Les Cristalliers

Y a-t-il toujours des Cristalliers ? Les Cristalliers sont, ou étaient, des alpinistes dont la passion était la collecte de cristaux de roche. Ils consacraient leurs loisirs à des escalades périlleuses, qui parfois leur coûtaient la vie, à la recherche des dits cristaux. Et, lorsque l’escalade n’est pas possible, à observer les montagnes à la jumelle, dans l’espoir d’y repérer quelqu’évolution favorable.

Art pour l’art, apparemment les cristaux n’ont aucune valeur.

Voilà qui paraît curieux. Mais, vues par un étranger, toutes nos passions ne sont-elles pas incompréhensibles ? C’est ce genre de fantaisie qui évite à l’humanité d’être prisonnière de la raison ? Raison qui pourrait lui être fatale ?

(Rediffusion de France culture.)

Tueur russe

Hasards de wikipedia. Un tueur en série russe. Je me suis demandé : comment peut-on être un tueur en série en URSS ?

Une enfance effroyable, des crimes effroyables, une misère qui fournit des victimes et une police qui a le talent de faire avouer l’innocent ? Curieusement, il aurait pu s’en tirer, s’il n’avait pas craqué en dernière minute, lorsqu’on lui a lu le portrait psychologique du tueur présumé.

On a les tueurs que l’on mérite ?

Les temps sauvages

D’ordinaire je n’ai pas une grande estime pour Joseph Kessel, gloire d’un temps révolu. En fait, je n’aime pas les romans.

Mais ce livre, dont je n’ai entendu que des extraits, n’en est pas un. A la fin de la guerre de 14, l’Etat major allié craint que l’Allemagne ne reconstitue un front en Russie. Il décide d’envoyer des troupes en Sibérie. Kessel est volontaire.

Il découvre une humanité de la fin des temps, l’homme redevenu animal. Le milieu naturel de l’aventurier et de l’écrivain.

Paris est un roman

Une émission à la gloire de Paris.

Elle m’a fait penser que Paris avait perdu la fascination qu’il exerçait sur le monde. D’ailleurs, aucune ville ne me semble l’avoir remplacé.

Pourquoi ? Je me demande si les transports n’ont pas dissipé le mystère. Ainsi, dans mon enfance, aller à Paris était une aventure. Et on y voyait des spectacles rares et des nouveautés étranges. Par exemple des métros sur pneus. Y habiter ne changeait rien : les quartiers de Paris étaient isolés les uns des autres.

Maintenant tout se ressemble. Tout est devenu banal.

Méthode Dumas

Alexandre Dumas a produit une oeuvre qui est impossible à lire en une vie. Un temps, il écrivait tous les feuilletons des journaux parisiens.

Sa méthode consistait à utiliser une équipe de personnes qui lui fournissait des idées et des ouvrages plus ou moins achevés. Il les réécrivait en leur apportant, peut-être bien, l’art qui leur manquait et qui faisait leur succès.

Pourquoi s’acharner à vouloir faire une oeuvre du sol au plafond ?

(France culture : La vie de Dumas père : Les trois mousquetaires, Conférence de l’Université des annales (1ère diff 17/10/1955))

Erreur

Une fois de plus, je me trompais. Spinoza ne parle pas que des dangers de la passion. Il semble aussi parler de ce que j’ai découvert récemment : nos actes sont guidés par des injonctions inconscientes que nous ne contrôlons pas. En prendre conscience est le début de la sagesse.

Ma vie est effectivement pavée d’erreurs de raisonnement. Avec le recul, je constate que je suis passé à côté de solutions évidentes.

Mais, que me serait-il arrivé si j’avais pris des décisions correctes ? Ne serais-je pas un légume heureux ?

Il me semble que nous vivons dans la caverne de Platon. Nous ne voyons de la réalité qu’une sorte de « projection ». La raison nous enferme dans ce monde plat et terne. Il n’y a que le hasard, et l’erreur de raisonnement, qui nous permette de découvrir qu’il existe « autre chose ». (Et l’art est une forme de ce hasard.)

Adrienne Monnier

Curieuse Adrienne Monnier, découverte grâce à France Culture.

Les grands noms de la littérature d’entre deux guerres semblent lui devoir d’être sortis de l’anonymat. Autodidacte, venue d’un milieu modeste, elle avait acheté une librairie. Elle l’utilisait pour convertir ceux qui y entraient, et le méritaient, à ses idées. Elle expédiait ceux qui voulaient simplement acheter un livre chez ses confrères. Les auteurs qu’elle défendait s’y donnaient en spectacle.

Les entrepreneurs que je rencontre ressemblent beaucoup à Adrienne Monnier. Eux aussi ont une cause à défendre, et fort peu de souci de la logique économique.

(France culture : Tribune des critiques – Tribune consacrée à Adrienne Monnier (1ère diffusion : 03/11/1965)).

Waldeck-Rousseau

Waldeck-Rousseau aurait-il fait mentir de Gaulle ? Comme Clémenceau et Mendès-France, il est parvenu à gouverner et à obtenir de grands succès. Mais il est mort jeune.

Curieusement, alors qu’il ne semblait pas un étudiant brillant, il devint un grand avocat. Peut-être parce qu’il ne plaidait pas, mais expliquait. Il en était probablement de même de la politique. Ce n’était pas un homme politique né. Il commençait par refuser les postes qu’on lui proposait. Si bien qu’il finissait par les obtenir à ses conditions, qui étaient intransigeantes. Il doit ses succès à être parvenu à faire cohabiter les opposés dans son cabinet. Curieusement, il était persuadé qu’il allait échouer.

Ce qui montre peut-être le changement que nous devons réussir ? Pour l’instant, seul un incorruptible, qui s’use à la tâche, est capable de rassembler les belligérants sans lesquels rien ne peut être fait ?

Optimisation

Lorsque des concurrents utilisent des algorithmes pour fixer le prix de leurs produits, ces algorithmes finissent par s’entendre, pour essorer le client.

Ce qui n’est pas surprenant. Non seulement c’est un résultat ancien, mais il semble évident que la collusion permet de maximiser le bénéfice individuel. C’est pour cela qu’on la combat.

Reste à savoir comment éviter ce type de désagrément…