Pauvre lune

Qui va conquérir la lune ? se demandait la BBC. Probablement la Chine, concluait-elle. Les USA ont un avantage, mais sont ridicules.

L’enjeu de la conquête de la lune serait d’y installer une base de lancement de fusées à destination de Mars, et d’utiliser la face cachée de la lune pour réorienter le rayonnement solaire vers la terre. (Quel serait l’impact sur l’atmosphère d’un rayonnement solaire concentré ?)

Pour ma part, il me semble que la Chine a entamé son déclin. Mais, il n’y a rien de très glorieux dans cette histoire. Notre technologie spatiale me semble ridicule. Elle n’est que l’ombre de ce qu’elle aurait été si l’on avait conservé l’élan, et surtout l’intérêt, initial. Non seulement nos lanceurs ne sont plus très performants, mais ils me paraissent fort nocifs pour la planète. Que se passerait-il si on en multipliait le nombre ?

Les USA semblent dans une curieuse situation, en particulier. Elon Musk aurait le monopole des lanceurs. (Les USA étaient tellement convaincus de l’efficacité du marché qu’ils ont jugé qu’un monopole privé valait mieux que l’Etat ?) Au temps de la conquête de l’espace, c’était les meilleurs esprits scientifiques qui combinaient leurs cerveaux pour faire progresser la recherche. Elon Musk ne dispose que de quelques ingénieurs, qu’il doit payer extrêmement cher.

Pédantisme

Il y a quarante ans, on parlait de « L’intelligence artificielle ». Maintenant, les gens éduqués n’emploient « qu’Une intelligence artificielle ».

Bien sûr, il y a certainement un raisonnement subtil derrière cette expression. De même que derrière « la covid ». Mais quel est son intérêt ? Il y a certainement des manières tout aussi convaincantes de justifier « l’intelligence artificielle », ne serait-ce que parce que tout le monde comprend de quoi il s’agit ? N’est-ce pas une façon particulière de prendre les choses, une perspective que veut imposer une minorité à la majorité, alors qu’elle n’est pas unique ? Une forme de totalitarisme intellectuel ?

Ministère de l’économie

Les agences de notation contraignent la France à faire des économies. De la souveraineté ?

Selon la Tribune (Tribune de la semaine du 25 février), le Ministre des finances envisage quelques mesures habiles, susceptibles de ne pas être comprises par le peuple : conservation des impôts de production, désindexation des retraites, transfert des dépenses de la sécurité sociale sur les mutuelles (impôt masqué), réduction de la prise en charge du chômage, et prélèvement sur le programme France 2030. Idée inusable : frapper les investissements.

D’autres idées ? Une étude chiffre le coût de la complexité administrative à 3,94% du PIB (article.) En la ramenant au niveau des autres nations (quasi nul), on gagnerait environ 100Md€ par an.

Cette étude est-elle bien sérieuse ? En tous cas, il y a de quoi s’interroger sur les constantes du comportement de nos gouvernements depuis l’ancien régime : incurie et lâcheté ?

L’homo en Europe

Pourquoi les espèces anciennes d’hominidés sont elles arrivées si tardivement en Europe, se demandait Carbone 14, du 17 février (France culture).

Cela ne tiendrait-il pas à ce qu’il y a eu deux temps dans l’histoire de l’homme ? Dans un premier, il était une espèce comme une autre, qui se déplaçait au gré des événements, avec le reste de son écosystème. Puis il a inventé l’agriculture et l’élevage et a fixé son écosystème, une bonne fois. Plus exactement, il l’a emmené avec lui.

Idiot ?

L’Etat le plus bête du monde ?

Samedi, Affaires étrangères de France Culture s’inquiétait pour l’Europe.

La Russie a dix fois plus d’obus que l’Ukraine. Cette dernière ne pourra pas tenir. Et le président Trump lui imposera une défaite. Ensuite M.Poutine s’en prendra aux pays baltes. L’Europe devra envoyer des troupes qu’elle n’a pas. Ce sera Munich, et elle ne sera plus rien.

Une fois de plus, la France est glorieuse. M.Breton avait promis à l’Ukraine de l’armement. Pas question de l’acheter à l’étranger. Eh bien la France n’est pas capable de produire 40.000 obus par an. (Il en faudrait un million.) Et pour une bonne raison : l’Etat ne paie pas ses fournisseurs !

Mais quand est-ce que notre élite, au QI extraordinaire, comprendra qu’avant de nous donner des leçons elle doit mettre son administration en ordre ?

Grande faillite

Il y a quelques années a commencé la mode du micro entrepreneur. Chaque année, des centaines de milliers de personnes se lancent dans l’entrepreneuriat. Et font faillite.

