Innovation sociale

La cathédrale fut l’équivalent des grandes inventions qui transforment les sociétés.

Ce fut un extraordinaire progrès, sur de multiples fronts, architecture, vitraux, charpente, etc. Le résultat devait avoir un effet extraordinaire – imaginez ces immenses édifices plein de richesses et de lumière, au milieu d’un chaos de petites habitations sombres (ce que l’on aperçoit encore à Reims, où la cathédrale domine la ville) ! Le paradis sur terre ?

Ce fut aussi une colossale activité économique, qui employait une grosse partie de la population. Pour en donner l’échelle : églises et cathédrales avaient, par définition, la capacité d’abriter les habitants du pays !

Ce fut, enfin, un extraordinaire moyen de redistribution des richesses.

Exemple d’innovation sociale ?

(Les oeuvriers des cathédrales – et pas les ouvriers !)

Yankeecène

L’ère de Roosevelt a été celle de la « soft power » américaine. En particulier, il a imposé, par contrat, aux vaincus de la guerre, l’Europe de l’Ouest et le Japon, le film américain, véhicule de son impérialisme culturel.

Notre crise actuelle serait-elle celle de cette culture, qui n’est pas la nôtre ?

D’ailleurs quelle est-elle ? Avant guerre, les USA n’étaient que bulles spéculatives et crises économiques effroyables. A tel point que Schumpeter et les Robber barons s’étaient mis d’accord : seul le monopole pouvait contenir ces crises. C’est la guerre qui a fait la fortune des USA. Ils ont absorbé, en particulier grâce aux Juifs et aux Nazis, toute la science occidentale. Ils sont devenus une bureaucratie à la Max Weber. L’aboutissement des Lumières, selon Hegel.

Depuis la chute de l’URSS, il semble que l’on en revienne aux origines, à l »‘esprit » de la société américaine, pour parler comme Montesquieu. L’héritage de Roosevelt est oublié. C’est que l’on a appelé « la nouvelle économie ».

Et cet esprit est l’individualisme. L’individu est, comme Trump, mû par des « sentiments animaux ». Greed and fear, dit-on. Il profite de la faiblesse, en particulier l’amitié, mais respecte la force.

Peut-on mettre le fauve en cage ? Le dompter ?…

G bulle

5G, 5 ANS APRÈS (1/2) – Gouffre financier pour les opérateurs, indifférence des utilisateurs : le nouveau standard de téléphonie mobile n’a pas tenu ses promesses malgré des performances techniques bien réelles.

La Tribune du 6 octobre

Se rappelle-t-on de l’hystérie que suscita la 5G, en particulier au sein de notre gouvernement ? Eh bien, une fois de plus, c’était un coup de pub sans lendemain.

Peut-être, au temps de l’intelligence artificielle, serait-il bon de se le rappeler ?

Fragile démocratie ?

La démocratie est une construction abstraite. Jadis nos grands hommes ont cru que de l’affrontement des idées et des intérêts résulterait le bien commun.

Cela mériterait une étude approfondie. En tous cas, on constate :

Qu’aux USA une « cancel culture » en remplace une autre. Un lobby prend le pouvoir après un autre et impose sa ligne par la terreur. Le peuple amplifie le mouvement, façon « servitude volontaire » de la Boétie.

Qu’en France on en est revenu à la 3ème République. Ceux qui détiennent le pouvoir sont isolés de tout et sont pris dans un mouvement brownien incompatible avec la moindre pensée qui ne soit pas réflexe. Ils sont entre les mains des lobbys. Ou des manifestations de mécontentement. Ce qui produit le chaos.

Comment cela se termine-t-il ? Si l’on en croit Pierre Rosanvallon, en ce qui concerne la France, par l’arrivée d’un homme fort, qui remet la société en ordre. Peut-être pourrions-nous tenter une innovation ?

Arménie

Il y aurait eu deux Arménie, une à l’ouest, en Turquie, l’autre à l’est. Et, au moins à l’époque de l’émission qui disait cela, 1978, la diaspora arménienne demandait non seulement la reconnaissance de son génocide par la Turquie, mais des dédommagements et de pouvoir retrouver ses terres.

On peut comprendre, dans ces conditions, que les populations turques actuelles, qui n’ont aucune responsabilité dans le génocide de 1915 n’aient par envie d’écouter ces revendications ?

Titanic

La politique est un tel chaos que je ne la suis pas. J’ai pourtant appris, hier, que notre premier ministre avait démissionné.

