C’est une bonne idée d’interroger un homme politique étranger. Josep Borrell a eu des responsabilités importantes à la fois en Espagne et au sein des instances européennes.
En l’écoutant, j’ai découvert que la mort de Franco avait été le signal d’un changement surprenant. Presque du jour au lendemain, l’Espagne était passée d’un état quasi moyenâgeux à celui d’une nation moderne. Il a fallu l’inventer en marche forcée. Josep Borrell semble avoir été la cheville ouvrière de cette construction. L’entrée dans l’UE lui a valu, de la part de cette dernière, beaucoup d’argent, qu’elle a peut-être quelque peu gaspillé. A ce sujet, je me souviens avoir voyagé en Espagne, à cette époque, et avoir été surpris par le nombre de grues que je rencontrais. C’était la première fois que j’en voyais autant. Quelque temps après, j’ai appris que l’Espagne avait été prise d’une fièvre spéculative. D’ailleurs, un certain nombre de collaborateurs de Josep Borrell ont été coupables de malversations. Ce qui a nuit à sa carrière.
Quant à l’Europe, il est inquiétant d’entendre que le constat qu’il fait n’est pas partagé. Beaucoup croiraient encore que la paix est l’ordre naturel du monde, et que les USA sont notre ami, alors que l’Europe est un îlot de « liberté, de prospérité et de cohésion sociale » dans un monde dont la loi est « la violence ».
(A voix nue.)