Mérite présidentiel

Comment se moquer des difficultés du chancelier allemand, des élus conservateurs qui commentent un délit d’initié pour parier sur la date des élections anglaises, ou de la sénilité du président américain, quand on est Français ?

Fini de rire. Notre président philosophe nous a mis en face des vanités de la vie. C’est un rappel bien plus efficace qu’un tableau de la renaissance.

Jour de gloire

Depuis que M.Macron a dissout l’assemblée, je me demande comment va se passer son défilé du 14 juillet.

Il y a quelques années, j’ai été invité à assister à un défilé du haut d’un toit des Champs Elysées. Rien de bien extraordinaire, la France n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ce qui le fut ne tenait pas aux chars et aux avions. Lorsque M.Hollande est apparu, il s’est produit un curieux phénomène. Un coup de froid en plein été. Une sorte d’éclipse solaire. Petit-à-petit, j’ai compris ce qui se passait : la foule sifflait. Ce qui était glaçant. En sera-t-il de même pour M.Macron ?

Et si c’était son jour de gloire ? N’est-il pas vraisemblable qu’il veut sauver la France d’elle-même ? Peut-il être plus heureux que seul contre tous ?

Les raisons du diable

Alors, pourquoi ces arguments, que je ne suis certes pas le premier à évoquer, percolent-ils si médiocrement dans le public, de gauche en particulier ? On l’aura deviné à la lecture, c’est que quatre de ces six points (l’international, l’économie, les institutions, et de manière partielle l’écologie) sont plus ou moins communs avec la gauche radicale, qui a pour l’essentiel fait passer ses vues dans le programme du Nouveau Front Populaire. Ce n’est que sur l’immigration que les divergences éclatent vraiment. Il est donc plus simple d’inventer un « RNbis », mythifié, ectoplasme aisé à pourfendre. On se fait plaisir, mais c’est tragiquement inefficace.

Article.

Pourquoi dit-on que le RN c’est le diable ? Parce que ce que son programme a de réellement dangereux est présent dans celui de l’extrême-gauche, et que c’est l’extrême gauche qui fait la politique du front anti RN.

Avec un raisonnement aussi subtil, comment être étonné que nos gouvernants se soient auto proclamés « élite » ?

Perfide Albion ?

Je jette un coup d’oeil aux résultats des élections britanniques. Surprise.

« Landslide » travailliste ? Avec 33% du vote (et on a, relativement aux usages, peu voté), les travaillistes obtiennent 63% des sièges au parlement. Avec 14,3% des votes, Reform UK, le parti du Brexit et qui, de loin, semble à la droite de notre FN, ne compte que 0,8% des élus ! Les Lib Dem, avec nettement moins de voix que Reform UK, occupent 11% des sièges !

Paradoxalement, Reform UK, qui semble une dissidence des conservateurs, plus les conservateurs possèdent beaucoup plus de voix que les travaillistes.

Reform UK, l’avenir des conservateurs ? Le calme avant la tempête ?

(Wikipedia.

PS. Le 7 matin, j’entendais Tony Blair conseiller aux travaillistes de prendre garde à Reform UK et à la question de « l’immigration » et de se méfier du « wokism ».)

Politique punitive

On parle « d’écologie punitive ». Mais l’écologiste ne veut pas punir, il sait, seulement, qu’il a raison, et qu’il n’y a qu’une seule façon de faire ce qui est bon.

Cette façon de voir s’est imposée au sommet de notre société. C’est probablement celle de notre président, en particulier. Il ne comprend pas qu’on puisse s’opposer à ce qui est bon pour nous, à savoir faire comme les autres.

Je n’ai jamais eu de pouvoir, ce qui explique peut-être que je ne partage pas l’opinion de ces gens de pouvoir. J’ai toujours constaté que la résistance au changement était riche d’enseignements. En fait, ce à quoi elle résiste n’est pas le « pourquoi », mais le « comment ». C’est pourquoi, j’ai adopté, en matière de changement, la devise de Saint Augustin : « aime et fais ce que tu veux ».

