S’exprimant à l’université de Valladolid, le responsable de la politique étrangère de l’Union européenne a déclaré que le mouvement islamiste palestinien, créé en 1987, avait été « financé par le gouvernement israélien pour tenter d’affaiblir l’Autorité palestinienne du Fatah ».
Est-ce vraisemblable ? Israël aurait-il fait comme les Américains avec les islamistes ?
En tous cas, le machiavélisme paie rarement à long terme. Mais, comme le disait Keynes, à long terme on est tous morts ? Même ceux qui n’auraient pas dû l’être ?
Rien que dans ma ville, je suis face à un mur d’investissements dont je ne vois pas le bout. La rénovation énergétique à elle seule représente un immense défi. Les écoles, les gymnases, le centre technique, le centre culturel, tous les bâtiments annexes, et la mairie, qui est un gouffre financier, nécessitent des investissements considérables. Si l’on ajoute à cela l’éclairage public, le plan vélo avec le réaménagement des routes pour une utilisation sécurisée des vélos dans toute la commune, ainsi que l’ensemble de nos initiatives en matière de biodiversité et d’alimentation, les coûts s’élèvent à des millions d’euros.
Des Pays-Bas à la Roumanie en passant par la Pologne, l’Allemagne ou la France, les exploitants multiplient les actions contre le Green Deal européen et la hausse des taxes sur le gazole… Le tout, sur fond d’inflation et de concurrence des importations ukrainiennes.
Le Monde de samedi
Dans mes livres, je parle de deux types de changement. Il y a le changement planifié et le « tir au journal ».
Le changement planifié part du principe qu’il faut demander leur avis à ceux qui vont devoir appliquer le changement, et concevoir avec eux sa mise en oeuvre. Ce qui paraît simple bon sens. Kurt Lewin appelait ce changement « démocratique », par ailleurs.
Le tir au journal consiste à prendre une décision et à rectifier le « tir » en fonction des réactions qu’elle provoque.
Mais il y a tir au journal et tir au journal. La première version améliore le tir. La seconde conduit à se planquer, une fois que l’on a été pris la main dans le sac. C’est celle qu’adopte la plupart du temps notre gouvernement.
Ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur, me répète-t-on.
Mais les gens que j’aide n’ont pas les moyens de me payer. Et que dire du cas de la personne qui a une syncope dans la rue et est secourue par un médecin de passage ?
Quand on y réfléchit un peu celui qui a un prix est, en quelque-sorte, l’esclave, autrement dit le salarié. L’entrepreneur crée ses revenus, et paie des salariés. Il a certainement un talent et une détermination qui écrasent ceux de beaucoup d’hommes, mais ils n’ont pas de valeur pour eux, avant qu’il l’ait inventée…
Il y a peu, la BBC s’inquiétait de ce que la constitution de la 5ème République donnerait tous les pouvoirs au Front National, s’il était élu.
Mais cela a déjà été le cas. Le pays a été réformé de fond en comble : de l’ascenseur social de la 3ème République aux champions nationaux gaullistes, tout a été retourné contre son intention. Le général de Gaulle avait cru qu’un pouvoir fort lui permettrait de contrôler les « intérêts spéciaux », et ce sont les dits intérêts qui se sont emparés du pouvoir !
Depuis que j’écoute la BBC, je me passionne pour les affaires criminelles. Les raconter, est-ce un talent britannique ? Ou y a-t-il la même chose en France, mais je ne m’y suis pas intéressé ?
Il est vrai qu’entendre une histoire dans une langue étrangère ajoute beaucoup à sa séduction.
J’en tire la conclusion que les véritables histoires criminelles dépassent de loin la fiction. Je trouvais, par exemple, qu’Agatha Christie faisait un usage excessif de l’arsenic. Or, en son temps, il était visiblement d’usage courant. Je ne sais pas si c’est toujours le cas, mais on l’utilisait beaucoup dans les jardins. Et il était apparemment fréquent qu’il finisse dans un plat.
