transition climatique. Puis il en a été question à l’époque du COVID.
Au temps de Pasteur, le consensus scientifique, c’était la génération spontanée. Au temps d’Einstein, le consensus, c’était « l’éther ». Il n’y a pas de consensus en science, sinon qu’elle ne sait rien. Que les résultats qu’elle obtient sont, au mieux, provisoire, et à manipuler avec prudence. D’où mon étonnement.
Je me demande maintenant s’il n’y a pas eu un autre consensus, celui de la Commission Attali, dont notre président fut le rapporteur. Ces brillants esprits étaient supposés nous indiquer la voie vers le meilleur des mondes. La voie de la Science. Le véritable consensus alors était que l’économie avait compris les secrets de la nature.
Ce qui m’amène à un autre consensus, dont il est souvent question dans ce blog. Celui dit « de Washington ». A la chute de l’URSS, le consensus chez les économistes américains était que le capitalisme avait gagné. Il fallait réformer le monde sur son modèle. Il en résulterait un avenir lumineux. Plus de crise. Une croissance économique puissante et éternelle.
Ces gens ont effectivement réformé le monde. Il s’en est suivi une série de crises extraordinairement violentes. Depuis, le monde hait l’Occident.
La Commission Attali n’aurait-elle été qu’une copie du consensus de Washington ?