Colle qui décolle

La colle serait plus résistante que ce qu’elle colle. Or, on l’utilise de plus en plus, et partout. Or, désormais, nous voulons recycler à tour de bras.

Il y aurait une solution à cette question. Mettre dans la colle des particules de fer. Soumises à un champ magnétique, la colle se décolle. (« Colle réversible ».) Ce qui, accessoirement, pourrait nous permettre de jouer à l’Homme-araignée. Une émission de la BBC (Glued Up).

L’émission ne disait pas comment recycler la colle et son métal. Et s’il n’y aurait pas d’autres façons de procéder qu’une course en avant dans la recherche de solutions technologiques aux problèmes créés par la technique…

Arrogance

Le Français est jugé « arrogant ».

Qu’est-ce qui pourrait expliquer celà ?

L’arrogance serait liée à un mécanisme de défense, un manque de confiance en soi, un manque d’empathie. On me disait aussi que le Français serait arrogant, mais pas fier, alors que les étrangers, ne seraient pas arrogants, mais fiers, c’est-à-dire, conscients de leurs compétences. (Attention peut-être à ne pas aller trop loin, il est souvent reproché aux protestants, par eux-mêmes ! leur autosatisfaction.)

On me signale des facteurs qui pourraient expliquer cette situation. L’éducation française isole alors qu’à l’étranger le travail de groupe est favorisé. Aussi, notre éducation cherche à corriger ce qui ne va pas, alors qu’aux USA, on veut développer les talents. II se trouve aussi que nous ne sommes pas formés à la prise de parole en public et à accepter la remise en cause. Manque de confiance en soi, peur de faire des erreurs…

Cela peut-il changer ? En révélant au Français son « potentiel ignoré » ne va-t-on pas le rendre à la fois fier et humble, devant la tâche qu’il a à accomplir pour le réaliser ? Les techniques de résolution de problème en groupe (« cerveau collectif ») ne pourraient-elles pas être un élément critique du changement ? Le principe de certaines, qui consiste à partir des forces de « l’aidé », n’est-il pas un bon point de départ ?…

Nodules

Je me souviens, il y a très très longtemps (années 70), d’articles de Science et Vie parlant de nodules polymétalliques. Cela nous promettait une révolution.

Il semblerait qu’ont ait été un peu vite en affaires. Les nodules ne sont toujours pas exploités. Mais on y songe. Une émission de La science cqfd de France culture était consacrée à la question.

J’en retire que le nodule n’est peut-être pas le miracle espéré. Il est à de grandes profondeurs, et la qualité des gisements n’est pas facile à estimer.

En revanche, l’exploitation semble promettre d’être un désastre écologique. Le nodule, contrairement à ce que l’on pourrait croire, joue un rôle essentiel dans la vie de la faune et de la flore. L’exploiter consisterait à le faire concasser par des machines à chenille parcourant le fond des océans, puis à trier le résultat sur le pont d’un bateau, avant de rejeter les déchets à la mer, sans que l’on sache trop ce que peut en être la conséquence. Apprentis sorciers ?

Je me suis demandé si l’intérêt de l’entreprise n’était pas de jouer les explorateurs, mais, plutôt, de résoudre des problèmes que lui pose la société. Et si avec tout ce que l’on a déjà extrait du sol, il n’y a pas de quoi construire tout ce dont nous avons besoin. Apprenons la réutilisation.

Bernard Pivot

Hier, nouvelle de la disparition de Bernard Pivot. Il y a certaines personnes que je ne m’attends pas à voir disparaître.

Je l’ai croisé un jour, il y a quelques années, dans un cinéma, il s’était assis sur des marches, pour discuter. J’aurais pu lui adresser la parole, seulement, je n’ai rien à dire aux célébrités.

wikipedia cite quelques remarques désobligeantes à l’endroit de son émission, apostrophe. Je n’en retiens pas grand chose. J’aimais surtout les invités à forte personnalité. Les autres étaient transparents. Mais ce n’était probablement pas le fond qui comptait, mais la forme. Le spectateur y trouvait beaucoup de gentillesse, ce qui était, déjà, si rare. D’où son succès, qui a été celui de la littérature. Il eut, donc, bien du mérite. D’ailleurs, personne n’a pu le remplacer.