Ce que le crime véritable a d’intéressant est qu’il laisse toujours un doute. Il est quasiment impossible de prouver la culpabilité de qui que ce soit. Pour maintenir notre croyance en l’efficacité de la justice, la société doit être prête à sacrifier quelques innocents.
On aurait trouvé des quantités de nanoparticules dans les bouteilles d’eau minérale. Jusque-là on ne savait pas les détecter.
J’ai découvert la nanoparticule au hasard d’une mission pour une entreprise qui, justement, avait les moyens de les mesurer. Elles sont inquiétantes, car notre système immunitaire est sans défenses face à elles.
Faut-il avoir peur de l’eau minérale ? Peut-être faudrait-il examiner ceux qui en consomment beaucoup ? (On peut imaginer que si les effets néfastes étaient manifestes on en aurait déjà pris conscience.)
En tous cas, on voit une nouvelle fois le progrès en marche. On « innove », puis on découvre que l’innovation avait des conséquences imprévues. La science est pleine de surprises.
Un jeune Malgache, Rija Rakotoarisoa, raconte « how he did it », façon traité de management.
C’est simplement écrit et passionnant. A chacun des 14 épisodes, on se demande comment on aurait fait à sa place. Et on aurait peut-être bien renoncé. Cela commence par ce que l’on nomme en France pauvreté : devoir emprunter pour manger, et s’éclairer à la lampe à pétrole. Mais il y a aussi un puissant désir de faire des études. Alors, il faut gagner sa vie, bien travailler à l’école, pour avoir une bourse, et faire 12km à pied par jour. Puis c’est l’arrivée en France, grâce à un oncle, pour préparer les grandes écoles. Mais comment faire, lorsque l’on ne parle quasiment pas le français ? Et cela continue comme cela, tout au long de sa carrière.
Une vie de champion ? A chaque revers, il réfléchit froidement. Ne jamais se laisser abattre. Tirer le maximum de ses forces et faire des compromis. Devant trouver des revenus tout en étudiant, il ne peut avoir de mention, ce qui devrait lui fermer toutes les portes. Eh bien non. Il veut ce qu’il y a de mieux, et cherche une voie de contournement pour l’obtenir, et la trouve, à chaque fois.
Cette vie ressemble beaucoup à celle de mon père et de la génération née un peu avant ou un peu après la guerre. Des gens pauvres qui s’élevaient dans la société grâce à leur détermination et à notre système éducatif. Cela confirme peut-être ce que je disais il y a peu concernant la domination de la vie politique anglaise par les « Asiatiques ».
Notre société moderne a cassé cette dynamique. Et je ne suis même pas sûr que l’histoire du livre puisse se répéter aujourd’hui : « l’ascenseur social » éducatif est désormais réservé à « l’élite ». Or, la société a besoin de l’élan vital de ses citoyens. Ce livre serait-il à étudier sérieusement pour en tirer le moyen de le faire revivre ?
56% des Anglais seraient favorables à un retour dans l’UE. Qu’est-ce qui peut les empêcher de revenir ? Une émission de la BBC.
Escroquerie. Il ressort de l’émission que c’est le cadet des soucis de l’Anglais. Il pense avoir fait une erreur, mais il a d’autres sujets de préoccupation.
Mais l’émission n’était pas totalement perdue. J’en retiens que Mme Thatcher avait obtenu un rabais massif. Elle ne payait qu’un tiers de ce qu’elle devait ! Décidément, les Anglais avaient su tirer les ficelles de l’UE, et la traire. C’est peut-être ce qui a perdu Lord Cameron. Il a cru que tout lui était permis. Je continue à penser que le Brexit a sauvé l’UE. (Elle a encore beaucoup de chances de crever, mais, avec les Anglais à bord, sont trépas était certain.)
On apprend aussi que ce que l’Angleterre n’aimait pas dans l’UE, c’était la liberté de circulation. Elle veut maîtriser son immigration. Ce qui est surprenant puisque l’immigration nette est actuellement de plus d’un pourcent de la population. Là aussi cela semble confirmer un de mes biais : l’Anglais aime son empire, mais pas le continent.