Paris et le désert français

Paris, îlot de résistance au vote Rassemblement national

Le Monde du 27 juin

L’association des interpreneurs m’a fait rencontrer le Parlement rural, qui essaie de faire entendre la voix de la ruralité depuis plus d’une décennie. Il m’a fait découvrir ce que je ne connaissais pas : l’état, préoccupant, de nos « territoires ». Et entendre l’inquiétude de ses élus modérés. A chaque élection le vote FN monte, il est désormais majoritaire. En quoi sont-ils encore représentatifs de leur population, se demandent-ils ? Devraient-ils démissionner ?

Ce qu’ils disent aussi, depuis des années, c’est qu’entre l’élite politique et le citoyen de province, personne de bon sens qui n’a rien d’un extrémiste inquiétant, il y a incommunicabilité totale. Elle vit sur une autre planète. Ilot parisien ?

Emergence du langage

Surprenant. Le langage apparaîtrait en deux générations.

Que ce soit l’animal ou l’homme, il a naturellement la capacité à « s’exprimer ». Il fait des gestes, émet des sons, etc. Mais c’est incohérent. Seulement, si vous exposez des jeunes à cette incohérence, ils finissent par la structurer. Il en résulte un langage ! (Et, apparemment, tous les langages ont plus ou moins les mêmes structures.)

On tire ces conclusions de l’étude d’oiseaux et de sourds-muets remis en société après une phase d’isolement due à un régime totalitaire.

Une autre émission de Nature bang, de la BBC.

Une fois de plus, j’ai pensé que le simplisme de la société de mon enfance et de l’enseignement que j’ai reçu est criminel.

Minute papillon

Trump hait les Allemands, et il veut signer la reddition de l’Ukraine. Voir l’état pitoyable dans lequel se trouve l’intellect de Joe Biden les a, en conséquence, consternés. (Politico Berlin Bulletin.)

Et l’on ne parle pas de la France.

Grande leçon de changement ? Tout va bien, et, on ne sait pourquoi, pour un caprice ? brutalement le monde bascule.

Idée fixe

« Macron en est venu à croire que, par sa parole, il pouvait créer des occasions, voire des moments décisifs, et que l’intendance suivrait »

Le Monde du 28 juin

L’hypothèse que j’ai tirée de ce que j’ai lu de M.Macron (dont son livre – programme) me fait penser qu’il est muré dans un rêve. Il a passé son enfance avec sa grand-mère, avec qui il a eu une relation très étroite. Je soupçonne qu’elle lui a transmis ce qu’elle croyait être la France. Une France de petites gens qui lit Jour de France et Paris Match. Et il fut longtemps le bon élève d’un système scolaire désuet. En dépit des difficultés qu’il a eues ensuite, il en a gardé la marque. L’écart entre l’opinion qu’il paraît avoir de ses discours et leur réalité est frappant. Il me semble aussi qu’il s’est imaginé délivrant, à la France et au monde, médusés, des discours immortels et vibrants. Et qu’il n’a pu supporter la réalité.

Notre système politique a mis à sa tête une « pendule arrêtée » ? Encore une fois, c’est un sujet pour théorie de la complexité. Comment se fait-il que, contrairement aux intentions de ceux qui l’ont créé, il ne nous donne pas ce qu’il y a de meilleur ?

En tous cas, M.Macron a réussi l’exploit de faire passer M.Trump pour un homme d’état digne de ce nom, un homme d’état de tout repos.

(Trump se rapproche : M.Biden, de ce que j’ai entendu de leur dernier débat, semble dans un état de sénilité avancé. Remarque de M.Trump : je n’ai rien compris de ce qu’il a dit, et lui non plus.)

Immigration

Immigration, le mot qu’il ne faut pas prononcer. Beaucoup de monde, un peu partout dans le monde, pense que c’est un mal. D’autres estiment que ceux qui ont une telle opinion ne méritent pas de vivre…

J’ai toujours vécu au milieu de l’immigration. Et peut-être plus encore aujourd’hui que dans ma jeunesse. A la dernière coupe du monde de football, dès les quarts de finale, j’étais sûr que la nation d’origine d’un de mes voisins la gagnerait.

Pourquoi est-ce devenu un sujet d’inquiétude ? Il me semble que cela tient à la prospérité. La France de ma jeunesse était conquérante. Tout le monde était susceptible de progresser.

La France moderne est défaite. Beaucoup cherchent un bouc émissaire. Ils trouvent l’immigré. D’autant que, lui-aussi n’ayant pas d’avenir, il a choisi le « communautarisme », de revendiquer son altérité. Et que nos « intellectuels », à la recherche d’une noble cause, ont monté une partie de la France contre l’autre ? (Et, peut-être bien, toute contre eux.)

Changement chez les mésanges

La culture au sens anthropologique du terme n’est pas propre à l’homme. La culture est liée à la vie en société. Ce sont des règles partagées par le groupe.

Une utilité ? C’est grâce à elle, par la vie en société, qu’un individu apprend un comportement.

