Ce qui me frappe dans la pensée scientifique, c’est son déterminisme.
Elle explique l’avenir en disant qu’il découle de phénomènes qu’elle étudie.
Mais ces phénomènes correspondent à des moyennes. Or, ce sont des marges que viennent les changements.
C’est ce que je retiens de mes années d’études de marché. Et même ces marges ne sont pas suffisantes. Elles ne sont que la seconde étape du changement, le moment où il commence à être visible. A son origine est un individu isolé, et des circonstances fortuites.
Je lis actuellement les mémoires du général de Gaulle. Elles illustrent cette idée. De Gaulle n’était rien. Mais il s’agite, il se fait connaître. Il rencontre des hommes politiques. (Il semble particulièrement apprécier les socialistes, en particulier Blum et Mandel.) On lui confie une division blindée, alors qu’il n’est que colonel. Puis il est sous-secrétaire d’Etat. Puis il se retrouve en Angleterre, tout seul. Mais, petit à petit, tout un groupe se constitue autour de lui, jusqu’à des généraux d’armée qui lui font allégeance. Et Churchill décide de le soutenir.
En fait, le changement n’est compréhensible qu’a posteriori ?