Les raisons de Trump

An April 12-14 poll from Echelon Insights found that 57 percent of all voters somewhat or strongly disapproved of the way Biden is handling the economy, and favored Trump on making the economy work better by 48 percent to 40 percent. That’s only a recent example of what surveys have routinely shown: Voters aren’t happy with Biden’s handling of the economy.

Article.

En cherchant à me renseigner sur les raisons pour lesquelles le président Biden n’est pas aimé, j’ai découvert que je souffrais de désinformation.

Je pensais que le vote Trump était idéologique. En fait, l’article en question parle d’une enquête menée auprès d’électeurs hésitants. Tous expliquent qu’ils vivaient mieux sous Trump. Ceux qui désirent voter Biden le font parce qu’il n’est pas Trump.

La « diabolisation » de Trump est donc une stratégie efficace. Et, paradoxalement, le vote idéologique aurait changé de camp.

Mais, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais : les raisons de la dégradation des conditions de vie de certains Américains, alors que, globalement, l’économie américaine se porte bien. La politique de M.Biden aurait-elle prolongé les effets des précédentes en poursuivant le « creusement des inégalités » ?

Kamala Harris

Les démocrates américains s’agitent. Les uns après les autres ils lâchent leur président sénile.

Qui va le remplacer ? Un candidat jeune et à poigne qui va « parler ferme » comme on dit en anglais ?

Apparemment non, on évoque Kamala Harris, la vice présidente. On n’en parle plus beaucoup, mais lorsqu’elle est apparue, le consensus était qu’elle était un désastre. A l’époque, je pensais qu’elle avait été choisie parce qu’elle ressemblait à Barack Obama. Seulement, ce qui faisait la force d’Obama, c’était une intelligence exceptionnelle, et, peut-être, au moins en ce qui concerne les élections, le sens politique.

Apparemment, il semble qu’il y ait un théorème qui s’applique aux élections : on reconduit celui qui est bon pour son intérêt. Si je comprends bien ce qui se dit aux USA, le sort d’une majorité de la population se serait plutôt dégradé sous les démocrates… Le génie de Trump serait, par ses frasques, de leur faire oublier cette simple vérité ?

Elections en Angleterre

Ces derniers temps les prévisions ne se trompent plus : les travaillistes anglais ont balayé les conservateurs.

Le peuple a-t-il voté pour les travaillistes ou contre les conservateurs ? Le commentateur s’interroge.

Toujours est-il que l’on entend là-bas un discours qui ne nous est pas familier : il s’agit de reconstruire le service public, et ce pour le bénéfice du plus grand nombre.

Ce qui s’annonce difficile : comme en France, l’économie du pays est défaillante. Ce qui est surprenant, lorsque l’on y songe, car cela fait un demi-siècle que l’Occident est gouverné par des économistes qui ne parlent que de compétitivité ?

C’est quand on ne la cherche pas qu’on la trouve ? Un espoir pour les travaillistes ?

Erreur systémique (suite)

Dans un précédent billet, je disais que nos gouvernements avaient lâché la proie pour l’ombre. Séduits par le GAFA, ils avaient laissé en friche nos ressources uniques.

Encore faux. Je n’avais pas compris le piège du Green deal. Car, ils nous ont parlé de réindustrialisation. Or, elle était, exclusivement, « verte ». Ce qui était jouer entre les mains chinoises. Celles-ci ayant compris tout le parti qu’elles pouvaient tirer de l’idéologie des « élites » occidentales.

Alors que les économistes ont occupé le haut du pavé, les dites « élites » sont tombées dans le piège que dénonce la première page de tout livre d’économie : produire ce que les autres font. Vouloir être une « start up nation », ou fabriquer des batteries. L’économie n’est qu’échanges, et l’on n’échange que ce que les autres n’ont pas.

