CIA

L’histoire de la CIA, depuis ses origines, racontée par une employée qui y a connu une carrière exemplaire. (Central Intelligence, BBC4.)

Cela donne une forte impression d’une équipe de pieds nickelés… D’une part les opérations de la CIA sont d’extraordinaires improvisations, qui, lorsqu’elles réussissent, résultent de l’effet heureux d’un invraisemblable hasard ; d’autre part, sa vision à court terme produit des conséquences imprévues qui finissent par lui retomber sur le nez. En écoutant l’émission, on n’est pas loin de penser que tous les problèmes actuels de la planète viennent de là. En particulier, c’est la CIA qui aurait fait l’Iran moderne. Et, bien souvent, comme en Iran, elle a eu tendance à remplacer des régimes démocratiques par des dictatures. (A noter qu’il semble avéré, mais l’émission n’en parlait pas, que les USA sont à l’origine du renouveau du terrorisme islamique, ayant cru pouvoir l’utiliser contre l’URSS.)

LA CIA a été créée après guerre. Sa mission : lutter contre l’URSS. Depuis les origines sa tactique consiste à employer la technique de la « résistance », c’est à dire de procéder comme durant la dernière guerre, en cherchant à monter les citoyens d’un pays contre le gouvernement que la CIA veut renverser. Mais, initialement, elle n’a personne dans la place. Elle se fait jouer à tous les coups par les Soviétiques. Ils ont alors le monopole du coeur, et ont infiltré, entre autres, les services secrets britanniques. La CIA parvient à remettre en marche un général nazi, qui a conservé des réseaux en Europe de l’est asservie. Mais ils sont aussi infiltrés. Heureusement pour eux, les Russes finissent par découvrir la supercherie soviétique. Les défections se multiplient.

Esprit du temps. C’est une histoire féministe. Les agents de la CIA sont des machos, très bêtes, mais, à chaque fois qu’ils sont sur le point d’échouer, ils sont sauvés par l’intelligence féminine. Ce qui, encore une fois, est une curieuse tactique. Car cela semble signifier que c’est la femme qui est à l’origine des maux du monde…

George Soros

Au temps de la gloire de George Soros, il fallait cent fois moins de milliards que maintenant pour être un des hommes les plus riches du monde. Heureuse époque ?

Sa spécialité était de « parier contre ». C’est ainsi qu’il a gagné son premier milliard en jouant contre la livre anglaise. Elle cherchait alors à se maintenir dans le serpent monétaire, étape de préparation à l’entrée dans l’euro. Il fit mordre la poussière à une nation, jadis maîtresse du monde. Et si George Soros avait rendu possible le Brexit ?

Il dit aussi qu’il a fait tomber les gouvernements communistes.

Curieux homme. Il a mis ses talents financiers au service d’une philosophie (celle de Karl Popper), et il fut un des plus généreux donateurs qui soient.

(Idées venues de Good, bad billionaire, de la BBC)

Immigration réelle

Je me demandais comment il se faisait que les Britanniques recrutent autant d’immigrés (leur population augmente, de ce fait, de un pour cent par an). Affaires étrangères de France culture me répond : Boris Johnson. Il a conditionné l’acceptation de l’immigré de l’empire britannique à son niveau de qualification professionnelle. Niveau inexistant.

Apparemment les gouvernements européens, à commencer par l’italien, font la même chose. D’un côté, ils se disent férocement anti-immigration, de l’autre ils font appel en masse à l’immigration. Pourquoi ? Parce qu’elle est demandée par le patronat. Si bien que l’immigration est devenue économique. La victime de persécution est indésirable. L’envers de l’esprit européen.

Nouvel exemple d’énantiodromie ? Alors que l’on nous a rebattu les oreilles de la mission humanitaire de l’Europe, elle fait en pratique désormais l’exact inverse ! Et les militants de cette noble cause ? Ils sont inaudibles.

Raison de ce triste état de fait ? L’injonction paradoxale d’une organisation du travail qui n’est pas conçue pour l’homme, mais pour la machine, et à défaut pour la bête de somme et d’une ligne politique uniformémement partagée, qui affirme que la bête de somme est une vache sacrée ?

(Par ailleurs, l’immigration n’est pas une solution durable : l’immigré a pour vocation de subir le même sort que le natif. Si bien qu’il faudra toujours plus d’immigrés pour nourrir une population qui n’a plus envie de travailler.)

Souverainisme et économie

Immigration ? Souverainisme ? Petit à petit l’Europe met en application le programme du FN ?

En tous cas, la question du « souverainisme » apporte une complication aux traités d’économie.

Il y a certaines techniques qu’une nation doit maîtriser, et d’autres qui participent à l’économie de marché. Les premières creusent les dettes, dans la logique de l’armée, et du service public, les secondes permettent de les rembourser.

A moins que les premières aient aussi, comme le service public, des bénéfices, à long terme, cachés ? Les guerres, dont elles semblent partager l’esprit, ne sont-elles pas de grands moments de créativité, qui rejaillissent ensuite sur la société ?

Dette et souverainisme

L’Europe fait face à un problème complexe, elle est terriblement endettée, alors qu’elle a un retard colossal en ce qui concerne les techniques qui font et défont les nations. Echec et mat ?

Dans un précédent billet, je disais qu’il n’y a aucune raison économique d’investir dans le rattrapage d’un retard. (Pure orthodoxie économique !) En effet, ce faire conduit à un retour sur investissement négatif. C’est l’envers de la logique du marché, qui consiste en un échange de « différences ». Bref, on investit à fonds perdu, et on creuse la dette. Ce qu’il va finir par falloir faire payer par ceux qui n’en ont pas les moyens, et dont on a besoin pour relancer l’économie.

