L’ère de Roosevelt a été celle de la « soft power » américaine. En particulier, il a imposé, par contrat, aux vaincus de la guerre, l’Europe de l’Ouest et le Japon, le film américain, véhicule de son impérialisme culturel.
Notre crise actuelle serait-elle celle de cette culture, qui n’est pas la nôtre ?
D’ailleurs quelle est-elle ? Avant guerre, les USA n’étaient que bulles spéculatives et crises économiques effroyables. A tel point que Schumpeter et les Robber barons s’étaient mis d’accord : seul le monopole pouvait contenir ces crises. C’est la guerre qui a fait la fortune des USA. Ils ont absorbé, en particulier grâce aux Juifs et aux Nazis, toute la science occidentale. Ils sont devenus une bureaucratie à la Max Weber. L’aboutissement des Lumières, selon Hegel.
Depuis la chute de l’URSS, il semble que l’on en revienne aux origines, à l »‘esprit » de la société américaine, pour parler comme Montesquieu. L’héritage de Roosevelt est oublié. C’est que l’on a appelé « la nouvelle économie ».
Et cet esprit est l’individualisme. L’individu est, comme Trump, mû par des « sentiments animaux ». Greed and fear, dit-on. Il profite de la faiblesse, en particulier l’amitié, mais respecte la force.
Peut-on mettre le fauve en cage ? Le dompter ?…