Le monde selon Trump

Etude de « l’impact » de Trump, par Affaires étrangères de Christine Ockrent. Ce que je retiens :

Ses droits de douane lui permettent de financer des baisses d’impôts. Globalement le déficit américain est stable. Les pauvres devraient prendre de plein fouet les droits de douane, sans profiter des baisses d’impôts (puisqu’ils en paient peu). Mais, ces désagréments seraient compensés par le spectacle de sa gesticulation.

L’économie du pays est tirée par l’intelligence artificielle. La politique Trump ne serait pas favorable à l’industrie.

D’où je déduis que Trump espère que, selon une théorie classique, l’enrichissement des plus riches va profiter aux pauvres par « ruissellement ». En tous cas, il semble vraisemblable que cet enrichissement va alimenter la bulle spéculative.

Plus intéressant ? Je croyais à l’idée, que j’avais lue ici et là, que les USA avaient été fondés pour se garantir du risque de dictature, que fuyaient les premiers émigrés anglais. Or, Trump, se réclamant de la légitimité du plébiscite, à la façon de De Gaulle, est en train de faire un véritable coup d’état. La cours suprême est à sa botte, et il tente de démanteler la justice, supposée l’âme du pays.

D’ailleurs, tout ceci ne serait pas de son fait, il tirerait profit d’un plan conçu par le parti républicain, pour prendre l’avantage sur les démocrates, qui avaient la haute main sur la justice, et exécuté impeccablement. Dans cette affaire, il n’y a pas de bons et de mauvais. Que de médiocres intérêts ? Le déchaînement de l’individualisme ?

Le Conseil national de la Résistance

Le CNR est l’organe de direction de la Résistance. Phénomène unique dans notre histoire : alors que l’on dit que le Français est un farouche individualiste, y étaient représentés tous les partis politiques et tous les syndicats. Et ils ont coopéré efficacement pendant toute la guerre ! Apparemment aucun autre pays n’est parvenu à une telle union. Décidément, la France est un pays surprenant.

S’il est rapidement disparu c’est peut-être qu’il a été victime du Stalinisme. Le Parti communiste a rompu les rangs. (Peut-être, aussi, la paix était-elle favorable au réveil des ambitions personnelles ?) Il a aussi été victime de la clandestinité : alors que de Gaulle était la voix de la France, ses membres avaient dû se cacher pour survivre et étaient des inconnus.

Si l’on prend la révolution française comme métaphore de la révolution qui a été la libération, c’est l’esprit de Valmy, tel que l’histoire la magnifie qui anime les résistants. La libération du territoire et la renaissance de la France démocratique était leur but.

Le CNR a écrit un « programme » dont le but était, justement, de fonder cette France de la renaissance.

Il en a résulté, entre autres, une vague de nationalisations et la Sécurité sociale. Après la crise d’avant guerre, elle était une aspiration universelle. D’ailleurs, elle avait un modèle : le rapport Beveridge, anglais. Mais chaque nation a mis en oeuvre des aspirations communes selon ce que lui dictait sa culture.

Curieusement, le programme est court et se contente, comme la constitution de 1789, de grands principes. On y lit, par exemple, concernant le droit à la retraite : « Une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ». (La définition de retraite a beaucoup évolué depuis lors.)

Mais, comme l’écrit Claire Andrieu, le plus important, certainement, fut l’esprit du CNR :

Ce qui demeure pourtant du programme du CNR, c’est son esprit, celui de la Libération, celui de l’optimisme, du volontarisme et de la solidarité nationale qui ont accompagné la liberté retrouvée. L’idée, enfin, que, face à la misère, le politique doit et peut agir.

Éclatement ?

La bourse américaine donne un curieux spectacle. Du jour au lendemain les titres phares perdent ou gagnent des centaines de milliards. Et les records tombent sans cesse. Il y a eu celui des 3000 milliards des 4000 et maintenant des 5000 (Nvidia).

Quand est-ce que cela finira ? Il faut probablement toucher une limite physique ou que le marché prenne peur. Ce qui ne semble pas le cas actuellement.

Quant à l’impact il dépend du type d’entreprises impliquées. Si, par exemple, les banques financent les data centres, la crise pourrait être systémique.

André Breton

Que fut le Surréalisme ? « André Breton » répondent en choeur les interviewés d’une émission qui lui est consacrée.

Breton ou le paradoxe incarné. Au nom du rêve, il a crée une secte, dont il était, disaient ceux qui ne lui appartenaient pas, « le pape ». Comme un pape, il excommuniait, pour un oui, pour un non.

Lui-même n’avait rien d’un bohème. C’était la rigueur, la rationalité, l’austérité faite homme. C’était un bourgeois rangé qui aspirait à la révolution ! Et c’était un auteur qui n’aimait pas écrire.

A la fin de la guerre, il a eu peur qu’on lui reproche de l’avoir passée aux USA. Mais, avant et après guerre, il semble avoir répondu aux aspirations de la jeunesse. C’est peut-être la raison pour laquelle il a fait du sur-place, disait un interviewé : sa pensée n’a pas connu de maturité. Mais il a attiré à lui tout ce qui se faisait de mieux en termes d’intellect. Etre surréaliste était une marque de supériorité sur le peuple, ai-je entendu dans une autre émission. (Le propre des sectes ?)