Il vaudrait mieux investir dans notre « potentiel ignoré », ce pour quoi nous avons un savoir-faire unique, traditionnel, qui a été délaissé ce dernier demi siècle. En particulier, il est préférable d’investir dans la « bioéconomie » (le remplacement du pétrole par des déchets de l’agriculture) que dans « l’énergie renouvelable ».

Mais le souverainisme a une raison d’être : la Chine. Comme la Russie, elle a exposé ses plans. Dans son cas, il s’agit d’acquérir le monopole de savoir-faire critiques de façon à imposer au monde son modèle de société. (C’est une forme de perversion narcissique : renverser la logique de l’économie de marché pour servir ses intérêts !)

Alors, comment faire ? C’est peut-être ce que pense M.Draghi : aucune nation européenne ne peut faire seule face à la Chine ou aux USA, mais l’Europe unie, elle, en aurait les moyens. Pour le moment, ses nations ne l’ont pas compris.

Immigration

Affaires étrangères de France culture souligne un paradoxe : les champions de la lutte contre l’immigration, comme Mme Melloni, sont en fait des champions du recrutement d’immigrés !

Il y a deux types d’immigration, celle qui est jugée « illégale », qui est combattue, et celle dont les entreprises ont besoin, en masse, qui est organisée au moyen souvent d’accords bilatéraux, qui sortent des traités européens.

Il y a une nouvelle dont la France devrait prendre conscience : plus un pays est industriel, plus il a besoin d’immigrés…

Et une autre que Mme Le Pen semble ne pas avoir saisie : moins les autochtones travaillent, plus tôt ils vont à la retraite, notamment, et plus il faut d’immigrés.

Au fond, il n’y a pas un parti politique pour rattraper les autres, tous sont « populistes » ? Aucun n’est capable de nous présenter la réalité de notre situation ?

La France vue de l’espace

BBC world service s’interrogeait sur la situation française, ce matin.

J’y ai entendu M.Macron dire qu’avec lui plus personne ne voterait pour les extrêmes. Effet bien connu de la systémique : nous tendons à obtenir l’envers de ce que nous cherchons (énantiodromie).

Une question de « style ». Les citoyens de Carpantras le traitaient de « charlot » (intraduisible en anglais), J.M. Blanquer disait qu’il avait perdu le contact avec la réalité, et la conclusion de l’émission laissait entendre qu’il était un danger pour son gouvernement.

Guerre au Moyen-Orient

Lorsque j’ai lu que des « pagers » avaient explosé au Liban, je me suis demandé si « pager » avait bien la signification que je lui donnais. Eh bien oui.

Pourquoi avoir faire sauter tous ces « pagers » ? Démoraliser l’ennemi ? Plus rien n’est sûr ? Un expert interviewé par la BBC pensait que, contrairement à ce que l’on aurait pu croire, ce ne serait peut être pas un coup de maître des Israéliens. Leur but aurait été d’utiliser cette manoeuvre pour « aveugler » l’ennemi lors d’une offensive. Or, l’offensive n’était pas prête. Ils auraient détruit les pagers, parce que le Hezbollah était sur le point de découvrir la supercherie.

Prochaine étape ? Lancer une offensive malgré tout ? Et que va faire le Hezbollah ? Se venger en utilisant des moyens « conventionnels » ? Lesquels ? La créativité, dans ce domaine, n’est jamais une bonne chose.

Tout ce monde va-t-il finir par mettre l’humanité à feu et à sang ? N’y a-t-il pas d’issue ? Faut-il attendre que cette guerre finisse comme toutes les autres, faute de combattants ? Que penser de M.Netanyaou ? On entend dire qu’il fait la guerre pour éviter la conséquence des procès qui lui pèsent sur la tête : et si on lui proposait une amnistie ?…

Columbia

Une connaissance me disait que sa fille avait réalisé son rêve : étudier à l’université de Columbia. Seulement, le rêve était devenu cauchemar.

Si je comprends bien, les militants pro palestiniens font régner la terreur sur le campus ! A peine arrivée, la direction de l’université lui a dit de prendre une liste de mesures de précautions. Ce qui pour un Américain n’est peut-être pas effrayant. Mais ce n’est pas la même chose pour un Européen élevé dans un pays civilisé.

Surprenant. Voilà ce qu’on ne lit pas dans les journaux. Et bien curieux pacifiste : l’intellectuel serait-il un mouton enragé ?

Point de bascule

Notre pays semble résilient. Il empile les dettes, il subit les crises, des épidémies, il est dissout… Cela justifie peut être le cynisme ambiant ? A quoi cela sert-il de se fatiguer à améliorer l’état de notre pays, finalement rien ne change ?

Apparemment, certains systèmes complexes peuvent donner des signes qu’ils vont se transformer. Cela s’appelle « critical slowing down ».

The signal, a phenomenon called “critical slowing down,” is a lengthening of the time that a system takes to recover from small disturbances (Article)

Y aurait-il de tels signaux visibles chez nous ? Le temps qu’il faut à notre système politique pour se remettre d’une élection ? Mais un système politique ne représente pas une nation et beaucoup de nations ont des systèmes politiques branlants sans que cela annonce de changement ?…

Le mystère est entier. A moins que notre « système » soit d’un autre type, dont il est aussi question dans l’article : celui qui change sans crier gare ?