Fluctuante immigration

Hier, la BBC annonçait que le premier ministre anglais, de gauche, rendait visite à Mme Meloni. Il fait du « benchmarking ». Il compte s’inspirer de la politique qu’elle a adoptée vis-à-vis de l’immigration.

La même émission disait que l’Allemagne n’avait pas pris des mesures de contrôle de l’immigration du fait de la montée de partis extrêmes mais sous la pression populaire. Le fait que des crimes récents aient été commis par des immigrés n’a pas amélioré leur image. Le CDU de Mme Merkel fait de l’immigration le fer de lance de sa reconquête du pouvoir.

Avant-hier, Mme Meloni, descendante directe de Mussolini, était le diable. Et l’immigré un opprimé. Que les discours officiels changent en peu de temps !

Parenthèse enchantée

N’ayant pas eu de télévision dans mon enfance (et, en fait, n’en ayant jamais eu), je me suis habitué à ce que l’on me raconte les films. J’en suis arrivé à préférer cela au film même.

Voilà peut-être pourquoi je ne me suis pas intéressé aux Jeux Olympiques. J’ai attendu qu’on me les raconte.

Que m’en dit-on ? « Parenthèse enchantée » ! La France à son meilleur ? Modeste, avant tout, bien préparée, bien réalisé, et surtout un modèle, inattendu, de « solidarité« . Mais voilà que l’on retombe dans la triste réalité. Rien n’a changé ! Les partis politiques donnent un spectacle déplorable. Et c’est un exemple, malheureusement, qui est suivi. « Tout le monde sauve son bout de fonds de commerce« , me dit-on.

Si rien ne bouge, on me promet « des abstentions record » aux prochaines élections.

La solution : « Quel est le projet ? » « Qu’est-ce qui peut donner envie ? » Une question qui se pose aussi bien à nos élus qu’à nous-mêmes, en particulier aux chefs d’entreprise.

Souvenir de Boeing

Boeing faces cash crunch as machinists’ strike weighs on production
Chief financial officer Brian West tells investors the labour dispute will delay goal to reach 737 Max production target on time

Financial Times, 13 septembre

Il ne fait pas bon s’appeler Boeing. Ses avions tombent, ses véhicules spatiaux ne sont pas fiables, et ses personnels sont en grève.

Ce qu’il y a de terrible dans cette affaire, c’est notre peu de mémoire. Car Boeing ne fait que récolter ce qu’il a semé. Et il n’a été que l’hirondelle d’un changement qui a touché l’économie et le gouvernement des nations occidentales, et, en premier lieu, de notre pays.

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » entend-on souvent ces derniers temps. Peut-être serait-il bien de ne pas se contenter de le dire ?

Petit vin blanc

Le petit vin blanc que l’on boit sous la tonnelle serait une chanson d’après guerre. Je l’apprends de France musique (samedi dernier). Ce fut quasiment un hymne national. Le retour à la vie volée par le conflit.

Je pensais qu’elle datait d’avant guerre. Et même, à la réflexion, qu’elle avait quelque chose du 19ème siècle. Surprenant. Rien à voir avec l’air du temps, la modernité américaine, en particulier. Pas étonnant que le Français se soit fait balayer par l’Allemand ? Il n’était pas un contemporain des autres nations ? Mal français ?

Fluctuante immigration (suite)

Depuis quelque temps, on entend que le gouvernement allemand ferme ses frontières à l’immigration. Et c’est un gouvernement de gauche.

Quel chemin parcouru ! Il n’est pas loin le temps où le gouvernement, de droite, de Mme Merkel encourageait l’immigré à venir chez lui !

Et tout cela venant d’un pays qui est, du fait de ses atavismes culturels, un extraordinaire donneur de leçons.

« Il faut bien que je les suive, je suis leur chef » ? La morale ne pèse pas lourd face aux contingences de l’existence ? Et ce parce que le moraliste n’a aucune expérience de la réalité, et donc aucun pouvoir sur elle, sinon son ramage ?

Fini de rire

Le citoyen observe avec amusement le spectacle pitoyable que lui donne son élite politique.