Pourquoi ? Elles n’ont pas la moindre idée de ce que signifie une entreprise. Particulièrement en France, qui est un enfer administratif. Ce sont des illuminées. Elles pensent que l’entrepreneuriat c’est la liberté, semble-t-il. Et elles sont victimes d’un massif lavage de cerveau. A la fois des entreprises (licenciement sans douleur), de l’Etat et de Pôle emploi (elles sortent des chiffres du chômage), du GAFA, qui leur fait croire que vendre c’est abreuver les réseaux sociaux de fautes d’orthographe, et de toutes les idées socialement avancées des influenceurs de la morale bien pensante.

Le plus surprenant est qu’elles ne sont pas les seules à se bercer d’illusions. Je mène une étude auprès des « start-up industrielles ». J’ai même publié plusieurs rapports à leur sujet. Eh bien, avec le recul, un petit recul de quelques mois, je suis surpris par le nombre de faillites de celles qui paraissaient les mieux installées. J’imagine qu’elles doivent incriminer les investisseurs, qui ne croient pas en elles. Seulement, lorsque l’on se penche sur leur histoire, on découvre qu’il y avait un vice dans leur modèle économique, une « erreur de débutant ». Au contraire, c’est grâce à la générosité des financements publics qu’elles sont allées aussi loin en dépit d’un handicap rédhibitoire.

Morale ? L’homme est bien peu régi par la raison. Il est le fruit des idées du moment.

Le Stakhanov du blog

On m’a traité de stakhanoviste du blog. Et cela parce que je publie plusieurs articles par jour.

Erreur. Cela me prend peu de temps, un bout de matinée. En tous cas, beaucoup moins que de faire un véritable article. Mes billets sont des brèves. La complexité croit exponentiellement avec la taille. Il faut une vie pour écrire un livre, par exemple. Alors que ce blog doit avoir atteint la taille d’une encyclopédie, ou presque.

Toute la difficulté de l’exercice est de me souvenir de ce qui m’a frappé durant la semaine. En vieillissant, l’esprit devient paresseux. Biden remplace Stakhanov.

Du français

Ecrire, c’est s’interroger sur le français. Je me penche sur le Grevisse et son bon usage. Ancienne édition.

Le français est une curieuse chose. On en est très fier. On a une académie. Alors qu’il est issu de l’argot infâme d’une sorte de lie de l’humanité (celui des troupes d’occupation de la Gaule) et qu’il est fait, en outre, essentiellement de mots importés de l’étranger. Et même de mots un temps français, mais qui nous sont revenus avec un sens différent de celui qu’il avait initialement (tenez et tennis ont la même origine, aussi bien que tonnelle (tuyau) et tunnel). Si bien qu’avec une même racine, on peut produire beaucoup de choses. Sans compter qu’on ne se prive pas de lui ajouter des pré ou postpositions (épouvantail = épouvante + « ail » : instrument) et de lui retirer des morceaux (accord est issu d’accorder). Ce qui me fait me demander si les bases du français ne sont pas plus pauvres qu’on ne le prétend.

Je lis aussi que l’argot moderne a fourni des mots tout à fait respectables : cambrioleur, maquiller, matois, narquois.

A cela s’ajoute des règles qui sont devenues incompréhensibles. Par exemple, on dit « quelque temps ». Parce que temps est « le temps », et, surtout que « quelque » a une acception que l’on n’utilise plus : « un certain ». Aujourd’hui on pourrait entendre « temps » comme « époques », comme dans « les temps modernes », et donc mettre « quelques » au pluriel, une forme qui lui est devenue naturelle.

Je m’interrogeais aussi sur l’art de la virgule. Il correspond pour beaucoup au « complément circonstanciel » (« s’il est en tête de phrase et s’il a une certaine étendue »). Je dois avouer que je n’ai toujours pas compris exactement ce qu’est ce complément qui peut être beaucoup de choses. (Je soupçonne que la forme ordinaire de la phrase est « sujet, verbe, compléments », et que le « complément circonstanciel inversé » est ce qui, éventuellement, précède le sujet. En revanche, s’il est court, comme « ici », il échapperait à la virgule.)

Je constate surtout que notre esprit déduit des règles de ce qu’il voit, et que ces règles peuvent être différentes de celles qui prévalaient jusque-là. Quant à la virgule, je la voyais comme une pause du discours.

Le français est-il adapté à notre société, peu éduquée pour cause de « massification » ? Faut-il s’occuper de l’adapter avant que les forces sociales anarchiques n’en fassent mauvais usage et n’en éliminent ce qu’il avait d’utile ?