Trump y es-tu ?

If Donald Trump takes office, a trade war, higher prices, labor shortages, a gaping deficit, and a showdown between the White House and the Fed all seem highly likely.

The New Yorker, 2 novembre

Faut-il croire The New Yorker ? L’effet des attaques contre Trump semblent avoir fini par s’émousser. A tel poit que ses opposants, pris dans une sorte de surenchère, paraissent s’approcher de la « théorie du complot ». « Ivan Raiklin calls himself the secretary of retribution,” compiled a “deep state target list,” and wants Republican lawmakers to “hand their states’ electors to Trump.” » (The Atlantic) « Conservatives behind an extensive plan for reshaping the US government known as Project 2025 see it as a resource for Donald Trump’s next presidency. » (Bloomberg)

A crier au loup… ? Mais cela peut aussi desservir Trump : volontairement ou non ses provocations, parce qu’elles étaient largement reprises, lui faisaient de la publicité. Maintenant, il peut dire ce qu’il, cela n’émeut plus personne.

Sens de la marche

L’AMF annoncerait une carence de mobilisation des futurs maires sortant d’environ 25% … pas étonnant () quand on cumule les complications et les responsabilités pour au final une reconnaissance médiocre de la machine centrale (administration comprise, hors sol, déconnectée des réalités). La réduction dans les faits (pas forcément dans les textes) des pouvoirs déconcentrés de l’Etat pour autant et souvent proactifs en local n’arrive plus à compenser un réel malaise qui se dégage du terrain et des fosses qui se creusent entre le terrain et les grandes administrations. Les grandes régions incluses…

Voilà ce que m’écrit un élu local. Un quart des maires envisagent de ne pas se présenter aux prochaines élections ! Pourquoi ? L’Etat leur retire des moyens, et se décharge sur eux de ses missions. Responsabilités, écrasantes, qui finissent par engager les leurs, personnelles. Risque de finir en prison ? Ou, au moins, de « burn out » ?

Ce qu’il y a de curieux dans ce comportement de l’Etat, c’est qu’il semble obéir à une logique dominante ces dernières années, et dont ce blog fait la chronique :

  • Tony Blair aurait utilisé le sommet de Kyoto pour expédier vers les pays en développement l’industrie occidentale, source d’émissions de CO2.
  • Boeing et les grands donneurs d’ordre mondiaux ont cherché à devenir, comme Alcatel, « Fabless ».
  • En résumé, ceux qui étaient en situation de force ont confié à ceux qui ne l’étaient pas leurs basses oeuvres. Ils prétendaient, en outre, que ces derniers les accompliraient avec moins de moyens qu’ils ne leur en fallait. D’où le triomphe de « l’acheteur ».
  • On appelait cela « la loi du marché ». La littérature du management (dont je fus un gros consommateur) la glorifiait.

Propre des démocraties ? Déjà vu à Athènes ? Quand la démocratie n’est pas en guerre ou en expansion, il s’y constitue une oligarchie qui exploite sa population ? Théorie de Mancur Olson ?

Société de loisir

La question de la suppression du travail par la machine ne fait que revenir sans arrêt. Et elle est portée par ce que la société nous dit être élite intellectuelle, par exemple Keynes en Angleterre. Au lieu de se demander pourquoi on s’est trompé, à chaque épisode, comme aujourd’hui avec l’intelligence artificielle, on annonce que « cette fois, c’est la bonne ». Bon sang, qu’est-ce que l’on peut être con !

Voilà ce que m’inspire une ancienne émission de la BBC. (The problem of leisure, Archive on 4, BBC 4, 2019.)

L’émission s’interrogeait sur ce que serait une société de loisir. Serait-elle vivable ?

Mais qu’est-ce que le loisir ? Ecrire ce blog est-il un loisir ou un travail ? Nettoyer sa maison, couper sa haie, tondre son gazon, faire des courses, changer des langes, réviser des leçons, remplir une feuille d’impôts, faire de l’exercice pour éviter un AVC… ? Et même le loisir pur, tel que la fête, n’a-t-il pas quelqu’utilité pratique ? Permettre à l’esprit de se reposer, pour repartir ensuite de plus belle, par exemple ?

Comme une fourmilière, la société humaine a besoin d’être en permanence en mouvement ? Le loisir n’existe pas ? Il a été inventé par le capitalisme : c’est une activité non rémunérée ? Et le capitalisme veut garder le capital pour lui, c’est pourquoi il cherche à exproprier la population ?

La Bourse ou la vie

Le Financial Times (31 octobre) : « Samsung falls short of expectations as chipmaker fails to reap AI benefits ».

Lorsque j’ai commencé à lire la presse américaine, j’ai découvert le terme « mode de management ». En fait je pensais que c’était un effet Panurge. C’est plus fort que cela : lorsqu’un mot est à la mode toute la société fait pression sur l’entreprise, par le biais de la bourse, pour qu’elle le mette à son catalogue.

l’individualisme forcené produit d’étranges effets de masse.

Le retour de la classe moyenne ?

« Bons emplois », « classe moyenne »… Le discours de Kamal Harris dont j’entendais des extraits ce matin m’a surpris. On y parle désormais de « classe moyenne », et de ses problèmes. En particulier de l’inflation, mais aussi, en creusant un peu plus, du fait que beaucoup d’emplois sont réservés à des diplômés de l’enseignement supérieur.