Mais la culture n’est-elle pas aussi un danger ? Car si le groupe prend une mauvaise habitude, les forces sociales tendent à empêcher qu’elle ne change !

On a fait une expérience sur les mésanges qui donne le résultat suivant :

Si le groupe reste entre lui, il ne change pas. Mais si l’on introduit des individus extérieurs, il découvre ses erreurs. Le phénomène est contre-intuitif. Car ce n’est pas l’extérieur qui trouve, mais l’intérieur. En effet, les membres du groupe initial, de temps en temps, découvrent la bonne solution. Mais ils sont ramenés dans le troupeau. En revanche, les nouveaux, eux, voient l’intérêt de l’innovation. Quand ils commencent à en profiter, les autres les suivent. (Great tits and group think, Naturebang de la BBC)

Curieusement, tous les changements que j’ai menés ressemblaient à cela. J’ai identifié quelqu’un qui avait trouvé la « bonne solution », et j’en ai fait une stratégie globale. Mais je n’étais pas toujours étranger au groupe. D’ailleurs, quand je suis parti de mon premier emploi, un de mes collègues m’a dit me regretter car j’étais le seul « à descendre de la bicyclette pour regarder les autres pédaler » !

(Théorie du leader et du manager de John Kotter ?)

https://wordpress.com/post/antichiant.home.blog/13568

Communautarisme

La gauche a constitué un bloc solide à l’intérieur mais qui peut être répulsif pour l’extérieur – et cet extérieur est déterminant dans un second tour –, analyse Gilles Finchelstein, secrétaire général de la Fondation Jean Jaurès.

Le Monde du 27 juin

A regarder les titres du Monde, je vois que Serge Klarsfeld préfère le FN à la gauche et qu’il en est de même pour beaucoup de dirigeants d’entreprise (qui représentent, tout de même, plusieurs millions de votants).

Si l’on en croit ce qu’on lit depuis 40 ans, c’est à une manoeuvre de gauche à laquelle le FN doit le début de ses succès. Puis, elle l’a « diabolisé ». Maintenant, elle se prépare à être le rempart des forces du bien contre l’axe du mal ? Le jour de gloire est arrivé ?

Voilà ce que Paul Watzlawick aurait appelé un « jeu sans fin » ?

Affaiblir ses adversaires pour se renforcer. Trouver un moyen de les diviser. En fin stratège, François Mitterrand a eu recours à cette tactique en 1985, alors que sa cote de popularité était au plus bas. Pour disperser les forces de la droite, pourquoi ne pas favoriser l’essor du Front national ? A l’époque, le mouvement d’extrême droite fondé par Jean-Marie Le Pen ne pèse quasiment rien. Mais il apparaît comme un moyen efficace de tourmenter la droite…

Le Parisien, 2015

Grande déception

L’a-t-on oublié ? Il est étonnant le nombre de personnalités (estimables) qui se sont ralliées à M.Macron, au temps de sa jeunesse.

Et cela de la droite bien à droite au parti communiste. Lui-même était un ministre de gauche.

Tous ces gens s’étaient-ils ralliés à ses idées ou au potentiel de changement qu’il représentait ?

Or, il s’est révélé qu’il était incapable de réaliser ce potentiel, car il était incapable de changer ?

Mais n’a-t-il pas raison, aussi ? Son échec nous met en face de nos responsabilités : la France n’est qu’intérêts particuliers, elle n’a jamais été une nation ?

Esprit et matière

J’ai toujours tort, c’est la devise de ce blog. Rien n’est plus juste. Je n’ai fait que des erreurs. Et mon enfance a été un lavage de cerveau en règle.

Le pire est qu’il n’est pas possible de savoir ce qui est faux. C’est quelque chose qui m’est consubstantiel. Je constate régulièrement que je « suis » faux. Je le découvre lorsque j’émets une idée et que l’on me répond « nan ». Je dois comprendre ce qui ne va pas. Il faut à nouveau que je me transforme. Mais comment ? Et j’ai le sentiment d’avoir dépassé mes capacités au changement.

Fatalité ? Histoire de tout être humain ? Le rôle de la société est d’inventer sans cesse de nouvelles illusions et celui de l’homme de chercher à s’en dégager (en en générant de nouvelles ?). Polémos à la manière d’Héraclite ? Changement comme affrontement entre opposés ?

Présidentielles

Je lisais que M.Attal disait que l’on en était revenu à la 3ème République. Désormais, on élit un premier ministre.

Peu rassurant : la 3ème République fut la période de l’instabilité. La France fut risible. A moins que ce soit une façon élégante de faire oublier son triste sire de président ?

Il est aussi dit que les programmes extrêmes pourraient provoquer un chaos financier. Ce qui semble d’autant plus vraisemblable que l’économie du pays est une bombe à retardement. (Il est étonnant qu’autant de monde veuille le diriger, d’ailleurs. Le politique est un optimiste increvable ?)

Un scénario d’avenir pourrait donc être une nouvelle présidentielle. Dans ces conditions un enjeu de cette élection pourrait-il être de faire la meilleure impression possible, afin de gagner la prochaine ?