Des étoiles dans les yeux

La raison d’être des sociétés d’Elon Musk est la conquête des étoiles. Il possède des fusées, bien sûr. Mais aussi des tunneliers, car, sur Mars, il faudra vivre sous terre, et des robots, pour le même type de raison. Il appartiendrait à une secte qui croit que la mission de l’homme est de conquérir l’univers, et que, eu égard au nombre d’êtres humains ainsi en jeu, ceux d’aujourd’hui ne comptent pas. C’est ce que disait Affaires étrangères.

C’est une forme de pari de Pascal pour degré zéro de l’intelligence.

Lorsque l’on m’a parlé de l’attaque du World trade center, j’ai cru à une blague : j’avais vu la même chose au cinéma. Et Musk ? Le milliardaire ennemi de l’humanité ? Mais pas question de rire, car il pourrait l’anéantir ! Et il n’y a pas de James Bond.

Fatalité systémique, façon Hegel ? Car Musk est une pathologie de la culture américaine. Une sorte d’aboutissement logique. Loin d’être un entrepreneur digne de ce nom, il est le fruit d’une succession de bulles spéculatives et de l’idéologie du marché qui a amené l’Etat américain à croire à l’absolu de l’esprit d’entreprise et à fabriquer des entrepreneurs à coups de commandes publiques. Et c’est sa pensée de bande dessinée qui a fait réussir Musk, car elle est celle des Américains ?

Lamartine

Lamartine m’a toujours semblé un rien ridicule. Un poète qui se serait égaré en politique, et qui se serait comporté en général Boulanger, hésitant aux moments cruciaux.

Il semble qu’il ait en fait eu de très bonnes idées avant tout le monde, celles de la France radicale, qui est à l’origine de la France d’aujourd’hui.

Concordance des temps.

(Quant à sa poésie, si elle lui valut une gloire précoce et de forts tirages, elle a vieilli avec les modes de son temps.)

Lumières écossaises

On oublie que l’Ecosse est un pays. Et, même asservie par l’Angleterre, l’Ecosse a été une grande nation. Elle est un des berceaux de la révolution industrielle, par exemple. Mais elle a eu aussi ses Lumières.

Et celles-ci pourraient avoir été bien plus intelligentes, humaines ? que les Lumières anglaises, françaises ou allemandes. Car ces dernières ont été essentiellement des affrontements de théoriciens. On a parlé de « raison », de « contrats » on s’est interrogé sur « l’Etat », on a voulu créer le meilleur des mondes, etc.

Les Ecossais semblent avoir été beaucoup plus pragmatiques et beaucoup moins dogmatiques. Ils se sont demandé pourquoi la société était telle qu’elle était et quelles étaient les facultés de l’homme. Il n’ont pas cherché la vérité dans le « monde des idées », comme Platon, mais dans l’observation quotidienne. Avec Philosophie.

Ce qu’ils ont vu prenait en défaut les envolées lyriques des fous de la raison du continent, en particulier. Devrions-nous lire David Hume et Adam Smith ?

Péril russe

Que devient la Russie ? V.Poutine a acheté la paix intérieure. Il paie cher les soldats volontaires, qu’il trouve dans un réservoir inépuisable de misérables (la Russie est un pays apparemment extrêmement pauvre), et parvient ainsi à compenser ses pertes, et évite aux autres le bruit de la guerre. Son industrie de l’armement produit de plus en plus. Mais son armée ne parvient pas à exploiter ses succès. Et le pays est de plus en plus entre les mains de la Chine. Son sort à court terme tient au prix du pétrole.

La Russie pose une question curieuse à l’Occident. Celui-ci n’a ni intérêt à la poursuite de la guerre, ni à son arrêt. Car la société russe est de plus en plus militarisée, de plus en plus dangereuse. Comment V.Poutine va-t-il employer ses troupes une fois la guerre finie ?

Affaires étrangères.

(Un article s’interrogeait aussi sur le danger que présentait, pour l’Occident, les militaires russes démobilisés. Ils ne connaissent que la violence et pourraient passer à l’ouest. Peut-être faudrait-il réfléchir à l’avenir de la Russie, qui menace de devenir un état de non droit sur armé et sur nucléarisé ?)

Etre heureux, en France

Pour vivre heureux, vivons cachés. La première fois que l’on m’a dit que c’était la devise de la PME française, je ne l’ai pas cru. Puis, rencontre après rencontre, sept ans durant, j’ai constaté que c’était vrai. Stupéfiant !

Cela fait penser à beaucoup que le dirigeant français est « un pauvre type », sans ambition. Je ne le crois pas. Cette caractéristique ne tient pas à la psychologie du Français, mais aux conditions dans lesquelles il vit.

