Drame de la solitude

“Loneliness among adolescents around the world has nearly doubled in recent years. The need for social interaction is especially intense during adolescence, but it is not clear whether online socialising can fulfil this need.

“This study has shown that digital interactions might not mitigate some of the deep-rooted effects that isolation appears to have on teenagers.”

Article.

Apparemment, le lien social est nécessaire au sain développement de l’individu. Comment se fait-il que les jeunes soient de plus en plus seuls ? Et quel va en être la conséquence ?

Portrait de l’artiste enfant

Un privilège de l’âge est d’avoir pu observer le développement de l’homme, et peut-être surtout les relations entre générations et leurs conséquences.

Par exemple, il est surprenant de constater que ce qui pourrait paraître une petite particularité amusante de l’adulte peut avoir comme impact sur l’enfant. C’est ainsi que le parent découvre souvent que son enfant lui en veut « à mort », alors qu’il n’a rien vu venir.

Est-ce étonnant ? Les parents sont inexpérimentés. Ils sortent de l’enfance. Jusque-là on ne les prenait pas au sérieux. Ils étaient « mineurs ». Et, soudainement, on leur confie des êtres humains sans défense, sur lesquels ils ont droit de vie ou de mort. On peut difficilement imaginer changement plus violent. Cela ne peut que produire un cercle vicieux : au lieu de chercher le « juste milieu », l’enfant devenu adulte adopte l’opposé de ce qu’il croit avoir reçu, selon la fameuse formule : « je te donne ce que je n’ai pas eu ».

Or l’enfance et l’âge adulte sont extrêmement différents. L’âge adulte est une sorte de redoublement permanent : la vie fait du surplace. L’enfance au contraire est un moyen-âge de l’humanité où tout est merveilleux. Un monde de contes de fées, plein d’histoires. Où tout incident prend des dimensions fantastiques.

Ce qui amène à prendre conscience d’un mystère : la façon dont on devient homme. L’homme est le fruit d’une quantité d’influences, d’expériences, de hasards. Il y a certainement de l’inné dans sa constitution, mais il peut en sortir une infinité de solutions. Il semble donc illusoire de rêver d’une humanité douée de raison. Il faut s’attendre aux surprises de la diversité.

Sinistrisme

Les démocrates américains s’interrogent sur leur défaite. Ce qui est tout à leur honneur. Il y a quelque temps, je lisais qu’ils l’avaient méritée. Ce matin, j’entendais la BBC dire que l’Américain considérait que le démocrate était allé beaucoup plus vers la gauche que le Républicain vers la droite. Qu’il avait lâché l’économie pour les questions sociales, et que, du parti du travailleur et du pauvre, il était devenu celui des minorités.

En France, on parle de « sinistrisme », les partis de gauche tendent à aller à droite. Le démocrate ferait-il exception ? Peut-être pas : que serait un pays dominé par des minorités pauvres et une minorité riche, sinon une aristocratie, ou une oligarchie ?

Anne Cheng

La vie d’Anne Cheng, par elle-même (A voix nue, France Culture).

J’ai apprécié son Histoire de la pensée chinoise. Je la savais fille du fameux François Cheng, et je pensais qu’elle avait eu une jeunesse dorée. Pas du tout. Elle est née par hasard. Son père lui en a toujours voulu d’avoir mis un terme prématuré à sa destinée.

Il se voyait comme dieu le père. Avec la belle mère d’Anne Cheng et elle-même, ils étaient la sainte trinité ! Secte ? Et elle a vécu dans la pauvreté, à tel point que la DDASS l’a retirée un temps à sa famille.

Elle doit son parcours brillant à sa volonté de fuir l’emprise (au sens « pervers narcissique ») de son père, et à l’ascenseur social, qui marchait encore en son temps.

Comme quoi une vie apparemment réussie peut cacher de graves traumatismes.

Et la Chine ? Anne Cheng a cru, avec nos élites, qu’elle se transformerait au contact de l’Occident. Curieusement, personne n’a entendu le signal de Tien an men.

Enfer numérique ?

On me disait que les jeunes n’avaient plus de temps à eux. Et qu’ils étaient extrêmement stressés. Explication avancée : les réseaux sociaux et le mail. Ils consomment un temps considérable. Et surtout, impossible de leur échapper. Au moins, les Juifs ont-ils conservé le « sabbat ».

