Faible constitution

Je ne suis pas le seul ! me dis-je. Je lis les travaux d’un spécialiste de la constitution. Comme moi, il estime que seul le référendum devrait pouvoir changer la constitution.

Pourquoi n’est-ce pas ou plus le cas ? Mon hypothèse, très « théorie du complot », est que nous sommes dirigés par une « élite » qui veut faire, comme tout élite, notre bien contre notre volonté. S’il y a « élite » cela ne signifie-t-il pas que la masse est animale ?

Justice ?

1974. Attentats de l’IRA. La police met la main sur quelques pauvres types. Les fait avouer. Masque les preuves qui les disculpent. (Y compris les confessions des véritables coupables !) Ils sont jetés en prison. La plus haute justice du pays s’oppose à la révision de leur procès. (Bombers, Archive on 4, BBC.)

De temps à autre de telles erreurs judiciaires continuent à émerger, en Angleterre. Dernièrement, il y a eu la question des postiers (ou « sous-postiers »), qui ont été « massacrés » par un système d’information pourri.

Je me suis demandé si elles étaient si exceptionnelles qu’on le dit. Tout cela semble résulter d’un « système » (au sens systémique du terme), qui fait qu’il faut obtenir des résultats sans moyens, et que la police en vient à des expédients, et que la justice obéit à des impératifs politiques ou autres, qui n’ont rien à voir avec la justice. Et que c’est celui qui ne peut pas se défendre qui en est victime.

Changement en France

En France, le mot « changement » semble produire un malaise. Pourquoi ?

Suite du billet précédent.

A un moment, je demandais à mes étudiants ce qu’ils entendaient par « changement ». Il en ressortait un bruit confus. Je regrette maintenant de ne pas avoir mieux fait mon enquête.

Je m’interroge. Nos contemporains n’entendraient-ils pas « changement » ainsi : le changement est immédiat, c’est un dû. Le changement, c’est maintenant ! Le changement comme « pensée magique » ?

Or, le changement est une question de technique, de besogne. Un travail de poète et de plombier dit James March. Car tout le monde doit y trouver son compte ! L’a priori français ne peut conduire qu’à l’échec, à la déception. A la théorie du complot ?

On peut aussi apercevoir une autre facette du malaise : lorsque l’on sait que l’on est dirigé par des innocents qui ont de tels concepts erronés en tête, on ne peut que craindre d’en être victimes.

De l’importance de bien définir les mots, dirait Confucius ?

Qu’est-ce que le changement ?

Qu’est-ce que le changement ? me demande-t-on.

Je dirais plutôt, qu’entend-on, actuellement, par « changement » ?

Le changement est le propre de la vie. La seconde loi de la thermodynamique, une des lois dont on est le plus sûr, affirme que l’univers est en transformation permanente. D’ailleurs, temps est équivalent à changement.

Donc « changement » doit s’entendre autrement. « Changement » signifie, quand je l’emploie, « conduite du changement » : dans ce changement permanent, comment fais-je pour aller dans une direction qui me convienne ? Pensons au canoë pris dans des rapides.

Et là, on en arrive à un résultat fondamental. La « réalité » n’est pas « informe », elle a une sorte de « structure ». Nous suivons des lois, par exemple. Avec ou sans dieu, tout n’est pas permis. Mais cette structure nous est cachée. Spinoza ou Descartes disent ainsi que nous devons adopter une « méthode » et nous méfier de nos « passions ». Notre récompense, c’est le bonheur. C’est d’arrêter de se taper la tête contre les murs.

Je crois que cette acception de « changement » est arrivée en France au début des années 2000, avec l’avénement de l’ERP. Les cabinets de conseil appelaient sa prise en main par une organisation « conduite du changement ». Aux USA, patrie des dits cabinets, le changement est étudié en école de gestion (où je l’ai découvert dans les années 90).

Un précurseur français de cette définition de changement est Michel Crozier, après guerre. Seulement, en dépit de remarquables succès, il ne semble pas avoir fait école.

Je soupçonne que les travaux scientifiques modernes le concernant remontent à Kurt Lewin durant la guerre. Il voulait éviter un retour du nazisme, qu’il croyait le propre du « changement dirigé » (le changement à la française). Il a étudié tous les thèmes que l’on retrouve aujourd’hui dans un cours de MBA, en particulier celui de « leader » (traduire « Führer »). Lui-même est le fruit de la pensée de langue allemande qui a apporté à la science, jusque-là anglo-saxonne, donc individualiste, atomique, une dimension collective, sociale, systémique.