Paradoxalement, jouer sur ses forces ne tue pas la transition climatique. Simplement, il faut user de son intelligence, considérer qu’il s’agit d’économiser les ressources naturelles, et non de « passer en force », façon GAFA, à coups de batteries, d’éoliennes, et de fermes de serveurs. (Le tout hautement toxique et non recyclable.)

14000

Le compteur de ce blog annonce que cet article est son quatorze millième.

Cela représente 16 ans de travail. Ce qui est surprenant, lorsque l’on y songe un peu. Comme le temps passe !

Comment a-t-il évolué ? Il a été victime de « gains de productivité ». Mon activité associative ne me donne plus le temps de m’intéresser à grand chose. J’y passe l’équivalent de plusieurs plein temps. Si bien qu’il s’est mis à parler de moi. Ce qui est une solution de facilité.

Il a été créé pour étudier le monde en changement, à une période de désarroi. Il prenait la suite d’un club que j’avais monté, pour mener la même étude, après la dislocation de la bulle Internet.

Alors, que dire ? J’ai longtemps cru que le monde doutait, donc qu’il était intelligent. En cela je rejoignais peut-être Socrate. Mais j’observe que ce n’est plus les cas. Qui est plus sûr de soi qu’un Macron ou un écologiste ?

Cela présente un danger dont on n’a pas toujours conscience : ce qui ne va pas n’est pas le « pourquoi », mais le « comment ». L’exemple même en est M.Poutine : il veut rendre sa fierté à son pays, ce qui est bien. Mais déclarer la guerre au monde pour ce faire l’est moins. C’est ce type d’erreur qui fait échouer le changement.

La grande nouveauté de ces derniers temps aura été la crise mondiale. Depuis le covid, la crise succède à la crise. Je craignais que l’inflation soit la « big one », comme on dit du tremblement de terre qui rasera un jour San Francisco. En fait, c’est probablement M.Macron qui l’a déclenchée. Il souffrait sans doute ne ne pas être au centre de toutes les attentions.

Mon explication « systémique » à ces crises est qu’un ordre du monde succède à un autre. Une explication anthropologique serait que la culture américaine aurait envahi la planète et que, aujourd’hui, les cultures nationales seraient en train de la rejeter. La victoire de ce modèle ne remonterait pas à la chute du mur de Berlin, comme le croient les Américains, mais à bien avant. N’est-ce pas lui qui a inspiré 68, et liquidé « l’ascenseur social » qu’était notre système éducatif ?

Qu’est-ce qui va en sortir ? Une renaissance culturelle ? Ou un monde bancal, à la façon japonaise ou coréenne du nord, qui garde un peu de son passé, dont elle aurait peut-être dû se débarrasser, mais a perdu tout élan vital ?

En ce qui concerne la France, ce qui est frappant est la complexité du processus qui en avait fait ce qu’elle était. Le projet de la 3ème République avait été conçu par nos plus beaux esprits, et faisait l’objet d’une forme de consensus. Il a été balayé en un rien de temps par la séduction du « laisser-faire » anglo-saxon. Notre nation peut-elle renaître sans un tel travail de fond ?

Travail d’autant plus complexe qu’il ne peut être une copie du passé. L’intérêt de la vague anglo-saxonne, et de 68, est de nous avoir montré ce qui était fragile, voire ridicule, dans notre société. En particulier, grand théorème de systémique, plus on veut se protéger, plus on augmente le danger : car, alors, il vient de l’intérieur, du parasitisme et de la guerre civile. La société résiliente n’a pas de remparts. Et elle n’a pas non plus d’institutions, car, comme on le voit actuellement, les défenses passives sont retournées contre leur objet par l’assaillant.

Bref, notre élite de « possédés » a peut être raison, quand elle se voit l’agent de la « destruction créatrice ». En faisant exploser la société, elle nous force à sortir de notre léthargie, à prendre conscience de la plongée du monde dans la vieillesse, et de l’utilité de remettre en marche notre cerveau ? Ce qui ne tue pas renforce ?