La science des droits de l’homme

Comment faire que le monde respecte les droits de l’homme ?

Etait-ce l’objectif qu’Hegel avait fixé à l’humanité, pour qu’elle finisse son histoire ? En tous cas, à qui pourrait-on faire appel pour résoudre la question ?

A Montesquieu ? Pour lui, la liberté résulte d’un équilibre de forces. C’est sur ce principe qu’ont été montés les USA. Ce que l’édifice américain a de curieux, c’est qu’il donne une fort mauvaise impression à l’extérieur, mais qu’il est d’une redoutable efficacité. Puissance motrice de l’individu laissé à lui-même ? Peut-être aussi faut-il y voir la main invisible du protestantisme, culture d’une société d’individus ? Quant aux droits de l’homme ? Le petit tend à se faire écraser par le gros, mais généralement il vend cher sa peau. (Sauf lorsqu’elle est noire ou rouge ?)

Il semble que, dans un monde où tout donne son contraire, la science des droits de l’homme, dont le but est, probablement, « aime et fais ce que tu veux », doive jouer de l’effet paradoxal. La liberté est une lutte. L’homme libre doit être armé. Comment ? Je soupçonne que les existentialistes ont raison : on ne naît pas, on devient. Il est immanquable que l’on naisse d’un lavage de cerveau. La vie est un réveil. L’individu doit avoir de quoi s’accrocher autour de lui. D’une part, la connaissance de l’humanité en « open source » et, d’autre part, des hommes aux réseaux desquels il puisse se rattacher. C’est le « milieu » qui fait la force, la capacité à agir sur la société. Le tout est peut-être de ne pas être démoli à la naissance. Tout le secret de l’Amérique ?

Camargue

La Camargue a peur de la montée des eaux. On la fuit. Il en serait de même de beaucoup de zones côtières.

Curieux, je me souviens de mon temps au sein de la bulle internet. Tout le monde savait que c’était une bulle, mais ne faisait rien pour la fuir. Succès de nos écologistes ?

Or, le raisonnement d’alors n’était pas faux : tant que ça n’éclate pas, on peut faire des affaires. Dans notre cas, les terres côtières ne doivent plus avoir de valeur, alors que ce n’est pas le cas des locations.

Comme d’habitude, l’incertitude crée l’opportunité pour l’homme riche ?

Sauver la France

Je vois passer un billet d’un ancien président du MEDEF disant : non aux impôts, MM les politiques rationalisez l’Etat.

S’est-il rendu compte de la situation dans laquelle est le pays ? Le gouvernement ne tient qu’à un fil, les partis politiques sont en embuscade pour lui faire un mauvais coup. Il est à deux doigts de partir en vrille à la façon de l’Angleterre de Liz Truss. Quand on habite une maison de verre, on ne lance pas de pierres.

Curieux, d’ailleurs, que notre chef d’entreprise ne le sache pas. Le redressement d’entreprise ne commence pas par une réforme de fond, mais en mendiant auprès des banquiers de quoi payer les salaires des employés pendant quelques semaines. (En veillant à éviter qu’ils ne se saisissent des outils de production.)

En tous cas si M.Barnier saute, il n’y aura pas beaucoup de volontaires pour prendre sa place, et notre homme aura l’occasion de me prouver que j’ai toujours tort !

Ponzi français

La question de l’immigration pose une question dont on n’entend pas beaucoup parler.

La logique de nos économies occidentales est celle d’un accroissement constant de la population. Les nouveaux travaillent pour les anciens, qui se la coulent douce ? Pyramide de Ponzi ? Cela nous permet de vivre au dessus de nos moyens ?

Mais est-ce durable ? Pourrons-nous éternellement voler leurs ressortissants à d’autres nations ?

Et si l’on réfléchissait à ce que signifie une société qui vit de ses propres ressources humaines ? (Le Japon ?)

Coûteuse innovation ?

Exploding pagers and spy chips: the rising risk of hardware tampering
Unreliable suppliers can modify devices, yet companies devote few resources to verifying the origin of components

Financial Times du 8 octobre

Décidément, on découvre de plus en plus que la fameuse « supply chain » mondiale avait des coûts masqués.

Est-ce le cas de bien des innovations ? On n’en voit le prix réel que trop tard ?

Stress test

Méritoire honnêteté ? Tout ce que je lis sur les élections américaines dit qu’elles sont imprévisibles. Les sondages sont incapables de départager les deux candidats.