Qu’en reste-t-il ? Tous ces petits jeunes prétentieux semblent avoir cru que le fond primait sur la forme. Aux USA, le surréalisme paraît avoir débouché sur l’art moderne, qui n’a de sens que pour le spéculateur. Ce fut le chant du cygne de l’art ?

Psychanalyse de l’alchimiste

Gaston Bachelard semble avoir pensé que l’alchimiste aurait avant tout cherché à explorer son inconscient, et a y trouver quelque secret miraculeux.

De telles idées sont séduisantes, mais, faute d’application, elles ne restent que des histoires. Peut-être était-ce tout ce que l’on demandait, en ce temps, à Bachelard : nous raconter de belles histoires, ce qui nous confortait dans l’idée que nous étions une grande nation, parce que nous avions de grands hommes ? Autre forme de la quête de l’alchimiste ?

Negro spiritual

Le Negro spiritual. Il semble que ce fut un langage, qui permettait à l’esclave d’exprimer ses souffrances, mais aussi un espoir : il s’identifiait au peuple élu, déporté à Babylone. Le Negro spiritual aurait aussi été inspiré par les cultures des dits esclaves.

Ce qui est surprenant est que les noirs américains ont de multiples origines et qu’ils sont le fruit de multiples mélanges. Ce n’est pas la génétique qui fait les cultures ?

(France culture : Les vivants et les dieux – Symboles et religions « Le negro spiritual ».)

Solitude

Discussion avec des dirigeants. Le thème de la solitude revient sans cesse.

Est-ce leur faute ? Ou celle de la société ?

En Allemagne, me dit-on, les entreprises se dirigent « à quatre », en France, le chef d’entreprise est « seul dans son bureau ».

Mais nous sommes aussi dans une société individualiste, qui manque totalement d’empathie. On y parle de soi, mais on n’écoute pas les autres. Tout se passe comme s’ils n’existaient pas.

Sortir de la solitude n’est donc pas simple. Non seulement, il faut aller vers l’autre, mais, surtout, il faut trouver le moyen de l’amener à sortir de son autisme ?

La révolte de Camus

Que pensait Camus ? Le professeur qui a compté dans sa vie le qualifiait de « Rastignac ». Et, en ces temps, le Parti communiste était le tramplin des Rastignac. Puis, il a semblé proche des anarchistes et des libertaires. C’était à la fois être un intellectuel, sans renier ses racines populaires. Finalement, il s’est opposé aux intellectuels, pour cause de « nihilisme ». Puis a défendu une sorte d’Algérie « arc en ciel ».

Sartre disait qu’il était, comme lui, devenu un « bourgeois », du fait de sa réussite sociale.

Il semble plutôt que nous soyons faits par les différents milieux que nous traversons. Et que nos convictions viennent de nos premières expériences. Ce sont les événements qui les révèlent.

Albert Camus, soleil et ombre

Original. La biographie de Camus au travers de son oeuvre. De ce fait, il n’est pas question de sa vie privée, qui fut turbulente.

A tort ou à raison, Camus me fait penser à Gatsby le magnifique. Comme lui, venu de rien, il a eu un rêve immense, il a été à un rien de le saisir, il s’est évanoui. Une mort prématurée a mis un terme à une vie qui avait perdu son sens.

En ces temps, l’effet de l’ascenseur scolaire était étonnant. Le simple fait de faire des études propulse Camus, tout jeune, parmi les gloires littéraires de son temps. Habiter à Alger est un avantage, il y a peu de grands intellectuels, mais de grande qualité. Quasiment immédiatement, Camus devient une célébrité, et un homme riche : ses livres se vendent énormément.

Je ne savais pas à quel point le théâtre avait compté pour lui. Non seulement, il a écrit et monté des pièces, mais il a aussi été acteur et tenu même des premiers rôles. C’était un temps où le théâtre était militant. Et où il avait un public d’élite.

Je ne savais pas non plus que l’idée de « révolte » était déjà dans ses premiers livres. Pour lui, la révolte est l’antidote à la fatalité, que ce soit la peste ou le nazisme, plus généralement le totalitarisme. Et la publication de « L »homme révolté », fut aussi le grand moment de sa vie. Alors il s’est mis à dos tous les courants intellectuels, champions du nihilisme, à commencer par les Surréalistes et la mouvance de Sartre. En même temps, son espoir de faire de l’Algérie une nation « arc en ciel », comme aurait dit Nelson Mandela, échouait.

L’idéal du révolté ? La vie d’Achille, courte mais glorieuse ?

Horizon chinois

Le Chinois n’aurait pas d’horizon.

Son art n’est pas le même que le nôtre. Alors que ce dernier semble avoir cherché longtemps à être une photographie, l’art chinois paraît plutôt être un langage. L’histoire d’une expérience.

Ce qui, au fond, est peut-être la règle générale. A la fois la photo, supposée exacte, et l’art abstrait, que personne ne comprend de la même façon, sont des exceptions.