On dit souvent que la France n’aime pas les gens riches, ou glorieux, mais on n’a pas réfléchi à ce que cela signifiait pour les autres. J’ai constaté qu’elle était amicale avec les pauvres. Et cela explique les conclusions des économistes. Ils constatent que nos PME sont pauvres et petites. Elles ne veulent pas et ne peuvent pas grandir.

En fait, elles évoluent dans une économie « non monétaire ». Elles ne savent pas « se vendre ». Elles gagnent mal leur vie. Elles paient mal leurs employés ou leurs fournisseurs. Elles font tout pour ne pas payer d’impôts. Et elles n’ont aucun moyen pour investir dans « l’idée géniale » qui les sauverait. L’Etat fait tout pour les aider. Si bien qu’elles attendent tout de lui, et ne croient plus en la vertu de leur propre initiative. Et cette aide leur permet de faire une sorte de « dumping », de vendre à perte !

Comment inverser ce cercle vicieux ?

Charles Fourier

Charles Fourier n’aurait pas été que l’inventeur du Phalanstère. Il aurait été un précurseur du féminisme et de l’écologie modernes.

Et il aurait été une sorte d’anti Spinoza : il trouvait les passions utiles. (Concordance des temps.)

Le plus surprenant, pour quelqu’un dont la pensée paraît farfelue et qui était relativement obscur, fut sa capacité de séduire des polytechniciens. Ils ont cherché à transformer ses idées en réalités. C’est probablement à eux que l’on doit qu’il n’ait pas sombré dans l’oubli. Il en fut de même de Saint Simon.

Le polytechnicien fut idéaliste ?

Municipales

Que vont donner les municipales ? Difficile à dire. Il n’y a de sondages que pour les grandes villes et ils sont inconclusifs.

On nous annonçait une hémorragie de maires, ce qui ne semble pas être le cas.

Dans l’ensemble, on tend à reconduire les maires en place. C’est une question de gestion plus que de politique. Quant aux grandes villes, je me demande si elles ne feront pas partie du même phénomène : quand une équipe paraît en difficulté, son bord serre les rangs alors que les ambitions individuelles disloquent le camp adverse ? N’est pas ce qui s’est passé la fois dernière à Paris ?

Vive la guerre ?

Constat : on parlait de réindustrialisation, de relocalisation… Mais c’est le contraire qui se produit. Et avec une accélération croissante ! Seulement, il y a un espoir : l’armement. Vladimir Poutine et Donald Trump vont-ils sauver notre économie ?

J.K. Galbraith dans son analyse de la « société d’abondance » d’après guerre faisait de l’armement la raison d’être de ce miracle. Retour des jours heureux ?

Mais aussi leçon ? On nous a farci la tête de « libéralisme », de laisser-faire. Les entrepreneurs nous ont dit : éliminez les réglementations et vous allez voir ce que vous allez voir… Eh bien, on a vu. Et on voit surtout que l’entrepreneur n’est jamais aussi heureux que lorsque l’Etat lui passe des commandes. L’entrepreneur a besoin d’un avenir prévisible. Il est terrorisé par l’anarchie de « l’économie de marché ».

Lumières

Au fond, le mythe se niche partout. Et nous en sommes victimes. C’est l’idée qui m’est venue en écoutant une émission parlant des Lumières (Avec philosophie).

Que nous a-t-on dit ? Qu’il y a eu les Lumières et qu’elles ont été causes de la révolution.

Mais, il n’y avait pas deux penseurs des Lumières qui pensaient la même chose. Comme souvent (toujours ?) avec les intellectuels, ils se haïssaient. Et ils étaient une poignée, alors que c’est le peuple, qui n’entendait rien à leurs raisons, qui s’est révolté. Tout simplement parce qu’il vivait dans la misère ? (Ce qui expliquerait que la révolution américaine ne ressemble pas à la française ?) Et que lorsque l’on a voulu les appliquer, on a découvert que les théories des beaux esprits n’étaient guère adaptées à la pratique. Robespierre était un disciple de Rousseau…

Emile Allais

Un champion du monde de ski alpin, français ! C’est ce que fut Emile Allais, il y a 90 ans.

En ce temps, ce sport était dominé par l’Autriche et la Suisse. Et probablement très peu pratiqué. La carrière d’Emile Allais fut brève. Le temps qu’il comprenne la technique suisse, il se cassait une jambe (la jambe étant liée au ski, elle cassait facilement : en deux accidents, sa taille a été réduite de 3 centimètres), et était mobilisé.

C’est peut-être la suite de sa carrière qui a été véritablement remarquable. Il semble avoir été à l’origine des sports d’hiver modernes. Il a passé des années au Chili et aux USA (dont il avait appris les langues) à bâtir des stations de ski, il y avait peu de bons skieurs, mais beaucoup de gens qui pouvaient se payer des vacances de neige, puis il a fait profiter la France de son expérience.

Bonne personne au bon moment ?