Il est vrai que je me souviens que, dans mon enfance, les vacances étaient de véritables vacances. Loin de tout. Même le téléphone, lorsqu’il est apparu, était dans une cabine.

Serait-ce de là que proviendrait le « burn-out », mal du siècle selon l’ouvrage sur le repos dont je parlais récemment ? Effet paradoxal ? Notre société est supposée apporter de grands progrès à la condition humaine, or, notre vie est rongée par ce qui est présenté comme un moyen de distraction ?

Le principe de la constitution

Le principe de notre constitution est la liberté de l’individu. C’est l’individu qui a des droits.

Ce qui empêche d’en reconnaître à telle ou telle minorité, ou groupe culturel. Car cela romprait l’égalité. Cela interdit « l’affirmative action ».

Leurs problèmes ne se règlent pas par la loi, mais par l’action sociale. (« Le changement », dirais-je.)

Voici ce qu’écrivent MM.Carcassonne et Guillaume dans La Constitution. Et voilà qui mérite d’être approfondi, tant cela va à l’encontre d’aspirations de certains de nos éminents contemporains.

Critique et sagesse

The Democratic strategy of using lawfare to defeat Trump was repudiated, and he deserves the ability to begin his new term with a clean legal slate

Donald Trump seized on transgender rights—already a flashpoint in sports and schools—as a potent late-campaign weapon against Kamala Harris. It resonated with many voters.

Wall street journal 

Les démocrates américains, avec une certaine honnêteté, s’interrogent sur leur échec. N’est-ce pas l’ensemble de leurs valeurs qui a été rejeté par la population ?

Curieusement, ils mettent en question ce qu’il était absolument interdit de critiquer. On en vient même à avouer que la justice était, en quelque-sorte, « vendue » aux démocrates.

Le début de la sagesse ?

Gauche

« Les appels directs au peuple, par dessus les assemblées, ont toujours été envisagés avec réticence par les républicains et la gauche en particulier » (La constitution, Guy Carcassonne et Marc Guillaume).

Surprenant : la gauche n’est-elle pas le parti du peuple ? Apparemment, si elle n’aime pas le référendum, c’est qu’il fut utilisé par sa bête noire : le « populiste ».

Mais n’est-ce pas une exception qui confirme la règle ? D’ailleurs, il n’y a pas génération spontanée du populisme. Ne surgit-il pas en dernier ressort, lorsque plus rien ne va. En particulier que les partis politiques ont failli ?

De quoi « gauche » est-il le nom ?

Histoire du repos d’Alain Corbin

En lisant ce livre, je me suis demandé s’il était l’histoire du repos, ou celle du mot repos.

Car ce que l’on entend par « repos » a beaucoup évolué. Pour le Christianisme des origines, c’était le repos éternel. Le repos ne survenait qu’après la mort. Sur terre, le mieux que l’on puisse avoir, c’est la conscience en repos. Ce qui se nommait « quiétude ». Puis le repos est devenu retraite (Rousseau). Puis le repos est remède à la fatigue, puis loisir, et aujourd’hui détente, « ce qui revient à remplacer la fatigue par une tension, un mal-être, par exemple le burn-out ».

Signe des temps ? Notre mal s’écrit en anglais ?

Prospective

Quelqu’un a-t-il réfléchi à l’effet Trump ?

De ce que j’aperçois, il cherche à donner un avantage « déloyal » à ses entreprises : protectionnisme, déréglementation, énergie bon marché (pétrole)… On annonce un nouveau boom des start-up et on entend que la grande entreprise a intérêt à s’installer aux USA.

Déjà la France, surendettée, est violemment touchée par la concurrence chinoise et le coût de l’énergie. Un pan de son économie est en train de disparaître. Il ne s’agit pas de faillites classiques, mais peut-être d’un phénomène que l’on n’avait pas vu depuis la guerre. M.Trump va-t-il lui porter le coup de grâce ?

Mais, surtout, n’est-il pas le retour de l’Amérique éternelle, celle qui ne connaît pas la loi, mais la seule force ? M.Roosevelt ne fut-il pas une exception ? Une Amérique qui n’est que bulles spéculatives et crises ?