The siege

On a oublié la prise d’otage de l’ambassade d’Iran à Londres. La BBC la racontait : The siege.

Elle la faisait vivre de l’intérieur. Une minorité religieuse est opprimée par l’Iran. Elle est manipulée par l’Irak. 6 jeunes amateurs sont formés par Abou Nidal (en ces temps, les Palestiniens étaient du côté irakien ?) et envoyés prendre des otages à Londres. Ils sont tellement mal préparés qu’ils ne se rendent pas compte qu’un agent de sécurité a conservé une arme sur lui. Ils sont perdus. Ils relâchent des otages sans contrepartie, ce qui permet aux assiégeants de savoir ce qui se passe dans l’ambassade. Finalement, les SAS (les troupes d’intervention des services secrets dont jusqu’ici l’Angleterre niait l’existence) interviennent et liquident les terroristes. (Sauf un, un innocent, protégé par les otages.) Triomphe de Madame Thatcher.

L’histoire n’est que bruit et fureur ?

Surtourisme

Surtourisme, un terme que j’ai découvert post covid.

Maintenant, il en est question partout. Les lieux « touristiques » sont envahis. Venise, la Grèce… décident de sévir.

Résultat du confinement ? Je me demande plutôt si ce n’est pas la conséquence de l’enrichissement des pays pauvres. Il en résulte l’adoption du modèle occidental, qui n’est pas durable, d’une manière générale.

Comment convaincre nos concitoyens étrangers de ne pas nous imiter ? En inventant un modèle vertueux qu’ils aient envie d’imiter ?

Ingénieur français

L’industrie est de retour. Peut-être aussi va-t-on redécouvrir les mérites de l’ingénieur ?

Un ingénieur me disait qu’il avait tout appris des classes préparatoires. C’est vrai que ces classes sont le propre de notre système scolaire. Deux différences avec ce qui se pratique ailleurs : ailleurs, l’ingénieur est relativement peu considéré, car ce n’est pas un intellectuel, un homme du « logos » ; et ses études lui apprennent un métier. Chez nous, la formation de l’ingénieur sélectionnait une forme de pensée particulière, jugée supérieure par ceux qui la possédaient. L’ingénieur apprenait son métier sur le tas. (Et les écoles d’ingénieur ne servaient à rien.)

Au cours de ma vie, j’ai fait des constats curieux. Les étrangers qui étudient dans nos grandes écoles, et qu’elles ont sélectionné, n’ont pas l’esprit que l’on prête à notre ingénieur. En revanche on trouve cet esprit chez l’autodidacte. Il est probablement, donc, propre à notre culture. Il s’apparente quelque peu au « système D ». C’est une façon radicale de simplifier une question, avec tout ce que cela signifie en termes de bien et de dissolution qui vous explose à la figure.

Jadis les ingénieurs étaient de petites gens. Ils travaillaient de leurs mains. Et passaient leur vie à résoudre des questions pratiques. Depuis que leur esprit ne subit plus le contrôle de la matière, il se perd dans ce que Paul Watzlawick appelait un « jeu sans fin ». Remettons l’ingénieur au travail ?

Anniversaire

Ce blog a toujours une guerre de retard. (D’autant que ses billets sortent longtemps après avoir été écrits.) Que penser de la façon dont notre société a parlé de l’anniversaire de l’agression du Hamas contre Israël ?

Il me semble avoir noté un changement notable de l’attitude de la presse que je lis. Pour une fois, elle se plaçait du côté israélien. Peut-être a-t-elle pensé qu’il y avait des victimes en Israël et que cela se fait de montrer sa compassion.

En tous cas, ce qui me surprend toujours, depuis le début, c’est que l’attentat n’ait semblé, initialement, provoquer la moindre émotion, alors qu’il était bien plus violent que le 11 septembre américain, et qu’il touchait un pays qui ne représente même pas 5% des USA.

Ensuite, pourquoi ne s’interroge-t-on pas sur la culpabilité des terroristes ? Non seulement, ils ont trouvé louable d’infliger un traitement atroce à des innocents, mais, en outre, on ne peut que croire qu’ils ont cherché consciemment à faire massacrer leurs femmes et leurs enfants, de façon à déclencher une guerre. Et s’ils avaient voulu faire sortir leur propre peuple de sa passivité, le forcer au sacrifice ?

Une autre question : qu’aurait pu faire la justice face à un crime d’une telle barbarie ? Notre responsabilité collective est peut-être là : laisser s’installer des situations qui sont en elles-mêmes des « crimes contre l’humanité » ?

Au delà du bien et du mal ?

Avec l’âge, je constate mes torts. Honteux et confus. Mais un peu tard, dirait le corbeau de La Fontaine.

L’un d’entre-eux est d’avoir souvent claqué des portes, pour avoir constaté des illégalités dans le comportement de mon entourage de l’époque. J’avais raison mais qu’est-ce que j’y ai gagné ?

