André Comte-Sponville semble avoir pris le contre-pied de la « pensée 68 ». Il a procédé comme Montaigne : il s’est demandé comment vivre une existence d’honnête homme, et il a bâti ses réflexions sur ses constats et convictions. Et il les a alimentées des travaux des philosophes qui lui semblaient les plus utiles. Ils étaient, généralement, les plus anciens. Il en a déduit « sa » philosophie. (Au passage, il observe qu’il y a une forme de philosophie française, très littéraire, celle de Pascal, Descartes et Montaigne.)
Son succès d’auteur vient, d’après lui, de ce que la génération 68 s’est trouvée face à la question qu’il avait dû résoudre : les idéaux de 68 sont bien beaux, mais il ne sont pas très utiles pour élever des enfants.
Il fait, d’ailleurs, une bonne publicité à son oeuvre : il semble content de son sort et de son histoire. Rendre le pratiquant heureux : la vocation même de la philosophie ? Alors, imitons-le, tous philosophes, tous humanistes ? La véritable « French philosophy » ?