Je lui dois d’avoir découvert Laurent Schwartz, Jacqueline de Romilly et Vladimir Jankélévitch : lors de leur passage chez lui, ils ont séduit ma mère, qui a acheté leurs ouvrages.

Art et matière

L’artiste a la côte dans les milieux intellectuels. On lui prête des vertus de clairvoyance. Ce serait une sorte de simple d’esprit révolutionnaire. Il épate le bourgeois.

La théorie de Bergson, si je la comprends bien, explique peut-être cette opinion. Il est dit qu’alors que nous ne voyons de ce qui nous entoure que ce que nous pouvons en faire, l’artiste, quant à lui, le perçoit tel qu’il est. Le roi est nu.

Doute. Il suffit de regarder un tableau ou d’écouter de la musique pour savoir que l’artiste est de son temps, et qu’il n’est qu’un artisan, qui applique des techniques. Et qu’il lui a fallu des décennies pour les connaître. Au moins autant que le commun des mortels, et peut-être bien plus que lui, il cherche autour de lui ce qu’il peut exploiter. Il ne voit que ce qui lui est utile.

En revanche, il n’est pas interdit de penser que, ce faisant, il révèle ou crée quelque-chose d’unique, « d’incompréhensible », et qui, de ce fait, est un défi bénéfique à la raison.

Classe dangereuse

J’entends que l’armée fait sortir l’étudiant manifestant du campus américain. Ancienne tradition ? On pense à 68, mais, au 19ème siècle, les polytechniciens ont dû participer à toutes les révolutions.

Pourquoi l’étudiant tend-il à manifester ?

Il a du temps, pas de responsabilités, et c’est plus amusant de manifester que d’étudier ? Après tout l’étude et l’immobilisme qu’elle exige ne sont-ils pas contre nature ? Peut-être aussi faut-il évoquer ce qu’a si bien exprimé Platon dans La République : pour l’intellectuel, tout est simple, il y a le bien et le mal. Sans compter que, comme Platon, il a un colossal complexe de supériorité. Il pense que la direction de la cité lui est due. Ou encore une théorie de Kurt Lewin : lorsque l’on entre dans un monde que l’on ne connaît pas, comme le fait l’adolescent, on n’en comprend pas la subtilité. En outre, l’étudiant ne prend pas de grands risques : dans nos sociétés l’étudiant jouit d’une forme d’immunité, surtout lorsqu’il vient du meilleur monde.

Il faut bien que jeunesse se passe ? Mais ne serait-il pas préférable qu’elle se passe ailleurs que dans une université ?

Lune artificialisée

Je n’ai pas très bien compris ce que notre économie peut tirer de la Lune. En tous cas, il semble que l’on veuille y établir des bases. Il y aurait de l’eau, et elle serait avant tout utile pour les propulseurs des fusées en partance pour Mars. (Reculer pour mieux sauter ?) Avec l’homme, les ressources naturelles ne le sont pas longtemps ?

Le plus intéressant m’a semblé être ce que l’on peut faire du « régolithe », qui est la poussière qui couvre la Lune. Elle est fine et dangereuse pour les poumons. Mais elle pourrait être transformée en béton et en pavés. Autrement dit on pourrait construire des bunkers sur la Lune, afin de se protéger des rayonnement cosmiques et du régolithe. Et des routes. Décidément le BTP est bien le plus vieux métier du monde ?

Quant au métier d’explorateur interplanétaire : métro, boulot, dodo ?

(On va s’installer sur la Lune, La science CQFD, France culture.)

Mauvaise santé

‘I don’t have a choice’: UK patients turn to medical loans for treatment costs
Boom in healthcare borrowing prompts warnings from doctors and campaigners

Financial Times, 4 mai

L’article commence ainsi :

Faced with a daunting NHS wait-list for her first hip replacement, Helen Walters travelled to Turkey for a private operation that drained her entire pension.

