Il est dommage que l’on n’ait pas poursuivi l’étude des « pathologies sociales » de Durkheim, disais-je.
Je pense que son idée est que ces pathologies sont liées aux valeurs mêmes de la société. Par exemple, la pathologie de la littérature, de la poésie ou de l’art, dont je parlais il y a peu tiennent probablement à ce que l’on en a fait des activités admirables, sans faire ce qu’il faut, d’ailleurs, pour qu’elles ne se transforment pas en cancer. On pourrait penser la même chose de l’école et de l’enseignement supérieur.
Il donne l’exemple de l’innovation, qui fait à la fois l’inventeur et le criminel. C’est d’ailleurs ce que l’on voit dans les films américains : le mafieux est un businessman par d’autres moyens. Et les Américains disaient que l’entrepreneur était un « hacker », qu’il s’en prenait aux règles sociales.
Mais c’est peut-être son étude sur le suicide qui est la plus intéressante. Car, elle porte sur la nature même de la société, qui doit être propre à toutes les sociétés. Ne voulant pas relire le livre qu’il lui consacre, d’autant qu’il est, à mon avis, inutilement indigeste, Durkheim ayant voulu donner à son travail l’aspect d’une oeuvre scientifique, j’ai interrogé wikipedia.
J’ai eu la surprise de trouver quatre facteurs favorables au suicide et non trois comme dans mon souvenir. En fait, Durkheim avait mené, effectivement, un travail scientifique, donc expérimental (et statistique, ce qui est remarquable). Et il avait trouvé 3 causes. Ce n’est qu’ensuite que l’on aurait extrapolé ses travaux.
Tout s’explique par deux facteurs : intégration et régulation. Comme chez Aristote, il serait question de « juste milieu ». Si la société est trop ou pas assez « intégrée », ou si elle est trop ou pas assez « réglementée », il y a suicide « excessif ». En effet, quoi qu’il arrive, il y aurait taux de suicide « normal » (facteur explicatif : nature humaine ? ou contrepartie des effets bénéfiques de la société ?).