Bien entendu, on n’a pas attendu Kurt Lewin pour étudier la question du changement. Platon, par exemple, voit le changement comme la victoire du bien sur le mal. Aristote adopte l’approche technique, anglo-saxonne. Toute la pensée classique chinoise est une pensée du changement, en termes de technique. Etc.

Temps pourri

Mon garage n’est-il pas inondé ? se demande une voisine. D’après des statistiques, en un mois, nous avons reçu trois fois la moyenne annuelle de pluie.

Mais que veulent dire les moyennes ? Il semble qu’il y ait des régimes météo, avec des années pluvieuses, et d’autres sèches. Le seul cas qui ne se présente jamais est la moyenne ?

Jusque-là je ne me préoccupais pas de météo. A Paris, je passais de métro en métro, puis en bureaux surchauffés et éclairés, et parfois en cinémas. Ce qui me l’a fait découvrir, ce sont la banlieue et le télétravail.

Transfert de charge

« Le transfert de charge » est un des maux de la société selon la dynamique des systèmes.

Face à une difficulté, l’individu ou la société tendent à choisir une solution de facilité, qui fait croire qu’elle est résolue. En conséquence, elle se reproduit, et on insiste sur l’expédient. L’exemple type du phénomène est l’alcoolisme.

N’est-ce pas ce qui nous est arrivé dans les années 70 ? La société s’est trouvée en crise. Au lieu d’en chercher les causes, elle a préféré quelque belle théorie, qui lui évitait un travail fatigant ? L’Etat n’était pas la solution, mais le problème, comme le disait le bon M.Reagan, par exemple ?

Cela aurait-il été facilité par l’arrivée au pouvoir des diplômés amenés par la technocratie dominante ? Etres de théorie ?

Et maintenant ? L’intellectuel au champ, façon Mao ? Musclons-nous pour nous coltiner la charge ?

Pelle

Nuclear energy stocks hit record highs on surging demand from AI
Amazon and Google deals to deploy small modular reactors are latest step in sector’s revitalisation

Financial times, hier

La ruée vers l’artificier continue à faire la fortune du vendeur de matériel.

PS.

Investors turn to data centres to capitalise on AI boom

Financial times, 21 octobre

Contrainte artificielle

Chinese AI groups get creative to drive down cost of models
01.ai, Alibaba and ByteDance have cut ‘inference’ costs despite Washington curbs on accessing cutting-edge chips

Financial Times du 19 octobre

La contrainte rend intelligent. Et si l’on coupait les vivres à l’Intelligence artificielle ? Peut-être cela nous ferait faire quelques économies d’énergie nucléaire ?

Culpabilité

Dette de la France. Qui est coupable ? Philippe Mabille, de la Tribune, enquête, hier.

Il a joué, nous avons perdu ? M.Macron aurait fait une « politique de l’offre », il baissait les impôts en espérant que cela permettrait à l’économie de croître et d’embellir, et de payer des impôts. Ce qui a échoué. Il n’a pas cherché à améliorer l’efficacité de l’Etat. Et, finalement, il a fait de très coûteux cadeaux électoraux aux retraités, qui ne lui ont pas été reconnaissants.

Est-il le seul danger public ? Le débat concernant la réduction de la dette est une cacophonie d’irresponsabilités.

Etrangement, les perdants du dit débat pourraient être les « classes moyennes ». Ce qui confirmerait un phénomène survenu ces dernières décennies : elles ne sont plus représentées ?

Génération dette ?

La dette publique mondiale est très élevée. Elle devrait dépasser 100 000 milliards de dollars, soit 93 % du produit intérieur brut mondial, d’ici à la fin de cette année, pour s’approcher de 100 % du PIB d’ici à 2030. Cela représente 10 points de pourcentage du PIB de plus qu’en 2019, c’est-à-dire avant la pandémie.

FMI 15 octobre

La dette des Etats est la grande affaire du moment. Il n’y a pas que la France qui soit concernée. Pas loin de nous, les Anglais cherchent à faire 40md de livres d’économie. Ils ne sont pas les seuls.

Que nous est-il arrivé ? Une hypothèse, inspirée par l’expérience de l’entreprise : nos gouvernements ont investi dans des projets qui n’ont pas donné ce qu’ils attendaient d’eux.

En tous cas, nous nous trouvons devant une question nouvelle : l’Etat est désormais privé de son outil d’intervention favori : la dépense publique. Comment relancer le pays sans elle ?

Voici un « challenge » que nous laissons à nos enfants ? Une preuve de confiance en leur talent ?