Certitude scientifique

Les physiciens anglais parlant de wormholes (un billet précédent) s’émerveillaient. A chaque fois que l’on utilise un nouvel instrument, le scientifique rencontre des phénomènes inconnus.

Curieusement, ce n’est pas une opinion partagée par les sciences du climat. Lorsqu’il est question d’un phénomène météo bizarre, il est dit, de manière bien appuyée, que c’est évidemment une conséquence du réchauffement climatique.

Les physiciens ont décidément beaucoup à apprendre ?

Wormholes

Le wormhole se nommerait « trou de ver » en français. C’est un phénomène prévu par la relativité, mais qui fait aussi intervenir la mécanique quantique. Sa conséquence serait la possibilité de naviguer, dans tous les sens, dans le temps et l’espace, y compris entre univers. Un sujet de in our time, de la BBC.

L’aspect de l’espace étant fixé par la matière, cet espace bizarre aurait besoin d’une matière bizarre (« exotique »). D’ailleurs, si j’ai bien compris, il ne s’agirait pas de trous, mais de bulles, façon bulle de savon. On n’en aurait pas trouvé.

Ce qui est dommage, car cela donnerait raison à bien des philosophes qui considèrent que le temps et l’espace n’existent pas.

J’ai jeté un coup d’oeil à ce que disait wikipedia de ce sujet. Je constate que la physique moderne ressemble de plus en plus aux phénomènes dont parle la mécanique quantique, elle est pleine d’effets curieux, et de postulats aventureux. Cela donne le tournis. Mais ce doit être passionnant à étudier.

Vive la liberté !

J’ai l’impression, avec d’autres, que la vie tend à faire de nous des machines. Du coup, tout devient banal. L’art nous fait redécouvrir le monde « comme si c’était la première fois ». Il nous ramène à la « réalité ». Ou à ce qui peut le mieux porter ce nom.

Quant à la contrainte, à la forme du poème classique par exemple, elle me semble un moyen de forcer l’esprit (de l’artiste) à se révolter, à secouer sa paresse, et donc à retrouver le monde tel qu’il est ou devrait être.

Une question qui se pose alors est : l’art peut-il renaître ? Ou la société va-t-elle nous décérébrer ?

Rien de neuf, bien sûr. Mais il me semble que le point de vue le plus intéressant sur la question est celui de Tocqueville, pas celui des philosophes patentés. Car il me paraît ne pas se contenter d’un constat, d’une théorie, de la raison pure, mais aborder la question sous un angle pratique, anthropologique, scientifique. Il attribue le mal à la « massification » de la société. Et, effectivement, depuis que tout le monde est intellectuel, il n’y a plus d’intellectuel. Les classes privilégiées se sont décrétées « élites ». Et le talent est noyé dans la masse, et n’a plus les moyens de vivre. L’Angleterre, qui a gardé une société de classes, prend bien mieux que nous soin de son talent. Ce qui permet même à un pauvre talentueux, de temps à autres, d’émerger.

Pour autant, il n’est sûrement pas une bonne chose pour la société que l’on ne réserve le droit de penser qu’à quelques-uns. Bref, le mystère est entier.

Un espoir ? La nature de l’homme n’est pas l’esclavage, peut-être trouvera-t-il un moyen nouveau de se tirer d’affaire ? Et l’art renaîtra ?

Considérations fumeuses ?

Nouvelle centralisation

Je n’y ai pas cru, mais il semblerait que ce soit vrai : l’Etat a procédé, ces dernières années, à une nouvelle centralisation.

Le phénomène est curieux. Il a à la fois donné beaucoup plus de responsabilités aux collectivités locales, tout en réduisant leurs moyens, mais aussi en intervenant dans ce qu’il leur avait confié, ce qui produit une grande désorganisation.

Curieusement, alors que cela aurait dû lui faire faire des économies, il dépense de plus en plus.

Théorie du complot ? Ou responsable mais pas coupable ? L’hypothèse que je fais est que, au sommet de l’Etat, on a fini par se convaincre que les collectivités étaient mal gérées, et qu’elles avaient besoin qu’on leur donne une leçon d’économie. Il est possible que, en même temps, l’Etat ait pensé qu’il était logique qu’elles assument des tâches dont il s’occupait jusque-là.

En fait, une telle idée a d’autant plus de chances d’être adoptée sans discussion qu’elle est agréable, et qu’elle demande peu d’efforts. (C’est ce type de faiblesse qu’exploite l’escroc.)

Culture positive

J’ai découvert récemment que certaines cultures (nord américaines ?) se veulent « positives » (le terme est-il bien français ?).

Elles condamnent notre esprit critique. Critiquer n’est pas bien !

Paradoxalement, ce faisant elles sont elles-mêmes extraordinairement négatives, critiques et décourageantes !

Il me semble qu’elles sont le signe d’une culture qui ne comprend rien à la complexité. Elles voient l’arbre et non la forêt. Elles en restent aux apparences, et ne comprennent pas le potentiel d’une personne ou d’une situation. Surtout, la critique, à condition que l’on ne s’y arrête pas, est le propre d’une pensée droite.

Plus grave, c’est une culture de la censure et du statu-quo, qui nie le changement. Faut-il y voir une tentative de défense d’avantages acquis ?