Bruno Lemaire en aurait été la raison. Ce qui m’a amené à une curieuse idée.

Et si ce qui était en cause était une ligne que suit avec acharnement M.Macron. Il veut faire de nous une start up nation, à l’image de l’Amérique ?

Le déficit viendrait-il de là ? Il y a eu le « quoi qu’il en coûte », qui a injecté beaucoup d’argent dans l’économie et plombé bien des PME. Il y aurait aussi un financement du programme d’intelligence artificielle de 109md. Confronté à l’hostilité de la population, M.Macron a augmenté les retraites, et le déficit. Mais cette mesure électoraliste ne lui a pas fait gagner les élections européennes. Devant maintenant régler la question du dit déficit, il a cherché à retrouver une majorité, de façon à pouvoir prendre des décisions impopulaires qui épargnent son programme. D’où dissolution. Il jouait sur la peur du chaos. Raté. Et aujourdhui ?Bruno Lemaire était, me dit-on, son choix…

Théorie du complot ?

Mais M. Lemaire est parti et le premier ministre fait une mission de management par intérim. M.Macron laisse planer la possibilité d’une nouvelle dissolution en espérant que la menace, cette fois, fera un miracle ?

We’re frankly loath to write anything about the French government, lest it change before you even have a chance to read it. 

() “France is too big to fail,” said one diplomat from an EU country. “So this endless political instability puts the entire eurozone at risk.” 

Politico.eu, ce matin

(Remarque : l’autre jour, je lisais que notre premier ministre annonçait renoncer à l’usage de l’article 49 3 de la constitution. Il présentait cette décision comme un geste de bonne volonté à l’endroit de l’opposition.

Contre mauvaise fortune bon coeur ? me suis-je demandé. Car invoquer l’article en question est la garantie de se faire renverser. Il est inutilisable. Il ne servait qu’à rappeler à l’ordre une majorité absolue ?)

André Tardieu

Je ne connaissais pas André Tardieu. Il fut un homme politique important avant guerre.

Major de Normale sup, il lui préfère la diplomatie. C’est un esprit brillant et méprisant. Comme tout gosse de riche, il rêve de faire une politique de gauche, mais, comme il n’y a pas de place à gauche, il va à droite. Au pouvoir, il amorce ce qui sera le programme du front populaire.

Il voulait faire une politique de prospérité, mais il est frappé par les conséquences (retardées en France) de la crise de 29. Il se retire de la politique. Constatant le chaos qu’est la troisième République, il écrit une oeuvre qui aurait inspiré de Gaulle.

(D’après une émission de 1958.)

Gauche droite

Aux USA, Trump semble faire régner la terreur. Curieusement, la gauche, qui jusque-là faisait l’opinion, est soudainement inaudible. La « cancel culture » a brutalement changé de camp.

Etrange phénomène. C’est la « dialectique » de Hegel à l’oeuvre. Mais ce n’est qu’un constat, qui a une explication ? Comment se fait-il que ce qui devrait être le propre de la démocratie, le débat, soit impossible ? Qu’une opinion en remplace une autre ?

En France, la gauche a conservé son influence sur les médias, mais, dans les faits, plus personne ne croit à ses projets. Coeur à gauche, portefeuille à droite ? Eternelle hypocrisie française ?

André Chastel

Découverte d’un illustre historien de l’art.

Il me semble avoir cherché, par une recherche rigoureuse, à comprendre les facteurs qui influencent l’art à une période et un endroit donnés. Par exemple, l’esprit d’une cité, qui peut-être, par exemple, platonicien au aristotélicien. Comme souvent le hasard joue aussi un rôle immense.

Voilà une démarche intellectuelle pour laquelle j’ai de la sympathie.

(Le bon plaisir – André Chastel.)

Banalité du mal

Global banking climate alliance folds four years after launch
‘Net zero’ financial sector group votes to cease operations after losing members under political pressure

Trump’s attacks cast a chill on what Wall Street says

Economists and investors say there are scattered signs of self-censorship

Financial Times du 3 octobre

Curieux comme les fortunes peuvent changer du jour au lendemain.

Un mécanisme qui illustre la Banalité du mal d’Hannah Arendt ? Il suffit de quelques signaux pour que chacun se cache ? Ce qui n’est pas une très bonne affaire pour ceux qui sont à l’origine des dits signaux ?

Technique de conduite du changement pas très durable ?