On peut se réjouir des malheurs de nos voisins, mais cette situation ne nous pend-elle pas au nez ?

J’ai dans ma bibliothèque un livre qui se nomme « Market driven healthcare ». Eh bien, j’ai l’impression qu’en ayant voulu construire notre système de santé sur le modèle du marché (avec des hordes de bureaucrates pour en faire respecter les règles, ce qui en a fait une bureaucratie soviétique), on l’a démoli. Et que ceux qui en sont responsables vont maintenant nous lancer à la figure : regardez, on vous l’avait bien dit, ça ne marche pas ! Finie la sécurité sociale. Et, pour éviter une révolte populaire, il y a l’hospice.

Mauvais esprit ?

New space

J’ai toujours une guerre de retard. J’ai découvert le « new space », il y a un ou deux ans, alors qu’il aurait été inventé par M.Bush, en 2004, et stimulé par M.Obama.

Son principe est qu’il y a des affaires à faire sur la Lune, en particulier, et que c’est à l’initiative privée de l’exploiter. Ce qui demande que le droit de propriété s’applique à la Lune. Ce qui va à l’encontre des traités qui la régissent. Mais ce n’est pas un traité international qui peut arrêter les USA. En fait, surtout, il faudra fort longtemps pour pouvoir y gagner de l’argent. Alors, la NASA finance et financera encore pendant des décennies « l’initiative » privée des milliardaires américains.

(On va s’installer sur la Lune, La science CQFD, France culture.)

C’est étonnant à quel point nous, Européens, sommes innocents. Soudainement nous croyons qu’une vague d’innovations crée un nouveau Far West de l’entreprenariat, alors qu’il y a derrière cette mode, totalement artificielle, les manoeuvres d’un Etat (et que la technique en matière spatiale a énormément régressé). Et nous sommes persuadés que seul le marché libre peut créer l’innovation, alors que tous les autres peuples font assaut de protectionnisme ! A qui profite le crime ? se demanderaient les zélateurs de la théorie du complot.

Custine

Mécontent de son pays, la marquis de Custine pense trouver l’idéal perdu en Russie. Il publie La Russie en 1839, le récit du voyage qu’il y fait. Ce serait le pendant de l’oeuvre de Tocqueville sur l’Amérique.

« J’allais en Russie pour y chercher des arguments contre le gouvernement représentatif, j’en reviens partisan des constitutions. Le gouvernement mixte n’est pas le plus favorable à l’action ; mais dans leur vieillesse, les peuples ont moins besoin d’agir ; ce gouvernement est celui qui aide le plus à la production, et qui procure aux hommes le plus de bien-être et de richesses ; il est surtout celui qui donne le plus d’activité à la pensée dans la sphère des idées pratiques : enfin il rend le citoyen indépendant, non par l’élévation des sentiments, mais par l’action des lois : certes, voilà de grandes compensations à de grands inconvénients. » cité par Wikipedia.

Déception. Custine semble y avoir rencontré la Russie éternelle, de Staline et de Poutine. Une Russie où tout est dissimulation à la Potemkine, où tous sont esclaves de leur désir de conquête du monde, qui les a conduits à abandonner leur liberté à un tyran. Mais aussi une Russie qui n’a pas d’identité propre. Qui à la fois voudrait être et rejette l’Europe. Même Pouchkine ne serait qu’une copie de Byron.

Custine craignait que l’Europe ne s’endorme et ne soit balayée par les hordes slaves.

Livre qui fut un « best seller » de son temps et qui est ressorti à chaque grand changement russe. (Concordance des temps, de France culture.)

(Custine n’aurait-il pas été aussi le prototype de nos amoureux modernes de M.Poutine ? Ce qu’ils apprécient chez lui est qu’il s’oppose à ce qu’ils n’aiment pas chez nous. Ils n’ont pas compris que l’ennemi de notre ennemi, peut être bien pire que lui.)