Cela explique peut-être la raison pour laquelle elle semble fuir comme la peste Joe Biden, dont la politique n’a pas été bonne pour cette « classe moyenne ».

Etonnant changement de cap des démocrates ? Ont-ils fini par comprendre qu’une élection ne se gagnait pas par les marges, mais par la majorité ? Et que celle-ci était au centre ? Cela sera-t-il suffisant pour leur valoir la présidence ?

Rendement artificiel ?

Microsoft Cloud revenue rises on AI boom but softer outlook weighs on shares
Warnings of slowing Azure growth and rising data centre costs dampen initial optimism on tech giant’s quarterly earnings

Financial Times, 31 octobre

Marronnier de ce blog : le rendement décroissant de l’intelligence artificielle. Serait-on en train d’y assister ? Il faut de plus en plus de moyens pour obtenir des résultats de plus en plus maigres ?

Ne serait-ce pas le cas, globalement, du « numérique » ? Ce dernier demi siècle, il semble avoir été le maître mot de notre économie. Or, un précédent billet disait qu’elle a accumulé 100.000 milliards de $ de dettes. Cela ne signifie-t-il pas que le numérique n’est pas un bon investissement ?

Dubaï

Etrange Dubaï. Une ville qui n’est pas une ville, disait un invité de Christine Okrent (12 octobre).

Dubaï n’a aucune ressource naturelle, elle tirerait sa fortune de sa position géographique de « plaque tournante », et de la culture de son peuple de commerçants, devenus des « patrons ». Elle vit de l’immigration, immigration de damnés de la terre, qu’elle exploite, et des gagnants de la globalisation, qui lui apportent le meilleur de l’innovation mondiale.

Gérée comme une affaire familiale, c’est une dictature ultra libérale, où tous les trafics sont encouragés.

Pour autant, son instinct aventurier et spéculateur la prédisposerait à la faillite. Mais elle en est sauvée par Abou Dhabi. Les Emirats arabes étant une fédération, apparemment solidaire, où chacun apporte ses particularités au groupe. Un modèle pour l’UE ?

Aucun respect !

Serais-je le fruit de 68 ? Je me rends compte que je n’ai de respect pour rien. En particulier pas pour les grands hommes qui semblaient admirables dans mon enfance. A examiner leur vie, ils semblent fort humains. Et parfois fort stupides.

Qu’est-ce qui a produit ce changement d’avis ? Je suspecte que, jadis, la société était tellement spécialisée que quasiment personne n’avait la formation lui permettant de juger le grand homme. Je pense aussi que lorsqu’une société réussit, elle tend à se considérer comme admirable. Ses membres ont du respect pour leurs concitoyens, parce qu’ils sont à leur image. Cela se voit me semble-t-il clairement dans la société allemande ou chez le polytechnicien, ou encore chez de Gaulle. Hannah Arendt me paraît avancer une théorie similaire : la société romaine admirait ses sénateurs, parce qu’ils étaient porteurs des valeurs qui faisaient son succès.

Peut-être aussi sommes-nous une société dont la religion est l’individualisme ? Par définition nous croyons que nos succès ne peuvent qu’être le fait d’individus ? Alors, nous glorifions l’individu ? « There is no such thing as society », disait Mme Thatcher ?

Insecte électrique

L’insecte étant léger est sensible à l’électricité électrostatique. Si bien qu’il a inventé des moyens pour s’en servir ! Y compris la générer. (Article.)

Invisibly to us, insects and other tiny creatures use static electricity to travel, avoid predators, collect pollen and more.

Géniale nature ?

En tous cas, cela me ramène à une de mes vieilles obsessions : le voyageur de commerce. C’est un problème qui défie les informaticiens. Mais, je le soupçonne, qu’ont résolu les abeilles. Au lieu de vivre dans le vide, comme nous, elles volent dans un espace plein, de type relativiste, dans lequel il suffit de se laisser porter par la pente du terrain pour toucher sa cible, sans effort ?

Garbage Joe

Hier, la BBC se demandait si Joe Biden, en traitant les électeurs de Donald Trump de « garbage », n’avait pas fait perdre les élections à Kamala Harris.

Tout le monde s’attend à ce que l’élection se joue à peu de choses. On parle des « indécis ». Mais vue la différence entre les deux candidats, on peut se demander où peut se jouer l’hésitation. Peut-être aller, ou non, voter.

Dans ces conditions, c’est le hasard qui va avoir le dernier mot. Et, compte-tenu des singularités des processus de vote américains, et des dispositifs associés, on peut imaginer que l’on va vivre une longue période de contestation de résultats. Heureusement qu’il se passe plusieurs mois entre l’élection et l’intronisation du président.

L’émission rappelait aussi que la situation n’avait rien d’exceptionnel. Ce qui est juste : sauf dans le cas d’Obama, les deux partis semblent faire quasi jeu égal depuis plusieurs décennies. Et, encore, lorsqu’un parti gagne la présidence, il perd le sénat, et de quoi gouverner.

Curieuse situation.

En fait, c’est ce que voulait Montesquieu. Lorsque le pouvoir est paralysé, il ne peut être tyrannique. Pour pouvoir décider, il faut consensus. (Ce qui s’est passé lors des attentats du 11 septembre.)