Lorsque j’ai lu « gauche antisémite », j’ai cru que l’on faisait payer la monnaie de sa pièce à la gauche, qui traite si facilement ceux qui lui déplaisent de « Nazis ». Ainsi, aux USA, ceux qui s’opposent à la gauche sont les « pro life », ce qui fait implicitement de la gauche un parti d’assassins…
Dans ma jeunesse, elle était du côté du Juif, victime desdits Nazis. Elle multipliait les livres et les films sur la question juive. Les Palestiniens étaient des terroristes. Et l’on plaignait les Israéliens qui étaient venus chercher la paix en Palestine, après bien des malheurs, et qui y trouvaient la guerre. (cf. La Tour d’Ezra.) Comment imaginer un tel revirement ?
En fait, il semblerait qu’effectivement il y ait, à gauche, un courant antisémite persistant, qui ait précédé l’antisémitisme de droite et qui ait refait surface récemment :
le signe « juif » est un empêchement à la vie par la corruption ou la désagrégation qu’il génère. En 1870, la banque, l’agiotage et la Bourse dominés par les « Sémites » étaient un obstacle à l’existence sociale prolét-aryenne et à tout projet de refondation égalitaire. C’est au nom de l’humanisme émancipateur et de la morale anticapitaliste qu’agit la gauche antisémite du xixe siècle en ciblant ce qu’elle considère comme l’épicentre du mal. Un siècle plus tard, c’est toujours au nom de l’humanisme et désormais de l’antiracisme que l’on s’affirme antisioniste afin de libérer le monde de l’état-major de l’axe du mal. Dans un cas comme dans l’autre, la haine du Juif incarne la vertu
Marx était antisémite, apprend-on. Il en aurait voulu à la « judaïté », à la culture des Juifs.
Etrange affaire. La culture d’une communauté entrerait en conflit avec une idéologie ?