Mais ne rit-il pas de son malheur ? Car le pays est en piteux état. Et l’on parle maintenant d’augmenter les impôts sérieusement. Comme d’habitude, les fonctionnaires cherchent quelque mesure subtile dont personne ne serait susceptible de comprendre la portée.

A cela s’ajoute le fait que M.Barnier veut rajouter à la dette actuelle la « dette écologique ». Le tsunami qui fait déborder le vase ?

Le danger ? Frapper ceux qui ne peuvent pas se défendre : le tissu économique des PME, qui ne peut pas s’expatrier, et le « petit peuple », qui est à la limite de flottaison, et qui ne peut plus encaisser d’augmentation du coût de la vie (autrement dit les Gilets jaunes).

Comme le disait M.Barnier, il faudrait tout de même que l’activité économique redémarre. En effet, en dernière analyse, n’est-ce pas de là que viennent les impôts ? Seulement, cela dépend de la volonté de millions de gens, pas de celle d’un démiurge.

Emigration

Un ami, Libanais, réagit à mon billet concernant le budget de l’Etat : et si notre modèle était le Liban ?

Effectivement, le Liban continue bien à survivre… mais grâce essentiellement à l’argent frais envoyé par les Libanais à l’étranger à leurs familles et amis au Liban.

Un tour de passe-passe systémique comme les aime ce blog ? Et si la solution à nos problèmes n’était pas l’immigration, comme on l’a tant entendu, mais l’émigration ?

Dette mystérieuse

Bruno Le Maire refuse d’en endosser (seul) la responsabilité. N’a-t-il pas averti au sommet de l’Etat, jusqu’à se voir refuser par Emmanuel Macron la loi de finances rectificative qu’il appelait de ses vœux au printemps, et qui aurait permis de constater et de traiter bien plus tôt le drame budgétaire dont le fardeau vient d’être transmis à Michel Barnier ?

L’oeil de l’éco, de Philippe Mabille

Mystère : « la France est le seul pays européen à n’avoir pas réduit sa dette après la crise du Covid« .

Un précédent article disait que M.Macron était son seul conseiller. A-t-il pensé avoir raison contre tous ?

Le grand débat

Que penser du débat Trump, Harris ?

Les nouvelles de la BBC disaient que Kamala Harris avait irrité Donald Trump. Mais une émission qui laissait plus de place à leur parole les montrait s’envoyant des invectives sans s’écouter. Chacun prêchait pour sa paroisse. Kamala Harris faisait du Trump. (Ce qui, au fond, n’a rien de surprenant : toute la nouveauté de Trump est passée.)

Qui peut-on croire ? La presse que je lis est favorable à Kamala Harris et pense comme elle. Et, moi aussi, je souffre d’un biais : je soupçonne depuis le début que Kamal Harris a surpris Donald Trump, ce qui l’a rendu inaudible.

D’ailleurs, les électeurs sont-ils encore influençables ?

Quoi que. On dit que Nixon a été battu par Kennedy pour un débat. Il avait été meilleur à la radio, mais avait fait mauvaise impression à la télévision. Comme quoi, la raison ne pèse pas lourd. Et Donald a peut-être perdu la bataille de la déraison ?

Budget

Qu’est-ce que c’est que cette histoire de budget ?

D’après ce que l’on entend, l’anticipation de difficultés à faire adopter le budget de l’Etat est la raison pour laquelle notre stratège suprême a décidé de nous dissoudre. Si l’on croit à la théorie de la « burning platform » selon laquelle le changement ne se fait qu’en situation désespérée, ce fut un coup de génie.

Que signifie que le budget ne soit pas adopté ? Les impôts ne sont plus prélevés, les salaires des fonctionnaires ne sont plus versés. L’Etat ne fonctionne plus. Anarchie et loi de la jungle ? Le monde de Mad Max ?

Apparemment, la situation n’avait pas été prévue par la constitution. Diverses mesures d’urgence sont possibles. En dernier recours, le président peut saisir les pleins pouvoirs. Ce qui ne devrait pas être pour lui déplaire.

En tous cas, cela ne permettra probablement pas de grandes subtilités et l’adoption de mesures à long terme susceptibles de redresser une situation que l’on dit désespérée.

Après tout, le Liban continue bien à vivre…

(Opinion de constitutionnalistes.)