Paradoxalement dans mes missions de conduite du changement, autrement dit lorsque je veux atteindre un objectif qui compte pour moi, j’adopte un point de vue totalement différent. Je pense qu’il faut faire avec les gens, que leur comportement s’explique par quelque logique que je finirai bien par comprendre un jour.Je suspends mon jugement. Et, effectivement, à la fin de la mission, je constate que j’ai eu raison.

Enseignement ? Ne nous arrêtons pas aux apparences ?

(Pour être honnête, j’ai rencontré quelques personnes, rares, qui n’ont « pas de logique » : elles ont un comportement qui correspond à ce que Gregory Bateson a jugé être la cause de la schizophrénie : elles disent une chose et en font une autre, et rien ne peut les remettre d’aplomb.)

Slavisme

Slavisme, un courant qui a parcouru l’élite russe, il y a un peu plus d’un siècle.

C’était un messianisme. « Communiquer au monde une âme vivante, donner la vie à l’humanité meurtrie et déchirée, en la réunissant à l’éternel principe divin. » Et si cela avait aussi été le projet de l’URSS ?

Le Russe est un être étrange ? En fait, il y a quelque-chose d’identique aux USA. Un livre que cite ce blog se nomme « reluctant crusaders » : les Américains, de temps à autres, ont la tentation de convertir le monde à leur image. Puis ils se replient sur leur ile.

Toutes les civilisations ne sont-elles pas comme cela ? La France a voulu aussi conquérir le monde, comme l’Angleterre, le Japon ou l’Allemagne, et toutes ont fini, piteusement, par se recroqueviller sur leur territoire national.

Le coup de folie comme pathologie sociale ? Un sujet pour Durkheim ?

(Source : Histoire de la pensée moderne, tome III, Jean-Louis Dumas.)

Science et actualité

Du prix Nobel aux émissions de vulgarisation scientifique de la radio, en passant par la lettre d’information de Cambridge, le mot d’ordre de l’information scientifique semble être désormais « l’actualité » : regardez comme la science sait résoudre vos problèmes quotidiens !

Sauf que, s’il y a une chose de constante dans l’histoire de la science, c’est l’erreur. Ce qu’elle croit un moment est renversé le moment d’après.

Les journalistes, les leveurs de fonds de Cambridge… penseraient-ils que nous ne savons pas ce qu’est la science, et qu’ils doivent nous la faire aimer ? Ce qu’a raté notre société : former celui qui se croit scientifique à l’esprit de la science ?

Ce que la science a d’intéressant est justement l’histoire de ses erreurs. La science ne sourit qu’à l’esprit critique. Elle n’est pas à gober sans mâcher.

Espace-temps

Et si l’espace-temps nous cachait des secrets ? Apparemment, l’idée du moment chez les physiciens serait que l’espace-temps serait un phénomène « émergent ». Comment comprendre émergence ? Par un exemple : l’eau et la mécanique des fluides sont un phénomène émergent par rapport à leurs constituants, qui sont les molécules. En fait, notre réalité n’est faite que d’un empilage d’émergences.

Et si l’espace-temps, comme l’eau, était construit sur des « granules » ?

Les propriétés du niveau du dessus n’ont généralement pas grand chose à voir avec celles du niveau inférieur, qu’est ce que cette recherche peut nous apporter ? Peut-être ce que nous a donné la découverte des atomes ? En agissant sur les niveaux inférieurs de la réalité, nous modifions le niveau dans lequel nous vivons ?

Simon Johnson

Simon Johnson vient de recevoir le prix Nobel d’économie. Curieusement, à une époque je le citais souvent. Il parlait de l’état déplorable des USA, avec des termes qui pourraient s’appliquer à la France…

Les pays qui ont connu des faillites ces derniers temps suivent une voie relativement prévisible. Une oligarchie, fruit du « partenariat public-privé », se constitue à leur tête. En période faste, ses initiatives profitent à tous. L’appât du gain lui donne de plus en plus d’ambition, elle prend de plus en plus de risques, accumule les dettes. Ça claque. Le gouvernement répare les premières faillites, en ami, par détournement de bien social. Mais la crise dépasse ses moyens, et la question devient : quel oligarque doit être sacrifié ? C’est presque un appel au suicide. La question peut donc demander des années pour être tranchée, et le pays trépasser.

Point

Un point sur mon étude en cours de l’entreprise française.

C’est un rien « The heart of darkness ». Plus j’avance, plus je découvre, plus je m’enfonce. Cela aura-t-il un terme ?

Nos entreprises et start-up ne paient pas de mine. C’est déprimant ! Et pourtant, quel potentiel ! La Ferrari est aux mains d’un conducteur du dimanche ?

Notre tissu économique (à l’exception de nos multinationales) a une guerre de retard. Au lieu de s’entraider, les entrepreneurs se jalousent. Et quand il existe des « donneurs d’aide », leurs conseils sont dangereux ! (Conséquence de notre arriération collective : leur expérience n’est plus pertinente.)

Alors ? Peut-on laisser s’effondrer notre économie ? Oublions le délit de sale gueule et retissons des solidarités à partir des compétences avérées ?