Il n’y a d’ailleurs même plus de débat. Le dernier de la campagne s’est fait entre les vice-présidents. Et l’impression qu’il a laissée est qu’il surprenait par sa civilité ! Trump a donné sa marque à la politique américaine !

Ce qui est dommage, car personne ne se pose la seule question importante : comment l’un et l’autre vont-ils réagir à l’avenir ? Il s’annonce extraordinairement incertain et dangereux.

Et si l’on faisait subir à nos nations et à leur personnel politique des « stress tests » ?

MI6

Je deviens un spécialiste des services secrets. Après la CIA, MI6. (MI6: a century in the shadows, BBC, 2009)

Anti James Bond ! MI6 a réussi deux faits d’armes : l’agent modèle Kim Philby et la guerre d’Irak. Pendant des années, il a été infiltré par le KGB, et, du même coup, il a contaminé la CIA, plus tard, il a fourni des informations erronées à Tony Blair. Et il a été pris par surprise par la chute du mur de Berlin.

Surtout ? L’agent de renseignement ne s’introduit pas chez l’ennemi, lors d’opérations risquées, il recrute des informateurs. Le mécontentement suscité par le régime soviétique a rendu à MI6 et la CIA un fier service. (De même que la guerre de 40, lors de laquelle les peuples occupés fournissaient un grand nombre d’informateurs.)

A quoi servent les services secrets ? Malgré tout, ils donnent quelques informations. Et elles évitent aux gouvernements de graves erreurs. Notamment, elles ont fait comprendre aux Occidentaux que les Soviétiques craignaient une frappe atomique. Ce qui a conduit M.Reagan à modérer ses propos.

(PS. Le régime chinois, lisais-je, fait des mécontents, ce qui permet à la CIA de recruter des agents de renseignement.)

Censure ?

Un chef d’entreprise me disait qu’une partie de son réseau de distribution était constitué de magasins bio, et que ceux-ci avaient été quasiment rayés de la carte. A un moment, il recevait un avis de dépôt de bilan chaque semaine ! Pourquoi n’en avons nous pas entendu parler ? s’interrogeait-il.

Un banquier m’a dit la même chose. En ajoutant que le secteur du vélo a connu et connaît encore des moments difficiles.

La cause serait l’inflation. Le bio et les vélos n’étaient pas des articles de première nécessité. On s’en est passé.

Il reste la question de : pourquoi cette nouvelle n’a pas fait la une de la presse ? Faut-il y voir une théorie du complot ? Il ne fallait pas dire au peuple que ses conditions de vie s’aggravaient ? Ou la presse est-elle écrite par des gens riches ?…

Menons l’enquête ?

Grand homme

Il est convaincu que l’histoire est faite par les « grands hommes ». « C’est la rencontre d’une volonté et d’un événement qui fait un grand homme. » « Le destin suscitera un homme qui redressera le pays. » Cet homme ne pourra être que lui.

Sur de Gaulle. Article.

Ce que raconte le livre dont l’article est une recension ne semble pas révéler grand chose de plus que ce qui transparaît des mémoires de De Gaulle. Ce qui n’y est pas dit aussi fortement, c’est sa conviction du rôle historique du « grand homme ».

Peut être que c’est cette croyance qui lui a donné un tel destin. Peut être aussi, comme disent les start-up, qu’il aurait été bon qu’il parvienne à « pivoter » à temps.

Ethique économique

Recension d’un livre présentant les théories concernant l’éthique en économie. (Un oxymore ?)

Il y en aurait quatre : l’utilitarisme, le marxisme, le libertarisme, la théorie de John Rawls.

Le première porte sur la fin : une société heureuse. Les autres sur le moyen : éliminer l’exploitation de l’homme par l’homme, liberté absolue (anarchisme), accès aux « biens essentiels ».

Si l’on en était resté là, tout aurait été bien, me dis-je. Seulement leurs auteurs ont eu la tentation d’imposer aux hommes la seule façon de bien faire.

En fait, il y a une cinquième théorie. Celle des anthropologues, et de la constitution d’Aristote. Les sociétés humaines conçoivent des « cultures », qui sont des faisceaux de règles implicites qui guident les comportements collectifs et individuels de leurs membres de façon à ce qu’ils puissent atteindre leurs objectifs de manière satisfaisante. C’est un ajustement sans grande théorie.