Recycler la France

Nicolas Portier, spécialiste de l’économie des territoires analyse l’évolution de notre pays.

Il constate la fin d’un cycle économique qui s’est caractérisé par une (surprenante pour moi) centralisation de l’Etat français, qui a retiré toute autonomie à l’échelon local (« renationalisation du local »), une concentration géographique record de la croissance (et ce en comparaison de l’ensemble des pays de l’OCDE : nous sommes une sorte de champion mondial !), un décochage des revenus salariaux par rapport à la croissance du PIB.

Mais renverser ce cercle vicieux est possible. Il faut tirer parti de nos « champions cachés » (PME et ETI) qui ont un potentiel de croissance surprenant, pour peu qu’on rende leur environnement moins hostile, mais aussi de nos TPE, qui sont déjà, en dépit de leur faible importance (20% de l’emploi), les principaux créateurs d’emplois du pays. (Phénomène curieux : les TPE créent de l’emploi, elles grossissent, sont absorbées par de grandes entreprises, et entrent alors dans leur logique de rationalisation, donc de suppression d’emplois.)

Ceci demande que l’on parvienne à réaliser des synergies territoriales, donc que les territoires retrouvent leur autonomie.

Anti Smith

La lutte contre l’islamophobie a quelque chose de bizarre. D’un côté, elle est présentée comme une lutte contre « les discriminations », mais ceux qui en sont les champions nient, comme l’incarnation du mal, les valeurs des sociétés islamiques, en particulier le rôle qu’elles donnent aux femmes !

D’une manière générale, l’étude des conséquences des idées « socialement avancées » semble déboucher sur une curieuse conclusion : tout le monde est coupable, et n’a plus droit à la parole, sinon les tenants de ces théories. Ce sont eux les seuls « discriminés » ?

Adam Smith disait que, dans la logique de l’économie de marché, celui qui voulait poursuivre son intérêt faisait, en fait, celui de la société. Ne serait-ce pas ici, le contraire : en prétendant poursuivre l’intérêt commun, on fait le sien ?

La discorde chez l’ennemi

La BBC est une bonne source d’information ? L’éclatement des pagers semble bien avoir présagé une offensive israélienne.

Ce qui est surprenant est que, depuis quelque temps, Israël semble être capable de tuer les chefs ennemis, y compris iraniens. Alors même que l’on disait certains, comme Hassan Nasrallah, invulnérables, protégés par des masses de béton, ou autre.

Le génie technologique israélien aurait-il trouvé une faille dans la défense ennemie ? Doute qui peut semer la terreur ?

Complexe météo

Depuis au moins un an, le temps est pourri. D’après ce que dit la météo, les moyennes de pluie du mois ont été plus que doublées, elles pourraient être triplées. Curieusement, l’Europe du sud a connu une canicule.

Science in action, de la BBC, interviewait un chercheur qui étudie la croissance des arbres pour en déduire le climat local au cours des âges. Il expliquait que ce phénomène se reproduisait régulièrement depuis 7 siècles. Il serait lié, si j’ai bien compris, aux mouvements du gulf stream.

Bien entendu, on a eu droit à un couplet sur le réchauffement climatique : mais, avec lui, ce type de phénomène sera bien plus terrible que par le passé !

En tous cas, cela rappelle que la météo est un phénomène « complexe », fondamentalement imprévisible par notre esprit, et peut-être même imprévisible par nature.

Dilemme européen

La décarbonation ce n’est pas que la voiture électrique, c’est aussi de nouveaux modes de production pour la chimie, l’agroalimentaire et la cosmétique. Un changement du tout au tout, qui prend de court une part considérable de notre économie.

La transition écologique est industrielle. Or, l’industrie demande des investissements à très long terme. Ce qui n’est pas le métier du capital risque que nous a valu la « French tech ». Un économiste me disait que « décarboner, c’est creuser le déficit ». Or, au moins pour la France, il n’en est plus question. Au contraire.

Ce n’est rien d’autre que ce que dit le rapport Draghi : l’Europe a légiféré radicalement, mais seuls la Chine et maintenant les USA, ont fait ce qu’il fallait pour respecter ses normes.

On pourrait même dire, en ce qui concerne la France, qu’elle a fait le contraire de ce qu’elles signifiaient : elle a détruit son industrie. Nous ne sommes pas loin d’être échec et mat.

Nous avons vécu l’âge de l’intellectuel ? L’intellectuel vit dans le monde des idées de Platon ? Il a trouvé une noble cause : le réchauffement climatique ? Et il croit que pour le régler tout est une question de lois ? J’ordonne, tu obéis ? Quant aux usines, et tout ce qui demande d’employer ses mains, c’est sale, et doit être éliminé ?

(Paradoxalement, l’intellectuel ne sait pas penser : « pensée simplifiante » et non systémique ?)

Cette semaine, c’est du jamais-vu, on a vu la France s’endetter plus cher que la Grèce à six mois et voir ses taux à cinq ans s’envoler au-dessus de ceux de la dette hellénique, en quasi faillite il y a dix ans. Après le Portugal, nos taux à dix ans ont dépassé ceux de l’Espagne.

Philippe Mabille, La Tribune, « Bercy, ce Titanic qui regarde l’iceberg en chantant ! »